Publié dans A propos de nulliparité, Maman d'un Plumeau

Rien n’a changé ou presque…

Chez elle, rien n’a changé.

La même porte palière, la même sonnerie et elle ouvre toujours elle-même la porte à ses patientes.

Rien n’a changé.

La même salle d’attente et la même déco.

Le même cabinet si ce n’est que le paravent me semble plus grand que celui de mes souvenirs et le bureau plus petit ou alors plus en retrait peut-être…

Oui, chez elle, rien n’a changé depuis décembre 2012 – date à laquelle je tentais une troisième IAC qui sera un échec.

« fin 2012 ??? Vous n’êtes pas venue depuis Madame Plume ? Mais comment ça se fait ?

Justement, je vais vous raconter. Si vous ne retrouvez pas mon dossier, ce n’est pas grave, on le refera« 

Finalement, on refera un dossier. Je lui rappellerai pourquoi j’étais venue.

Les 3 IAC, mon lourd dossier d’handicapée de la procréation, et là, son visage va s’éclairer.

« Oh mais oui, ça y est, je me souviens de vous !« 

Je lui annoncerai la 5ème FIV, celle du George, la FIV gagnante, la naissance du Plumeau.

J’aurai droit à un grand sourire, à des félicitations, à un « Comment il s’appelle ce petit bonhomme ?« .

Oui, dans ce cabinet, rien n’a changé en 2,5 ans…

La seule chose qui change c’est que je ne suis plus une PMEtte en souffrance mais une mère lambda venue faire sa visite de routine.

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Il parait que demain j’ai une ponction…

Un J1 arrivé comme prévu même si j’avais envie de croire à mon follicule gauche…

Un bilan J3 semble-t-il bon puisque j’ai eu le feu vert pour lancer le protocole…

Je pensais que le protocole court c’était de la PMA de feignasse.

Ben je confirme !

Je suis aux portes de la ponction et je n’ai rien vu, rien compris, rien pensé sur cette FIV2bis.
Plus aucun mélange à faire, plus de préparation de petit chimiste, juste le bon vieux stylo puregon.
Et même que des fois, j’ai failli oublier de me piquer comme une pauvre blonde que je suis…
Non mais sérieux ! Un protocole court c’est aussi excitant qu’une TEC ! Normal que j’oublie…

Quant a l’orgalutran même pas peur !

Deux écho endo à J7 et J9 comme qui rigole (et le type qui me demande avec inquiétude si j’ai déjà fait des écho endovaginales… Non mais on croit rêver ! Mon p’tit père, il y a bien longtemps que j’ai perdu ma virginité en ce qui concerne les échos endos).

A J7 : 15 follicules (10 à droite et 5 à gauche). Je note que l’ovaire gauche est une feignasse chronique.

A J9 : L’ovaire gauche a rattrapé la droite où certains follicules sont restés à la traîne. ça nous donne 6 à gauche et 6 à droite. Pas de jaloux ! C’est notre centriste Bayrou qui serait heureux…

Là, où éventuellement, je me dis que je suis bien shootée aux hormones c’est l’envie permanente de sauter sur tout ce qui bouge et de sexer à mort.
Ayez une pensée émue pour le pauvre George fatigué.

Non mais c’est vrai quoi ! Le seul truc qui m’intéresse c’est la baise la tendresse et même que des fois je me dis qu’avec un bébé tout cette nouvelle insouciance d’infertile ne sera plus et, du coup, je me demande bien pourquoi je me pique (d’où les oublis peut être) si ce n’est pour avoir le plaisir de bénéficier des 2 échos endo, vous voyez…

Bref ! Demain, je vivrai ma troisième ponction ovocytaire…

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No stress !
Et c’est pas la bestiole qui vous dira le contraire…

Demain, il parait que je fais une ponction… Il parait…

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Contre-temps

1er contre-temps : Mon cycle va prendre plusieurs jours de retard. Non pas, comme vous le supposez déjà, à cause d’un heureux événement mais à cause de l’utrogestan qui m’a collé tous les symptômes d’une gestante avec l’irritabilité, bouffées de chaleur et la dépression en prime. C’est d’ailleurs grâce à ça que j’ai su que c’était foiré malgré le provames et les douches de la mounette. J’ai donc acquis une certaine faculté pour sentir si je suis enceinte ou pas et ceci à environ DPO2.
J’ai quand même fait un test de grossesse pour confirmation, histoire de ne pas stopper l’utrogestan à tord (et dieu sait que j’aurais voulu l’arrêter).

2ème contre-temps : lors de mon dernier RDV PMA du 7 septembre, la Dr M m’a sentie moralement bien partie pour la FIV2 sauf que…
Sauf que ça ne sera pas avant janvier 2012 !!!
Pourquoi un tel délai ? Le centre PMA déménage en décembre. Aucune FIV ne sera programmée pour ce mois-là et novembre est déjà full.
De plus, mon corps (du moins mes ovaires) ne m’a pas attendue pour vieillir. Ma réserve ovarienne a baissé. Je reste dans les normes pour une femme de presque 37 ans… Mais bon, j’ai quand même des ovaires de vieille !

Pas grave ! Me direz-vous. Il me reste un plan B.
Toute PMEtte qui se respecte se doit d’avoir au moins un plan B…
Le mien c’est faire des IAC avec la Dr Bisounours (autrement nommée Dr B par la Fille).
Ok, me dis-je, ragaillardie, voyons un peu le planning…
Le Ninou a couru faire un spermo. Délai pour récupérer les résultats : une bonne semaine. Ah mais… Pas de bol, j’ovule théoriquement pile à ce moment-la. Même si j’ai un Rdv à temps avec Dr B et même si cette dernière peut voir le spermo ben c’est un peu juste pour organiser une IAC.
Bref… pour ce cycle c’est mort.

Voilà vous l’aurez compris. Ma rentrée PMA ne démarre pas super bien.

Je retiens que finalement cette grossesse miracle qui s’est finie sur une FC m’aura fait perdre un temps considérable : une année entière !
Et quand on est en PMA et que le dernier bilan hormonal vous rappelle que vos ovaires ont vieillit, un an ça compte !

Si c’est pas la totale loositude en PMA, ça y ressemble fort !

Maintenant vous comprenez pourquoi j’en parle peu de la PMA sur le blog. C’est juste un peu trop désespérant…
Et à moi aussi, cette putain de connasse s’est mis à me susurrer que je ne serai jamais enceinte et qu’en plus j’ai loupé le coche en janvier dernier. Tanpis pour ma gueule ! J’avais qu’à avoir plus de bol…

Alors, puisque c’est comme ça ! Ce mois là sera conception-free. Je fais la grève : PMA au placard jusqu’au prochain J1.

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ça s’organise !

Bon voilà aujourd’hui c’est ma rentrée.

Au boulot, d’abord, avec un chef, tout content de me voir.

Pour la TEC ensuite.

  • RDV écho pris
  • RDV ostéopathe « new age » pris
  • Médocs achetés (ovitrelle)

Y’a plus qu’à !

Nous avons bien discuté avec le George. Il a été blessé que je puisse dire qu’il ne s’est jamais intéressé à tout ce qu’on vit depuis ce fameux jour avec Dr Bébé avec cette fameuse phrase « 2% de chances, va falloir passer par une FIV et qui plus est une FIV ICSI ! ».

Bref depuis ce jour maudit où on est passé du statut de « couple normal » à « couple stérile »…

Mais bon voilà, le George est un homme qui ne communique pas.

De plus, le monde médical, pour lui, c’est tout un autre monde justement ! Il est tellement largué, que l’intérêt est plutôt limité.

Alors, après expression de mes besoins, et compromis, il va essayer de s’y intéresser un peu.

Finalement, hier après-midi, en croisant une poussette double, il me sort tout de go « Des jumeaux ! C’est surement une FIV ! ». Voilà-ti pas qu’il nous voit des bébés FIV partout maintenant !

Hier soir, à la télévision, il entend le mot « Toscane » et là il me dit « t’entends, ils ont dit « Toscane » ! » avec un gros sourire.

Il se rappelle enfin que c’est le prénom que nous avons choisi, si on a une fille.

Le George viendra pour le jour du transfert, et pour les autres à venir, s’il devait y en avoir d’autres.

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Tout ce que vous avez voulu savoir sur le sexe en PMA sans jamais oser le demander

Oui ça fait long comme titre mais en même temps un certain Woody Allen s’y était risqué à une époque.

La vie en PMA a un double effet kiss cool.

  • Premier effet kiss cool : comme chacun sait, la PMA c’est d’abord la tuile qui vous tombe sur la tête à l’annonce de votre infertilité. Ceux sont ensuite les traitements lourds tant au niveau physique qu’organisationnel. Les échecs, les examens, les frustrations, les sourires forcés aux annonces heureuses, les ras-le-bols, les fausses joies, les amertumes, j’en passe et des meilleures…
  • Mais la PMA a aussi un impact sur votre vie sexuelle… Et oui, c’est le second effet kiss cool pas cool du tout !

Analysons les différents épisodes qui peuvent perturber (et le mot est faible) votre vie sexuelle. Je vais donc en référer à ma petite expérience…

1) D’abord, à l’annonce de l’infertilité, ma libido s’est retrouvée en berne. Ce fut provisoire mais l’effet a été là, quasi immédiat. Comme on passait de statut de « normal » à « stérile » (ou « handicapé de la procréation »), le choc a été suffisamment dur pour observer un très net arrêt de la libido (la mienne en fait, hein, pas la sienne 😉 ). Un peu comme si d’état de « stérile« , on passait automatiquement à état de « frigide« … Mais, là, heureusement, comme pour les antibiotiques, c’est pas automatique. On a repris une vie sexuelle normale, du moins devrais-je dire, j’ai arrêté de faire semblant d’avoir du plaisir pour accélérer les choses… Oui, je sais, c’est mal. Mais c’est en mangeant que l’appétit revient et ça a plutôt bien fonctionné ! 😉

2) Vient, ensuite, l’épisode du traitement proprement dit. D’une femme à l’autre, de son vécu et des réactions aux traitements hormonaux qui, je le rappelle, sont lourds, l’impact sur la vie sexuelle pourra être plus ou moins prononcé. Beaucoup de filles se sont plaint d’une libido inexistante vu qu’elles subissaient les affres du décapeptyl (utilisé pour la freination hormonale, en gros, on vous castre), à savoir, sueurs nocturnes, irritabilité, fatigue etc.

Moi, j’ai eu de la chance, rien de tout ça (je suis peut-être déjà castrée naturellement…). Lors de la phase de stimulation, par contre, le puregon a boosté ma libido, et ça c’était plutôt cool. D’ailleurs, là, il me manque… 😦

Attention, ne pas oublier de faire l’amour sur commande notamment à l’approche de la ponction car, comme pour les spermogrammes, il faut respecter le délai d’abstinence de 2 à 5 jours. George et moi, étions suspendus aux résultats de mes échographies de contrôle, et nous nous étions lancés dans des calculs savants pour ne pas avoir un rapport sexuel trop rapproché du Day-D (à savoir la ponction) ou trop éloigné. Il a donc fallu programmer notre coït la veille du jour du déclenchement (car le jour même c’est trop rapproché : entre l’ovitrelle et l’ovulation il faut 37 heures ce qui fait moins de 2 jours, vous en conviendrez…). Donc, attention, pas d’improvisation romantique ! INTERDIT !

3) Après la ponction ovocytaire, c’est là que ça se gâte. D’abord, dans les premiers jours qui suivent, on a un ventre digne d’un tonneau de vin. Et pour moi, le coup de grâce a été la prise des ovules d’utrogestan (ou G-estima) pour faciliter la nidation. Ces ovules sont des véritables médicaments anti-sexe !

Je m’explique. Même avec la meilleure volonté du monde, ces pertes collantes et blanches encrassant votre slip et le fond de la cuvette des chiottes entraînent également une irritation de la paroi vaginale lors des rapports. Chez moi, c’était le désert de Gobi… Normal, quand ça colle , ça ne glisse pas… Pas la peine de vous faire un dessin.

Comme ces ovules contiennent de la progestérone, elles agissent également sur votre libido, mais dans le sens contraire de l’œstrogène : ça freine le désir, quoi !

4) De toute façon, à peine remise de la ponction, il y a le transfert embryonnaire. Là, c’est  le bouquet !

Une fois, l’embryon placé au fond de votre utérus, on se demande si on a le droit d’éternuer, si on peut faire la grosse commission (là aussi sans pousser, mais vu qu’on est constipée à mort à cause de la ponction qui vous a foutu les intestins en vrac on ne peut difficilement faire sans : donc on se retient !), si on a le droit de tousser… Alors ne parlons pas du sexe !

George avait carrément peur (plus peur que moi) que cela n’entraîne la perte du Bubulle. De plus, comme on continue à prendre les fameuses ovules G-Estima anti-sexe, avoir des relations sexuelles, pour les aventureuses, relèvent vraiment du devoir conjugal.

5) J’imagine qu’en cas de PDS positive, ça se complique vu qu’il faut faire attention à ce que le « petit » qui a bien voulu se nicher, reste accroché. Ainsi, on passe à l’abstinence la plus totale (si ce n’est pas déjà fait). Rappelez-vous, on ne voulait même pas éternuer avant la fameuse PDS, alors après un beau positif, faudrait pas gâcher cette chance…

Mes allers et retours sur les forums avec les PMettes positives m’ont confirmé tout cela. En gros, pendant 12 semaines (date butoire à dépasser pour commencer à souffler), on s’abstient ! On arrête de respirer, on se retient carrément de vivre une vie sexuelle normale et épanouie. Les filles se disent que c’est pour la bonne cause, les hommes réfrènent leurs désirs et attendent patiemment que ça passe… Mais 12 semaines, c’est long quand même !

En cas de PDS négative… Comment dire, là, le sexe, on s’en fout un peu, on a juste envie de pleurer et il faut bien une à deux semaines pour s’en remettre surtout qu’entre temps, les règles seront revenues.

6) Il y a aussi l’épisode « Après le traitement« , appelé aussi, longue phase d’attente pour un nouveau cycle de traitement.

Sexuellement : ma libido reste en berne totale. J’ai l’impression que mes ovaires sont en repos « comatale » et qu’elles ne savent plus faire de l’œstrogène ou plutôt ont désappris.

J’ai jamais eu aussi peu de poitrine (Je crois que je vais bientôt chanter la chanson Comme un garçon de Jane Birkin) : ça c’est un signe qui ne trompe pas. La libido suit naturellement mon taux œstrogénique abyssale… Donc, là, ben, je re-simule ! C’est sans compter une petite déprime bien installée, qui, sous mes grands airs de « Même-pas-mal-M’en-fout-moi-de-toute-façon« , n’a pas échappée à l’ostéopathe. Le moral, aussi, joue sur la libido, faut le savoir…Et on peut dire, que le moral est mis à rude épreuve !!

Conclusion : va falloir se mater des films pour adultes, penser à s’aérer l’esprit, continuer à faire semblant car il faut croire à l’adage l’appétit vient en mangeant. Faut s’accrocher, quoi !

La vache, si on réussit, non seulement nos enfants pourront nous faire de beaux cadeaux pour la fête des mères, mais en plus, on pourra se décerner une médaille « du couple le plus vaillant et le plus résistant » car si après tout ça, on est encore ensemble et amoureux ben c’est qu’on est les plus forts ! 😉

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La loi du silence ou pas

Hier matin, sur mon réseau FesseBouq (;-)), je découvre avec surprise un message d’une « amie« , qui n’est autre qu’une ancienne voisine.

Et oui sur FesseBouq, vous avez plein d’ami(e)s !

Au départ, vous commencez avec de vrai ami(e)s ou du moins ceux avec qui vous avez le plus de contacts. Puis avec ceux qu’on a perdu de vue et qu’on est content de retrouver. Et enfin, on élargit son réseau aux cousins germains puis du second degré voire du troisième degré !

Ah puis tient ! la maman s’y met aussi, alors on la rajoute comme « amie« . Les tantes et oncles un peu branchés se raccrochent aux wagons…

S’ensuit, ensuite, les neveux et nièces des deux côtés (famille et belle-famille).

On fini par rajouter, un beau jour, la voisine avec qui on jouait quand on était petite, et qui est parti vivre de l’autre côté de l’Atlantique. On se dit que comme ça, ça sera toujours sympa d’avoir des news par FessBouq, vu que, quand même, elle n’habite pas tout prêt la voisine ! Et qu’au fond, elle est gentille et qu’on l’aime bien.

Rapidement, on déchante avec FessBouq, certains vous inondent de leur score de jeux débiles, aussi vous êtes contrainte de les « masquer » dans l’actualité de votre page FesseBouq.

D’autres sont silencieux : c’est à peine s’il y a une photo d’eux sur leur profil.

L’amie-voisine fait partie de la seconde catégorie : aucune photo, aucun message sur le mur, très peu d’ami(e)s à part des contacts professionnels. Bref, le silence radio. Mais pas l’inactivité !

En effet, pour en revenir au début de ce billet, sur son message, elle me dit qu’elle me « suit silencieusement et qu’elle est au courant depuis mai de mes essais bébés« .

Grand étonnement de ma part ! Comment ça au courant ? Et au courant de quoi au juste ? des essais bébés au naturel ou avec FIV ICSI ?

Aussi, comme elle n’a pas de nouvelle de moi (entendez par là, aucun message triomphal sur le mur du type  « POSITIVE au test de grossesse !! » ni de photo de mon abdomen ou celle de mon échographie endovaginale), elle se pose des questions. Forcément…

Elle me souhaite ensuite beaucoup de « courage« …

Là ! ça sent la fille qui est courant que je galère comme une folle pour une chose si simple au commun des mortels : se reproduire.

Alors, que je vous re-situe un peu. La voisine, de passage en famille durant le mois de mai avec ses deux adorables bambines, en a profité pour faire un tour chez mes parents qui habitent tout à côté.

Vous suivez…

Ma mère a certainement tout déballer, car, à ce moment là, j’étais en plein traitement FIV !

Grrr ! Ma mère est incorrigible ! :-[

Elle avait déjà fait preuve d’une première indiscrétion en révélant mes difficultés à ma belle-sœur – la femme de mon frère.

Bon, elle ça va, car elle a eu du mal à l’avoir mon adorable nièce et surtout parce qu’elle est très compréhensive et sympa. Mais voilà, avec une nouvelle si « croustillante » (« Halala ! Tu te rend comptes ! Plume est obligée de faire une FIV, son mari est stérile ! », toute la famille de ma belle-sœur est au courant, bien évidemment…

Là, pour moi, c’est une indiscrétion de trop. Je n’ai rien contre la voisine. Mais bon… Parce qu’à la vitesse de propagation d’une nouvelle « croustillante« , c’est toute la famille de la voisine qui est maintenant au courant…Et cela à mon insu.

Ceci dit, malgré la gentillesse du message, je perçois quand même un peu de curiosité malsaine…

Cette fois, ma mère a déconné grave ! Elle a toujours été comme ça. À chaque fois, que j’avais un problème (petit ou grand) : la Terre entière était au courant !

Je lui avais pourtant bien dit que pour « Ça » : ce problème-là, très douloureux et difficile, je ne voulais pas que ça s’ébruite.

À part Elle, mon père, mon frère, ma tante avec qui je suis très proche… Ben les autres s’en tiendront à la version officielle c’est-à-dire : RIEN ! Tant qu’il n’y a pas de question, il n’y a pas de réponse 😉

Bon voilà, je me retrouve à gérer un statut d’infertile avec quelqu’un que je connais plus trop bien enfin de compte.

Et le malheur, c’est que ma mère aurait bien pu commettre d’autres indiscrétions

Vous ne croyez pas que quand on va me poser la question qui fâche « Alors, c’est pour quand ? », je ne vais pas me demander si la personne est au courant ou pas avant de lui donner une réponse.

Je crois que pour la TEC de septembre, il va me falloir trouver une ruse pour ne pas recevoir un second message du genre « Alors ? Ça a donné quoi, ton essai bébé? » de quelqu’un à qui je n’ai pas choisi de révéler mon problème.

Je vais inventer un contre-temps fâcheux de la part du centre PMA qui repousserait la TEC de 2 voire 3 mois ! Alors qu’en réalité, je la ferai en septembre. Bien évidemment 😉

Tanpis pour ma mère ! Elle l’aura cherché. Elle ne m’aura pas laissé le choix.

Si vous avez des idées en terme de mensonges, je suis preneuse ! 😉

Tout ça pour dire (bravo à celles qui sont allés jusqu’au bout du billet) que pour nous, pauvres infertiles que nous sommes, c’est facile de gérer notre problème (en même temps, on n’a pas trop le choix, hein ?) mais ça l’est beaucoup moins de l’assumer à l’extérieur !

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Entretien PMA post résultat négatif

9h05. Appel au centre PMA.

On décroche tout de suite. Je suis étonnée. Je pense que, cette fois, j’ai de la chance vu qu’à l’habitude ça sonne dans le vide.

Dame peu aimable, sur un ton de répondeur automatique  : « Allo, centre de fertilité.

Moi, déjà refroidie : — Bonjour, je suis Mme Looseuse, voilà, j’ai fais une prise de sang après avoir suivi le protocole de FIV ICSI, mais je n’ai pas eu d’appel de votre part ni du labo, est-ce que c’est normal ?

Dame peu aimable : — Bah euh, on a pas qu’ça à faire de répondre au téléphone, ma p’tit dame ! Déjà, qu’en plus, on a des problèmes avec le téléphone !

Avec le fax aussi Connasse ! Jamais reçu son putain de fax…

Moi, tentant de garder mon calme et toujours sur un ton poli (presque enjoué) : — Alors, comment ça se passe ? Je téléphone au labo ?

Silence tendu au bout du fil

Dame pas aimable : — Ben j’ sais pas moi euh ! Ça donnait quoi ? Positif ou négatif ?

Si, j’appelle, c’est que je ne connais pas la réponse CONNASSE !

Moi, réalisant, qu’on irait pas loin avec mon faux air d’ahurie, qui fait semblant de ne pas connaitre le résultat, je finis pas rétorquer : — j’ai vu marqué zéro sur Internet.

Dame pas aimable, sur un ton agacé : Ah ben c’est qu’c’est négatif !

Moi, genre même-pas-mal-à-l’annonce-brutale-de-la-nouvelle, toujours sur un ton calme : — Comment ça se passe pour la suite, pour le transfert des embryons congelés ?

Dame pas aimable, soupirant d’énervement : — Attendez, je vais regarder vot’ dossier. Ah oui, y a bien marqué zéro. Pff, même pas eu d’accroche !

Celle-là de réflexion tu pouvais te la garder CONNASSE !

Dame pas aimable : — Vous z’avez pas d’embryons congelés !

Moi, affolée, catastrophée, perdant définitivement mon calme : — QUOI !!!! COMMENT ÇA ! PAS D’EMBRYONS CONGELES !!

Dame pas aimable, irritée qu’une pétasse de stérile ose s’énerver : — Oh ! Le prenez pas sur ce ton, hein ?

Moi, imaginant le pire (« ils m’ont jeté mes embryons, tout est à refaire !« ) : — Mais vous racontez n’importe quoi ! Au moment du transfert, on m’a dit que 5 blastocystes ont été congelés !

Dame peu aimable : — Eh ben, moi, je vois 11 embryons non congelables !

Moi, récapitulant : — Il y avait bien 12 embryons, puis culture embryonnaire, puis 6 blastocystes, 1 de transféré, 5 de congelés.

Dame peu aimable, sûre de son fait : — Ah ça ! Ça m’étonnerait !

Moi, comprenant — enfin — que j’ai affaire à une conne qui ne peut avoir de sens empathique basique : — Bon ! Je vais appeler le labo D*****, j’en serai un peu plus !

Dame peu aimable me communique le numéro de téléphone du labo, puis celui des secrétaires médicales pour reprendre RDV avec le Dr Bébé pour le prochain transfert.

Je la remercie à peine. Je raccroche.

9h15. Appel au laboratoire D****.

On décroche, une voix féminine plus amène : — Laboratoire D*****, j’écoute ?

Moi : — Bonjour, je suis Mme Looseuse et je viens d’avoir mon résultat négatif, le centre PMA vient de me dire que je n’ai aucun embryon de congelé. Je ne comprend pas. Au moment du transfert, on m’a pourtant bien certifié qu’il en resté 5.

Elle : — Attendez, je vais me renseigner. Quel était le jour de votre transfert ?

Moi, gorge serrée : — le 25 mai.

Combiné posé sur la table. Bruits de pas. Une minute de silence qui semble durer 1 heure.

Une autre voix me répond : — Mme Looseuse ?

Moi, ravie : — Oui !

Biologiste : — Je suis la biologiste. Je vous certifie qu’il y a bien 5 blastocystes congelés.

Ouf !

Moi, rassurée : — Mais pourquoi, on m’a dit qu’il n’y avait rien ?

Biologiste, excédée : — Ils font n’importe quoi à ce centre ! Ils n’ont pas dû intégrer les dernières données. Ne vous inquiétez pas, il y a bien 5 magnifiques blastocystes congelés. Vous aviez 12 embryons, puis 6 blastocystes, un de transféré, 5 de congelés ! »

S’ensuit ensuite le jeu de questions-réponses sur « le pourquoi ça n’a pas marché », « comment ça se passe un transfert » etc.

  • Pourquoi ça n’a pas marché : Pas de chance ! Dure loi de la statistique, une fois dans l’utérus, « ils » ne peuvent plus rien faire pour nous, c’est à l’embryon de jouer.
  • Le transfert : les embryons sont congelés deux par deux. il y a donc 3 paillettes.

Rigolo ! Comme moi, quand je congèle les blancs de poulets. Deux par deux.

La biologiste finit par regretter, à voix haute, que mon annonce d’échec s’est faite de cette façon là. Elle s’excuse de la façon dont on m’a traitée. Puis, m’encourage. Là, ça a fait chaud au cœur.