Publié dans A propos de nulliparité

Il y a 4 ans, un petit nombre devait changer ma vie

Il y a 4 ans, par un samedi ensoleillé, on m’annonça au téléphone à 12h20 exactement un nombre.

66.33

Il s’agissait du taux de HCG.

Un petit nombre sans prétention… Mais qui changea radicalement ma vie.

J’étais enfin enceinte.

Alors enceinte je l’avais déjà été, mais elle s’était soldée par une fausse-couche à 9 semaines de grossesse, j’étais donc retournée en PMA (ne passer par la case Départ, allez directement en Prison).

Mais celle-ci de grossesse allait durer jusqu’au bout et donner un beau Plumeau. Ce jour-là, je ne le savais pas encore, je passais donc définitivement de l’autre côté. Je quittais la PMA pour toujours.

66.33…

Ce petit taux tout modeste était le résultat de la 5ème FIV ICSI.

66.33…

Ce petit chiffre marquait la fin de 5 ans de lutte, d’espoirs déçus, de pleurs, de sang,

de piqûres (de ménopur, de gonal, d’orgalutran, d’ovitrelle ou encore d’ampoule d’HCG5000),

de tonnes d’utrogestan introduits dans mon intimité (et de petites culottes jetées aussi pour celles qui savent),

de cycles menstruels qui s’enchainèrent encore et encore pendant des mois et même des années,

de vie professionnelle mise entre parenthèses (paie ton double plafond de verre en tant que femme en situation d’infertilité),

de beaucoup de RTTs pris pour assurer divers rdv médicaux PMA, de beaucoup d’euros dépensés pour les dépassements d’honoraires (et même pour une opération),

de beaucoup d’euros dépensés pour supporter les échecs ou les coups du sort (car oui, il y a eu pas mal de coups du sort),

de tonnes de remarques débiles et injustes sur notre incapacité à faire des gosses (alors qu’on n’avait rien demandé),

de 5 ans d’isolement social (voulu ou imposé), de 5 ans de solitude (forcément),

de 5 ans de voyage de noces reporté au cas où…, de vacances réservées au tout dernier moment toujours au cas où…,

de multitudes d’annonces de grossesse dans l’entourage proche et éloigné et même chez certaines personnes tout à fait improbables,

d’autant de faire-parts de naissance auxquels il va falloir répondre alors qu’on a le cœur serré, de la souffrance…

Oui, 5 ans de souffrance physique, morale et psychologique.

Énormément de souffrances…

C’était il y a 4 ans. Pour moi, c’était hier et en même temps c’était il y a des siècles.

Pour celles et ceux qui me lisent toujours coincé(e)s sur ce fichu quai, je souhaite la même Happy End.

C’était il y a 4 ans, ça semble peu et une éternité à la fois, tellement ma vie a changé, mais je n’oublie rien de la PMA.

Rien.

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Et le test Clearblue vira…

Négatif !

Où comment, je me suis retrouvée à pisser sur un bâtonnet de bon matin, alors que…

Alors que j’ai 41 ans bien sonnés, alors que j’ai un parcours de PMEtte long comme le bras, alors que le George est toujours OATS…

Oui, mais voilà, il paraît que ça fonctionne mieux après une première grossesse, il paraît qu’à 41 ans, on peut être encore fertile, il paraît qu’il suffit d’un seul spermatozoïde, et cela, même provenant d’un sperme d’OATS sévère, il paraît que les miracles ça existe, et surtout… Je n’ai toujours pas de moyens de contraception !

MAIS, je ne veux pas agrandir la famille Plume pour autant.

Bref, j’avoue ne pas m’être sentie bien fière, ce matin-là, en pissant sur le test Clearblue Digital de la conne de Claire.

Et, j’avoue que c’est avec un soulagement certain, que j’ai lu le fameux « PAS ENCEINTE », celui qui me faisait sentir aigre il n’y a encore pas si longtemps… Quand j’essayais désespérément de tomber enceinte que ce soit naturellement ou suite à un traitement.

Et du coup, me direz-vous, il s’agit bien entendu de régler la question de savoir si je dois prendre (enfin) une contraception. Ou pas.

Or, il se trouve, que ce n’est pas le première fois que mes cycles se rallongent et me fassent des farces.

Il parait que ça s’appelle la pré-ménopause. Quoi, déjà ?

Ben, pourquoi pas ? Il n’est pas illégitime de le penser : j’ai 41 ans !

Alors, j’en suis à me résoudre de prendre rendez-vous avec ma gynéco. Celle qui n’avait pas de photos de Anne Geddes dans son cabinet. Je l’avais revue deux fois depuis la naissance du Plumeau.

J’avais eu droit à une écho qui avait montré l’origine des règles abondantes dont je souffrais depuis la mise-bas de l’héritier synthétique. Un fibrome gros comme une balle de golf. J’en avais été quitte pour un petit traitement hormonal à base de progestérone qui avait calmé un peu tout ça à prendre durant la phase lutéale (lutenyl, c’est son nom). Elle m’avait parlée de contraception. Puisque j’avais trop ingurgité d’œstrogènes dans ma carrière de pondeuse « Fail, try again« , elle m’avait dit que le stérilet serait l’idéal.

J’avais le choix entre le stérilet en cuivre tout bête ou le stérilet hormonal Mirena.

Je devais la revoir. Je ne suis pas repassée.

  • Ma généraliste était plutôt sceptique sur la pose d’un stérilet en cuivre car, selon elle, ça ne ferait qu’aggraver les règles abondantes à cause de mon joli fibrome utérin. Ma gynéco me tenait le discours inverse… Et Gogol abondait plutôt dans le sens de ma généraliste.
  • Restait l’option Mirena. En me renseignant, je découvre qu’il est bourré d’effets secondaires avec notamment des règles MAIS des petits saignements et là, ça me rappelle la pilule Minidril avec laquelle j’avais écoppé de spotting pendant les deux mois et qui, au passage, m’avait ruiné ma réponse ovarienne pour la FIV2alpha qui a suivi (Réponse : 1 ovocyte, 0 embryon !). Et franchement si c’est pour revivre les spottings… Non !
  • La généraliste m’avait également conseillée l’implant à base de progestatifs. Mêmes effets secondaires en lisant sur Gogol : plus de règles ou moins souvent mais peut-être des petits saignements… Okéééé… Next !

Oui mais quoi ?

Pffff. Je suis un peu dépitée.

Alors jusqu’ici j’ai joué au chat et à la souris. Avec le George on a fait attention durant ma « période fertile » soit en évitant le crac-crac-boum soit en utilisant un spermicide.

(Faisons une pause pour que vous puissiez apprécier toute l’ironie de la situation dans ce dernier mot…)

(C’est bon, vous pouvez reprendre le cours de la lecture normalement)

Et puis cet été, j’ai eu un cycle de 22 jours, puis le cycle suivant, il fut de 33 jours… Les derniers jours ont été quelque peu… STRESSANT.

J’avais donné mon Go sans spermicide au George lors d’un J16 (soit après ma période fertile et mon ovulation théorique), et voilà qu’à J28, rien, et rien les jours suivants.

C’est là, que j’ai compris que ma stratégie contraceptive laissait quelque peu à désirer. Si je commence à avoir des cycles longs, je suis susceptible d’avoir des ovulations plus tardives. Je pourrais donc théoriquement copuler sans spermicide en pleine période critique pensant à tord être à l’abri.

Bref, la combo spermicide/application-Iphone-qui-te-dit-que-c’est-bon-tu-peux-baiser-sans-crainte, ça ne fonctionne plus.

Je dois revoir la gynéco. Ou un autre. Je suis preneuse de recommandations. De vos expériences aussi.

Publié dans A propos de nulliparité, Maman d'un Plumeau

La petite soeur…

« Moi ! Ma petite sœur… Elle va bientôt venir !« , c’est ce que le Plumeau répète à l’envie depuis plusieurs jours.

Ce matin, il semble qu’il ai oublié sa petite sœur, il faut dire que j’ai passé mon temps à répéter que non, il n’y aurait pas de petite sœur (ni de petit frère d’ailleurs), et que la petite sœur dont il parle c’est celle de la petite D., copine de section des grands dont la mère a dû tout récemment mettre bas ou en passe de le faire.

Car depuis que le Plumeau est entré en grande section de maternelle crèche, les mères se sont lancées dans la ponte des deuxièmes.

Je suis donc environnée de ventres ronds tout comme la magnifique période de ma vie antérieure à savoir ma vie d’infertile aigrie où quelque soit l’endroit où je posais mes yeux je tombais inévitablement sur un baby bump (malheureusement trop souvent accompagné du grelot aka le bola de grossesse).

Alors bien sûr, tomber sur un gros ventre de femme enceinte ne me fait plus mal puisque j’ai la chance d’être du bon côté de la barrière. J’en arrive même à les plaindre quand je les vois galérer pour habiller/déshabiller leur progénitures trop remuantes qui n’ont, bien entendu, aucune considération de leur état. Parfois même, je donne un coup de main, notamment quand leur deux-ans a la bonne idée de courir et s’échapper ce qui oblige la mère au dernier trimestre de grossesse à accélérer le pas et la fait souffler comme un bœuf. Là, j’interviens et j’intercepte le chenapan.

Bref, je vis beaucoup mieux le fait d’être environnée de ventres ronds. Jusqu’à ces derniers temps où le Plumeau répète avec ce ton non dénué d’envie que sa petite sœur va bientôt venir…

J’ai réussi, jusqu’à la prochaine naissance d’un deuxième, à dissiper la confusion chez mon fils mais je me dis aussi que, immanquablement, un jour, il va me demander de lui faire un petit frère (ou une petite sœur) parce que les autres auront leur petit frère, et que cette fois-là, il n’y aura plus de confusion.

Qu’est-ce que je vais lui dire ? Quoi lui répondre ?

  • « Maman a eu déjà énormément de mal à t’avoir mon chéri, donc pour un deuxième bébé ça va être difficile »
  • « Maman est un petit peu trop vieille pour faire un deuxième »
  • « Papa et maman ne veulent pas d’autres enfants, c’est comme ça, et puis c’est tout »

J’ai tendance à trop me cacher derrière notre infertilité. c’est un peu la solution de facilité. La véritable raison, c’est que psychologiquement et physiquement parlant, je ne me sens pas de retourner dans une grossesse et dans un tout petit. J’ai la chance aussi, qu’avec le George, on soit sur la même longueur d’onde sur ce sujet. J’arrive maintenant à répondre aux questions pressantes des gens qui nous demande pour le deuxième. Mais je risque d’être un peu dépourvue le jour où mon Plumeau me regardera avec ses grands yeux et me demandera de lui faire un petit frère…

« Ou une petite sœur, maman…« 

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Lettre à mon député (le modèle de lettre)

Voilà, faut se bouger les miches.

Il y a eu un amendement voté au sénat pour faciliter la vie des salariées qui sont en parcours PMA, maintenant il faut que cet amendement soit voté avec le projet de loi de modernisation du système de santé en décembre.

Il y a 577 députés. Jusqu’ici, seuls 4 ont été contactés pour être sensibilisés.

Il est aussi possible de leur écrire sans pour cela solliciter un rendez-vous. J’ai choisi cette option et je vous propose mon modèle de lettre ci-dessous. C’est un modèle libre de droits. Pompez-là et écrivez à votre député pour l’encourager à aller dans notre sens. C’est simple, il suffit de faire un copier-coller et de modifier un peu la fin (puisque j’ai évoqué l’issue positive de mon parcours PMA).

Pour trouver son député c’est par .

Le modèle :

Monsieur le Député,

Citoyenne ayant dû avoir recours à l’Assistance Médicale à la Procréation (AMP), je sollicite naturellement votre attention sur l’amendement relatif aux salarié(e)s engagé(e)s dans un tel parcours pour cause d’infertilité avérée.
Cet amendement a été proposé et voté par le sénat et rentre dans le projet de loi de modernisation du système de santé.

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, l’infertilité est loin d’être marginale puisqu’elle concerne un couple sur six.
Vous connaissez forcément autour de vous, voire même dans votre entourage proche, une personne infertile devant avoir recours à l’AMP, ayant eu recours à l’AMP, ou en plein parcours AMP.
Comme l’infertilité reste un sujet tabou, ils ne se sont pas forcément ouverts sur le sujet.

Une fois le diagnostic d’infertilité posé, le couple se retrouve dans un véritable parcours du combattant médical.
En effet, si, en France, avoir recours à l’AMP est une chance, c’est également très chronophage et crée, notamment, d’importantes difficultés de conciliation avec la vie professionnelle.

L’AMP nécessite de fréquents examens médicaux (multiples prises de sang et contrôles échographiques, recueil, ponctions ovocytaires nécessitant obligatoirement une hospitalisation), et parfois, cela s’effectue dans un centre éloigné du domicile, ou du lieu de travail, voire des deux.
Le salarié se retrouve ainsi à « jongler » avec ses horaires de travail et les horaires imposés par l’institution médicale et malgré l’énergie déployée pour arriver à tout concilier dans son agenda, il arrive, malheureusement, que ce dernier doive s’absenter ou répondre à son employeur (ou supérieur hiérarchique) de ses retards.
Vous imaginez sans peine, les difficultés professionnelles que cela peut engendrer à terme.

En outre, il s’avère que cette absence de prise en compte dans le code du travail contraste avec la protection prévue en cas de don d’ovocyte. En effet, la loi protège les donneuses d’ovocytes qui suivent pourtant exactement le même parcours (nombreux examens, prises de sang, échographies, ponction ovocytaire).
L’article L. 1244-5 du code de la santé publique dispose en effet que : « La donneuse bénéficie d’une autorisation d’absence de son employeur pour se rendre aux examens et se soumettre aux interventions nécessaires à la stimulation ovarienne et au prélèvement ovocytaire. Lorsque la donneuse est salariée, l’autorisation est accordée dans les conditions prévues au second alinéa de l’article L. 1225-16 du code du travail ». La référence à cette disposition du code du travail a pour effet d’assimiler l’absence autorisée à une période de travail.

Il apparaît qu’il y a une différence de prise en compte flagrante entre les donneuses d’ovocytes et les patient(e)s atteint(e)s d’infertilité.
Infertilité qui concerne un couple sur six !

Pour réparer cette injustice, le sénat propose donc cet amendement qui sera inclus dans la loi santé devant être votée à la fin de l’année à l’Assemblée nationale.

Comme des milliers de patientes en parcours AMP, j’ai dû « jongler » entre mon agenda médical et mon agenda professionnel.
Heureusement, j’ai eu la chance, d’une part, d’évoluer dans un milieu professionnel souple, et d’autre part, de bénéficier d’un centre AMP relativement proche de mon lieu de travail. J’ai donc eu un parcours « facilité » et c’est peut-être ce qui a permis sa réussite.
En effet, et pour notre plus grand bonheur, un petit garçon né en novembre 2013 est venu grossir le nombre des citoyens de votre circonscription.

Je mesure notre chance et je pense à tous ces couples qui connaissent davantage de difficultés soit parce qu’ils habitent en zone rurale, soit parce que leur cadre professionnel ne permet aucune souplesse.
Pour eux, pour tous les couples infertiles… Je le rappelle encore : un couple sur six… Il serait temps de faire évoluer notre système de santé et, notamment, le code du travail afin de prévoir un régime d’autorisation d’absences pour les salarié(e)s bénéficiant d’une assistance médicale à la procréation et empêcher que l’engagement dans un processus de PMA ne puisse entraîner de discrimination à l’embauche.

Vous remerciant de l’intérêt que vous voudrez bien prêter à mon courrier, je vous prie d’agréer, Monsieur le Député, l’expression de ma considération distinguée.

Publié dans A propos de nulliparité, Maman d'un Plumeau

Rien n’a changé ou presque…

Chez elle, rien n’a changé.

La même porte palière, la même sonnerie et elle ouvre toujours elle-même la porte à ses patientes.

Rien n’a changé.

La même salle d’attente et la même déco.

Le même cabinet si ce n’est que le paravent me semble plus grand que celui de mes souvenirs et le bureau plus petit ou alors plus en retrait peut-être…

Oui, chez elle, rien n’a changé depuis décembre 2012 – date à laquelle je tentais une troisième IAC qui sera un échec.

« fin 2012 ??? Vous n’êtes pas venue depuis Madame Plume ? Mais comment ça se fait ?

Justement, je vais vous raconter. Si vous ne retrouvez pas mon dossier, ce n’est pas grave, on le refera« 

Finalement, on refera un dossier. Je lui rappellerai pourquoi j’étais venue.

Les 3 IAC, mon lourd dossier d’handicapée de la procréation, et là, son visage va s’éclairer.

« Oh mais oui, ça y est, je me souviens de vous !« 

Je lui annoncerai la 5ème FIV, celle du George, la FIV gagnante, la naissance du Plumeau.

J’aurai droit à un grand sourire, à des félicitations, à un « Comment il s’appelle ce petit bonhomme ?« .

Oui, dans ce cabinet, rien n’a changé en 2,5 ans…

La seule chose qui change c’est que je ne suis plus une PMEtte en souffrance mais une mère lambda venue faire sa visite de routine.

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Manger cinq fruits et légumes par jour… et devenir infertile !

Ce matin, (un lapin a tué un chasseur… Chantal Goya sort de ce corps !) entre ma tasse de café et le biberon du lardon, j’entends aux infos que l’on s’offusque de la GRAAAANDE découverte suivante : le sperme est affecté par la présence de pesticides dans notre alimentation (en particulier les fruits et légumes dont on nous rabat les oreilles qu’il faut en manger 5 par jour pour être en bonne santé).

C’est partout. On ne parle que de ça.

Et là, je m’exclame sur un ton pince sans rire devant un lardon hilare : NOOOON SANS DECONNEEEEER !

Pourtant, il y a longtemps que des scientifiques (notamment danois) on tiré la sonnette d’alarme concernant l’impact de notre environnement sur la fertilité masculine (notamment pour les mimétiques hormonaux et perturbateurs endocriniens). C’est d’ailleurs le premier point évoqué dans le manifeste BAMP où notre environnement (donc notre alimentation) responsable de l’infertilité croissante (et pas que l’âge tardif de ces dames carriéristes) devrait être politiquement pris en compte.

Bref, c’est un peu nous prendre pour des cons que d’en parler comme si c’était une nouvelle découverte.

Ce qui me mets en colère, surtout… C’est quand le diagnostic d’OATS sévère a été posé, aucun professionnel de la PMA n’a cherché à comprendre la ou les causes de cette grande infertilité. Ils étaient tous pressés de me faire faire des FIV, à moi, la fertile du couple.

Quand je pense à tous ces fertiles gens qui nous ont rabâché les oreilles qu’en plus de trop y penser c’est parce qu’on ne mangeait pas assez de fruits et de légumes/qu’on buvait/qu’on fumait/voire qu’on se droguait et que, donc, il ne fallait pas s’étonner si « ça ne marchait pas« …

Non vraiment, des fois, j’ai envie de commettre des meurtres.

Mais de qui se fout-on ?

Hier au soir, j’ai cuisiné pour le lardon. Je l’écris parce que c’est suffisamment rare pour être souligné. (que la première maman qui n’a jamais utilisé de pot industriel pour nourrir son rejeton me jete le premier pot blédina)

J’ai fait une compote de pomme.

Et étant consciente depuis longtemps que la pomme (le fruit le plus consommé dans notre beau pays du fromage) est le fruit qui bouffe le plus de pesticides et que ces résidus sont les plus concentrés au niveau de la peau (vous n’avez jamais trouvé suspect que la peau d’une pomme en super marché soit aussi brillante ?), j’ai non seulement lavé ce fruit mais l’ai consciencieusement pelé.

Une magnifique pomme à la peau lustrée aux pesticides (image emprunté sur le site
Une magnifique pomme à la peau lustrée aux pesticides (image emprunté sur le site « la santé dans mon assiette » (ironie quand tu nous tiens))

J’ai juste envie de préserver la santé et la fertilité de mon fils (déjà qu’il part avec un mauvais background sur ce plan-là).

Et comme dirait l’autre « MANGER DES POOOMMES ! »

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La nulliparité en fiction (house of cards)

En ce moment, je regarde House of cards. Pas la dernière saison sur Canal mais tout depuis le début après avoir hum… hum… enfin… après avoir récupéré les épisodes.

Voici un extrait du synopsis de la série.

« Frank Underwood, élu démocrate à la Chambre des représentants et whip de la majorité, a aidé Garrett Walker à devenir président des États-Unis en échange de la promesse de devenir Secrétaire d’État. Mais, avant l’investiture de Walker, la chef de cabinet Linda Vasquez lui annonce que le Président n’a pas l’intention d’honorer sa promesse. Furieux, Underwood et sa femme Claire (qui comptait sur la nomination de son mari pour développer sa société de défense de l’environnement) s’allient pour détruire ceux qui s’opposent à leurs projets. Son but, atteindre le poste suprême : Président des USA. À de nombreuses reprises, le personnage principal utilise l’aparté : Frank Underwood s’adresse régulièrement au spectateur en regardant la caméra, brisant ainsi le quatrième mur, et lui permettant d’exposer ses idées ou de les faire deviner au spectateur.« 

Ce synopsis provient de wikipedia et j’ai ôté volontairement les phrases racontant ce qui va se passer.

Franck Underwood est joué par l’excellent acteur Kevin Spacey et sa femme, Claire, par la non moins excellente Robin Wright.

Alors pourquoi je vous parle de cette série ?

Et bien parce que les deux personnages n’ont pas d’enfant.

Assez rapidement, on apprend que c’est un choix de vie et non par effet de circonstance (une manière pudique de dire passer par la PMA).

Sur le coup, l’ancienne PMEtte que je suis en a été soulagée.

Oui, soulagée parce que j’ai eu peur d’être à nouveau confrontée à tout ça.

Oui même par fiction interposée.

Oui, même s’il y a prescription.

Et pourtant, au fur et à mesure que les épisodes défilent, il y a des rappels de leur situation.

Un amant de Claire qui lui demande pourquoi ils n’ont pas d’enfant. Sa réponse à elle qui est de dire que ne pas en avoir ne lui pose pas de problème alors qu’on voit bien que si… en fait…

Bien sûr à ce stade, je ne peux m’empêcher de penser à la PMA. Je me dis qu’ils ont dû essayé, échoué et mis tout ça de côté en arguant que leur ambition politique et professionnelle était finalement plus importante.

Alors forcément, j’avais envie d’en savoir plus.

Sont-ils passés par la PMA ?

Arrive ensuite le moment où une collaboratrice à Claire annonce de façon totalement inopinée sa grossesse. Le genre d’annonce qui nous flinguerait. Elle a la quarantaine, a couché une fois avec un type et paf ! en cloque. L’accident. Le type est marié en plus mais elle ne lui dit rien et décide de garder l’enfant.

Le pire c’est de voir le visage de la Claire se décomposer. Enfin, elle ne le fait pas devant sa collaboratrice. C’est en sortant de son bureau qu’elle se décompose.

Combien de fois, j’ai connu ça à titre personnel… Je ne saurai le dire.

Le coup de poignard dans le cœur, sourire, féliciter et partir…

Comme c’est étrange de voir que ça me fait toujours aussi mal. Même maintenant. Même par fiction interposé.

Bref, j’avance dans la série. La collaboratrice, en complet désaccord avec la Claire, se retrouve virée par cette dernière. C’est quand même elle la boss et on est aux States (pas de protection de la femme en cloque). Du coup, l’ex-collaboratrice attaque en justice avec faux témoignage où elle se sert de sa grossesse (en gros, elle fait croire qu’elle est virée à cause de ça, alors qu’elle est virée pour une toute autre raison). Le truc qui m’horripile forcément. Pendant ce temps-là, la Claire consulte une gynéco pour voir si, à son âge avancée, elle peut encore espérer une grossesse et malgré ses trois interruptions volontaires de grossesse.

C’est à ce stade que je me suis dit que j’allais encore me farcir de la PMA dans une série.

Allais-je voir une Claire se piquer le bide dans les WC ?

La voire se faire surprendre en train de le faire (le gros cliché de la femme infertile dans une fiction).

Allais-je voir une grossesse miracle ?(le truc qui me donnerait envie d’arrêter de regarder la série)

Allais-je voir une adoption ?

Peut-être était-il temps, de ne pas regarder la suite…

Et puis, fort heureusement, il y a eu un sacré dénouement à l’affaire qui oppose Claire et son ex-collègue. Je n’en dirai pas plus.

Juste avant qu’elle ne balance cette réplique, elle attrape la main de Claire pour que cette dernière sente les coups du bébé. Juste l’horreur quoi !

Fin de la saison 1.

Je pensais alors qu’on en avait terminé avec la nulliparité du couple Underwood quand c’est remis de façon brutale sur le tapis dans la saison 2.

En effet, sur ce sujet, Claire est interviewée par une journaliste qui, non contente d’envoyer bouler l’argument tout fait et préparé « Mon mari et moi préférons nous consacrer au service publique plutôt qu’à fonder une famille » , lui ressort un ancien témoignage qui certifie qu’elle aurait été enceinte lors d’une première campagne de son mari.

Et là, la Claire qui se tortille sur son siège.

Et la journaliste qui rajoute une couche « Vous savez bien que pour les contribuables, avoir des enfants c’est important« .

Traduction : « Si vous n’avez pas d’enfant, en tant que politiques, vous n’êtes pas légitimes. »

Il faut être Claire Underwood pour ne pas se décomposer (et même profiter de ce chausse-trappe pour régler ses comptes avec un événement difficile).

Non, parce que clairement, moi, j’aurais fondu en larmes.

C’est horrible de voir à quel point on est jugés par la Société (je dirais même davantage aux USA qu’en France) parce qu’on n’a pas d’enfant.

Ne pas avoir d’enfant par choix ou pas circonstance fait-il de vous des mauvais citoyens et donc des mauvais politiciens parce qu’on ne peut (forcément) pas comprendre les nécessités d’une famille ?

Pourtant combien d’hommes et de femmes politiques ont des enfants qu’ils ont à peine vus grandir (trop occupés), jamais élevés ? et ces gens-là ont-ils plus de considération de la famille que ceux qui n’en n’ont pas ?

Je ne sais pas si la 3ème et dernière saison va nous relancer ce manque d’enfant, mais punaise… à quand la série où on ne parlera pas grossesse, infertilité, PMA, maternité ?

Non, parce que de toute façon, outre le fait que ça reste douloureux d’y replonger pour la téléspectatrice que je suis, c’est toujours évoqué sans empathie pour ceux et celles qui sont concernées. A l’image de notre Société bien réelle…