Publié dans Des choses et d'autres

Un an avant – Un an après

Où quand les dates se télescopent d’une année sur l’autre…

3 mars 2013 : jour du transfert embryonnaire après la belle récolte de la FIV de George.

2 embryons J1 sont dans la place dès 8h30 car Dr D est pressé d’aller courir son semi-marathon. Il fait un temps magnifique, ensoleillé, un ciel clair et bleu. On se promènera vers la Tour Eiffel et la place du Trocadero avant d’aller chercher les médocs du traitement post-transfert. Pas une seconde on ne pensera à l’enjeu : on avait déjà tellement joué et tellement perdu qu’il y avait belle lurette que l’excitation était partie…

Et pourtant…

3 mars 2014 : jour de reprise du boulot après le congé mater.

Le Plumeau a 3 mois et demi. Il mesure désormais 60.5cm pour 5.8kg (du moins il y a 15 jours…). C’est un grand dormeur (il fait le tour du cadran !) plus qu’un gros mangeur (4 biberons de 150 ou 180ml au lieu de 5… J’ai donc eu droit au couplet « C’est pas normal, tu es une mauvaise mère« ). Je reprends le boulot avec un J1 en prime… Une matinée fraîche et ensoleillé (mais ça ne durera pas, les nuages ses ont invitées depuis).

Fraîche et ensoleillée comme il y a un an.

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Le sexe ratio en faveur du mâle lors d’un transfert de blastocyste

Cet article démontre que le transfert d’un blastocyste (embryon de 5 à 6 jours) est à l’avantage du mâle.

L’étude portait sur l’analyse de la littérature scientifique et sur les observations des transferts de blastocystes dans le Stanford University Hospital.

Le sexe ratio est de l’ordre de 797/594 (garçon/fille) soit 57,3%/42,7% !!

Pour un transfert d’embryon à J3 c’est 977/932 (garçon/fille) soit 51,2%/48,8%.

Voilà, moi qui a une nette préférence pour la fille… Et MERDE !

Tant pis, à mon garcon, je lui ferai aimer un autre sport que le foot, je l’habillerai à la mode, je lui ferai faire de la musique etc histoire d’en faire un mec bien qui soit proche de sa môman.

Publié dans A propos de nulliparité

Entretien PMA post résultat négatif

9h05. Appel au centre PMA.

On décroche tout de suite. Je suis étonnée. Je pense que, cette fois, j’ai de la chance vu qu’à l’habitude ça sonne dans le vide.

Dame peu aimable, sur un ton de répondeur automatique  : « Allo, centre de fertilité.

Moi, déjà refroidie : — Bonjour, je suis Mme Looseuse, voilà, j’ai fais une prise de sang après avoir suivi le protocole de FIV ICSI, mais je n’ai pas eu d’appel de votre part ni du labo, est-ce que c’est normal ?

Dame peu aimable : — Bah euh, on a pas qu’ça à faire de répondre au téléphone, ma p’tit dame ! Déjà, qu’en plus, on a des problèmes avec le téléphone !

Avec le fax aussi Connasse ! Jamais reçu son putain de fax…

Moi, tentant de garder mon calme et toujours sur un ton poli (presque enjoué) : — Alors, comment ça se passe ? Je téléphone au labo ?

Silence tendu au bout du fil

Dame pas aimable : — Ben j’ sais pas moi euh ! Ça donnait quoi ? Positif ou négatif ?

Si, j’appelle, c’est que je ne connais pas la réponse CONNASSE !

Moi, réalisant, qu’on irait pas loin avec mon faux air d’ahurie, qui fait semblant de ne pas connaitre le résultat, je finis pas rétorquer : — j’ai vu marqué zéro sur Internet.

Dame pas aimable, sur un ton agacé : Ah ben c’est qu’c’est négatif !

Moi, genre même-pas-mal-à-l’annonce-brutale-de-la-nouvelle, toujours sur un ton calme : — Comment ça se passe pour la suite, pour le transfert des embryons congelés ?

Dame pas aimable, soupirant d’énervement : — Attendez, je vais regarder vot’ dossier. Ah oui, y a bien marqué zéro. Pff, même pas eu d’accroche !

Celle-là de réflexion tu pouvais te la garder CONNASSE !

Dame pas aimable : — Vous z’avez pas d’embryons congelés !

Moi, affolée, catastrophée, perdant définitivement mon calme : — QUOI !!!! COMMENT ÇA ! PAS D’EMBRYONS CONGELES !!

Dame pas aimable, irritée qu’une pétasse de stérile ose s’énerver : — Oh ! Le prenez pas sur ce ton, hein ?

Moi, imaginant le pire (« ils m’ont jeté mes embryons, tout est à refaire !« ) : — Mais vous racontez n’importe quoi ! Au moment du transfert, on m’a dit que 5 blastocystes ont été congelés !

Dame peu aimable : — Eh ben, moi, je vois 11 embryons non congelables !

Moi, récapitulant : — Il y avait bien 12 embryons, puis culture embryonnaire, puis 6 blastocystes, 1 de transféré, 5 de congelés.

Dame peu aimable, sûre de son fait : — Ah ça ! Ça m’étonnerait !

Moi, comprenant — enfin — que j’ai affaire à une conne qui ne peut avoir de sens empathique basique : — Bon ! Je vais appeler le labo D*****, j’en serai un peu plus !

Dame peu aimable me communique le numéro de téléphone du labo, puis celui des secrétaires médicales pour reprendre RDV avec le Dr Bébé pour le prochain transfert.

Je la remercie à peine. Je raccroche.

9h15. Appel au laboratoire D****.

On décroche, une voix féminine plus amène : — Laboratoire D*****, j’écoute ?

Moi : — Bonjour, je suis Mme Looseuse et je viens d’avoir mon résultat négatif, le centre PMA vient de me dire que je n’ai aucun embryon de congelé. Je ne comprend pas. Au moment du transfert, on m’a pourtant bien certifié qu’il en resté 5.

Elle : — Attendez, je vais me renseigner. Quel était le jour de votre transfert ?

Moi, gorge serrée : — le 25 mai.

Combiné posé sur la table. Bruits de pas. Une minute de silence qui semble durer 1 heure.

Une autre voix me répond : — Mme Looseuse ?

Moi, ravie : — Oui !

Biologiste : — Je suis la biologiste. Je vous certifie qu’il y a bien 5 blastocystes congelés.

Ouf !

Moi, rassurée : — Mais pourquoi, on m’a dit qu’il n’y avait rien ?

Biologiste, excédée : — Ils font n’importe quoi à ce centre ! Ils n’ont pas dû intégrer les dernières données. Ne vous inquiétez pas, il y a bien 5 magnifiques blastocystes congelés. Vous aviez 12 embryons, puis 6 blastocystes, un de transféré, 5 de congelés ! »

S’ensuit ensuite le jeu de questions-réponses sur « le pourquoi ça n’a pas marché », « comment ça se passe un transfert » etc.

  • Pourquoi ça n’a pas marché : Pas de chance ! Dure loi de la statistique, une fois dans l’utérus, « ils » ne peuvent plus rien faire pour nous, c’est à l’embryon de jouer.
  • Le transfert : les embryons sont congelés deux par deux. il y a donc 3 paillettes.

Rigolo ! Comme moi, quand je congèle les blancs de poulets. Deux par deux.

La biologiste finit par regretter, à voix haute, que mon annonce d’échec s’est faite de cette façon là. Elle s’excuse de la façon dont on m’a traitée. Puis, m’encourage. Là, ça a fait chaud au cœur.

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Bubulle le blastocyste

Voici l’histoire de Bubulle le blastocyste raconté par lui(elle)-même.

Jour de la ponction : RIEN

Jour+1 :

Je suis. J’existe.

Je ne forme qu’une seule cellule mais j’ai un génome complet (j’ai déjà deux pronuclei). Je suis le produit d’un viol d’un ovocyte par un spermatozoïde.

Il y en 11 autres comme moi…

Jour+2 :

J’arbore fièrement mes 2 cellules !

Les 11 autres aussi. C’est  la course pour se diviser !

Mes gènes ne s’expriment pas encore. Je suis encore sous la dépendance des enzymes ovocytaires.

Jour +3 :

J’ai 4 cellules maintenant. 5 autres aussi. Certains sont encore à 2…

Il fait chaud (37°C), je baigne dans un liquide nutritif. De temps en temps je suis dérangée par une vive lumière et par quelque chose qui touche la surface du liquide où je me trouve.

Une entité géante au dessus de ma tête décrète qu’on est bons pour une culture embryonnaire.

Jour +4 :

8 cellules puis 16 puis 32. J’ai pris le rythme de croisière. Je me divise de plus en plus vite. Je suis une morula.

Si j’avais été conçu(e) in vivo, je serai en train de voyager dans la trompe utérine pour descendre vers l’utérus.

Mais, moi, je suis un(e) sédentaire forcé(e). Je baigne toujours dans le liquide nutritif chaud limité par une paroi en verre.

Jour +5 :

Je suis un blastocyste maintenant. Seulement 5 autres ont atteint le même stade. Les autres se sont arrêtés de se développer.

Vive lumière.

L’entité géante nous regarde encore. Des photos sont prises. On devrait être bons pour le transfert, selon elle.

Jour+6 :

Encore la lumière. L’entité n’en veut qu’un de nous 6. Les autres iront au frigo

Quelque chose touche la surface du liquide. Je suis aspiré(e) brutalement avec beaucoup de liquide. Puis c’est le noir.

Je suis seul. Je ne suis plus dans le même environnement même si le liquide est toujours là.

Un peu plus tard, la lumière revient. Plusieurs entités géantes discutent.

Brusquement, je suis propulsé(e) à une vitesse folle.

Je me retrouve dans un autre monde si différent de ce que j’ai connu jusqu’ici.

Le liquide s’est dispersé à travers une énorme cavité. Je me retrouve collé à une paroi cellulaire.

Je descend un peu, j’explore.

La suite dans 8 jours…

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Le jour J c’est lundi !

Voilà, les embryons sont aptes à être « cultivés ». On verra bien s’ils tiennent tout le week-end. La laborantine avait l’air très optimiste.

Ils me recontactent lundi matin pour le transfert à partir de 11h30.

Le seul hic, c’est que j’aurai repris le boulot.

A ce propos, j’ai dû modifier mon mensonge (kyste ovarien) vu que l’on sait seulement 48h à l’avance pour le jour de la ponction. Il est donc difficile de faire croire à une cœlioscopie d’urgence. J’ai donc dû m’adapter

Le matin de ma ponction, avant même de partir pour l’hôpital, j’ai envoyé un texto à ma chef où je précise que j’ai passé la nuit aux urgences (la cause : intestins), je ferme ensuite le portable.

Après la ponction et le réveil, j’écoute mes messages. Ils sont affolés au bureau. Oui je sais c’est très mal ! 😉

Je les rappelle chez moi où j’explique que malgré les symptômes d’ une appendicite aigüe, il s’agit, en fait, d’un kyste à l’ovaire droit nécessitant une ponction d’urgence.

Là, pour lundi, j’ai appelé mon chef pour lui dire que je devrai faire une échographie de contrôle au même hôpital où j’ai été opérée (histoire de voir comment ça se remet).

J’ai donc une excuse toute trouvée pour lundi : je peux remercier ma mère qui a eu cette idée géniale d’écho de contrôle.

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Parents de 12 embryons … Oui 12 !

Nous sommes les heureux parents de 12 embryons dont 7 avec déjà 4 blastomères (4 cellules).

La veille, on m’avait appelé pour me dire que sur les 14 ovocytes, 13 ont été fécondés et 9 présentaient des signes de fécondance c’est-à-dire avec deux pronucléi (2 noyaux) sans clivage cellulaire.

J’ai donc été réveillée ce matin par l’appel du laboratoire pour m’annoncer les 12 embryons. Incroyable !

Mon but, c’est qu’ils fassent une culture embryonnaire pour que l’on ne m’introduise qu’un seul embryon et  au stade blastocyste c’est-à-dire plusieurs centaines de cellules.

Le gros avantage de cette technique c’est que le blastocyste est plus à même de s’implanter qu’un petit embryon de 8 cellules. In vivo, c’est ce qui se passe, quand il y a une grossesse naturelle.

Comme j’ai beaucoup d’embryons et que leur évolution est plus que correcte à J+2 de la ponction, on devrait pouvoir m’inplanter qu’un blastocyste au lieu de deux embryons ce qui m’évitera la grossesse gémellaire.

En plus, l’implantation d’un blastocyste donne plus de chance de grossesse qu’avec un petit embryon (de 40 à 50% de chance pour une femme jeune au lieu de 26% !!).

Pourquoi ? 1° raison déjà évoqué, le meilleur moment de l’implantation dans la muqueuse utérine c’est à ce stade et non avant même si ça peut marcher.

2° raison : 50% des embryons meurent au bout de 2 jours donc continuer à les cultiver permet de sélectionner ceux qui, de toute façon, n’auraient pas évoluer…

Donc je croise les doigts pour que demain, on ne me dise qu’il faille me transférer 2 petits embryons à J+3 mais qu’on me donne rendez-vous lundi quand ils seront à J+5 ! 😉

Bien sûr, les autres, s’il en reste, on va mes congeler, et si cette fois, ça ne marche pas, on me fera un simple transfert pour la suite.

Je ne résiste pas à vous communiquer un liensur une vidéo expliquant la FIV ICSI avec tout le protocole + parcours.