Publié dans Maman d'un Plumeau

Mais pourquoi est-elle aussi méchante ?

Hier soir, en sortant de mon cher travail, et après le passage chez le dermatologue, j’ai retrouvé toute la famille dans l’aire de jeu se trouvant juste en bas de mon immeuble. (seras tu trouver le mot intrus dans cette phrase ?)

Le George et sa mère étaient assis sur le banc à l’ombre fort heureusement et, le Plumeau, fruit de notre amour et surtout produit de la fécondation in vitro par micro-injection intracytoplasmique de sperme sélectionné sur des critères morphologiques, était en train de courir gaiement entre les bancs et les jeux.

Et puis, toujours en courant, il est revenu vers nous, m’a gratifiée d’un bisou baveux et en se retournant s’est retrouvé nez à nez avec une petite fille qui devait être guère plus âgée que lui.

C’est là que le George lui a lancé « PlumeauFais un bisou à la petite fille« . Ce que notre bambin fait illico et sans voir qu’il opportune plus qu’autre chose la fillette qui se laisse faire quand même mais sans se départir d’un regard lourd de perplexité.

Et moi, mon sang ne fait qu’un tour. Je n’aime pas que l’homme lui demande de faire des bisous à des inconnus. Je dirais plutôt le force à faire des bisous à des inconnus. Il peut embrasser ou bisouiller mais je préfèrerai que ça soit de son propre chef et non sous l’injonction parentale et surtout avec l’accord de la demoiselle.

Bref, j’expose mes griefs à l’homme qui n’en a rien à foutre bien entendu et qui s’esclaffe en voyant son fils réitérer le bisou à la petite fille – histoire qu’elle comprenne qu’il sait faire des bisous lui.

Cette culture du bisou, c’est vraiment un truc à l’homme. Dans ma famille, mes parents ne nous ont jamais imposé le « Va embrasser Untel » (celui qu’on ne connait ni d’Ève ni d’Adam rencontré au hasard dans la rue).

Nous n’étions d’ailleurs même pas obligés de dire « bonjour » ou « au revoir » (le tout, c’est que nous ne soyons pas dans les pattes parentales et qu’on aille jouer tranquillement sans faire de bruit).

Alors, oui, l’éducation que j’ai reçue n’est pas forcément la panacée. Nous sommes quand même devenus assez sauvages mon frère et moi (bien que j’ai réussi à gommer ce trait de caractère mais pas non plus complètement, disons que je n’irai pas taper tout de suite dans l’épaule de quelqu’un quoi…).

Le George, c’est tout le contraire. Il est affable avec tout le monde. Il peut te tutoyer un inconnu très vite (ce qui a le don de m’agacer aussi) genre c’est mon pote quoi…

George, il a ce petit côté bisounours qu’il a transmis à son fils. Notre Plumeau de bientôt 20 mois pense que tout le monde il est beau tout le monde il est gentil.

Même si je n’ai aucun souvenir de moi au même âge, je reste persuadée, que je devais être très différente de mon fils. Je n’avais certainement pas ce côté bisounours…

Et comme j’ai dû être assez sauvage et froide dès ma plus tendre enfance, je pense qu’on m’a facilement et rapidement affublée de « méchante ».

Petite, j’étais persuadée que je l’étais vraiment. Méchante. En grandissant, j’ai compris que j’avais surtout développée de la méfiance envers mes contemporains que j’avais tendance d’emblée à juger comme hostiles. Alors oui, je n’ai rien d’une bisounours.

Vous comprendrez aisément de ce fait que les aires de jeux ne sont pas forcément ma tasse de thé.

Les rares fois où je me coltine les aires de jeu, je demeure en état d’alerte permanent. En général, ça se passe plutôt bien. Les quelques fois où le Plumeau a été poussé par un plus grand(e), j’ai su garder mon calme et je n’ai pas flanqué une rouste au gosse expliquer tranquillement au moutard(e) qu’il ne fallait pas pousser et que le Plumeau avait lui aussi le droit de toucher à l’hélice de l’hélicoptère ou jouer à la marelle. (J’ai pris sur moi, vous en conviendrez. Je fais des progrès. Je suis fière de moi).

Et puis, hier soir, mes jambes sont percutées par un ballon de foot appartenant à un garnement d’une dizaine d’années. Je lance un regard noir au môme et je lui dis de faire attention. Entre temps, le George renvoie gentiment le ballon au gosse, qui non seulement ne le remercie pas mais lui re-balance avec force et délibérément au visage. Le ballon frôle également le visage de ma belle-mère qui est toujours là (sinon, elle va bien, merci 😉 ).

Le merdeux s’est esclaffé. Le George, cette fois, lui renvoie le ballon plus fort et vise le thorax. Le gosse, du coup, s’est arrêté de rire et a commencé à pleurnicher.

« Ah ben tu vois, ça fait mal. Tu trouvais ça drôle pourtant quand tu nous as fais ça à nous. Bien fait pour toi. Va pleurer dans les jupes de ta mère » (Oui la mère était là et avait assisté à l’incident).

Je balance au sale gosse sur un ton sec un « que la prochaine fois que tu fais ça, je te prends ton ballon et je te le crève… »

Et puis, on voit débarquer le père qui exige de nous des excuses… Là on frôle le ridicule.

Son fils chéri ne l’a pas fait exprès. La première fois peut-être mais la seconde fois, j’ai clairement vu son regard. Une vraie méchanceté. La mère non plus, d’ailleurs n’est pas dupe. Elle se confond en excuses alors que son mari nous soutient mordicus que son fils ne l’a pas fait exprès.

Et finalement le type nous qualifie de méchants parce qu’on avait osé dire qu’on allait crever le ballon de son pauvre petit chou, et que ça se faisait pas et gnagnagna et gnagnagna…

J’ai pris conscience que le père avait été bien plus choqué par ma menace que par la leçon de foot du George.

Ce à quoi j’ai répondu avec tout le mépris dont je suis capable qu’effectivement j’étais foncièrement méchante et que de ce fait je pouvais reconnaître de la méchanceté quand j’en voyais et qu’à la méchanceté je répondais par la méchanceté…

Fin de citation et hop, le Plumeau sous le bras, j’ai quitté l’aire de jeu flanquée de ma belle-mère et du mari.

Le gus en est resté coi.

Oui, je suis méchante. On me le disais si souvent dans ma prime enfance que je le suis devenue. Mais ma méchanceté se borne à du mépris glacé avec quelques piques bien senties et surtout quand je juge que c’est mérité.

Je ne fais pas de méchanceté gratuite. Ma méchanceté, elle se mérite.

En revanche, je suis entourée de méchants. Des vrais comme par exemple ceux qui torpillent une collègue absente lors d’un repas et ricanent comme des hyènes…

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Auteur :

Grande blogueuse devant l’Éternel. Tombée dans WordPress quand elle était pet... Non quand elle a appris que ça ne serait pas du coton pour procréer. On était en 2008... Depuis, elle a eu un Plumeau grâce à une FIV IMSI. Depuis, elle continue d'écrire ici sa vie de maman et d'apprentie écrivaine.

20 commentaires sur « Mais pourquoi est-elle aussi méchante ? »

  1. Je suis aussi entourée de gens méchant au boulot , des gens qui dès que tu es au toilette te te critique parle de toi , lance des rumeurs … Bref un vrai plaisir ! Alors oui, moi jai ete élevé par des parents qui me disait de ne jamais me laisser faire et que dans la savane les proies elle se font bouffer par les prédateurs. Alors non je ne suis pas méchante , mais si on le devient avec moi je répond …

  2. Parfois je dois encore un peu être au pays des Bisounours dis donc… Ou plutôt je crois fondamentalement que le Bisounours est l’humain le plus fréquent ! En tout cas, mon conjoint aurait exactement eu la même réaction de Georges, et moi j’aurai été expliqué késako au gamin (oui je sais ça sert parfois à rien…). En tout cas, je suis certaine que penser « que tout le monde il est beau tout le monde il est gentil » est une grande force pour l’avenir ! Des bises

    1. C’est rigolo ta façon de voir. Moi je suis plus comme plume. J’ai tendance à me méfier de tout le monde. Ma confiance se mérite. Quant à savoir si c’est une force d’être un bisounours, je ne suis pas sûre
      Le jour où tu te rends compte du monde dans lequel tu vis… ça fout une sacré claque. Vision pessimiste non ? 😉

      1. Certes… Mais de toute façon tu le sauras un jour… Alors avant de le savoir autant être boosté en empathie, beauté, simplicité… ! Ce sont de belles armes fasse à la peur, enfin j’espère !

      2. Je rejoins la vision (pessimiste ?) de Boule de Mousse, on se refait pas. Je pense que le jour où tu réalise la vraie nature de l’humain, ça peut provoquer un séisme. J’ai donc très peur de la réaction de mon fils face à ce choc. Enfin, bon là il est petit mais je vais devoir l’habituer à cette idée progressivement histoire que ça ne soit moins brutal. En ce moment, il pourrait partir avec n’importe qui dans le rue. :-O

      3. Pour l’anecdote, mon homme a été élevé dans un monde de bisounours avec des parents consensuels qui ne parlent jamais de leur pb, trouvent toujours le bons côtés des choses, ne se disputent jamais. Total, arrivé à un âge où les gamins se fritent, chéri n’a pas compris ce qu’il lui arrivaient. Il prenait toutes les disputes très violemment parce que pour lui c’était pas « normal ». Notre rôle est de les préparer à la vie au – delà de les protéger. Ceci étant faut trouver le juste milieu… et c’est évident !

  3. Mais c’est toi qui a raison. je travaille beaucoup sur le fait d’arrêter de me faire marcher sur les pieds. j’ai fait des progrès et je continue parce que j’en ai ras le bol d’être prise pour une quiche et visiblement, la méchanceté (la vraie) ça paye. J’ai pu constater ça encore récemment.
    Alors merde.
    http://www.eddenya.com/question-reponse/5835-l-exces-de-gentillesse-peut-causer-la-depression-voici-pourquoi
    Pour le bisou, j’ai été élevée avec le bonjour/aurevoir obligatoire etc .. mais hors de question que je demande à mes fils de bisouiller les autres enfants ! Eh oh gardes tes microbes ! Et puis j’aime pas les enfants des autres de toute manière !

    1. Ouais exactement les microbes bordil !!! J’ai été quiche longtemps malgré ma naturelle réserve. ça demande du travail sur soi de ne plus se faire prendre pour une bonne poire.

  4. Mo non t’es pas méchante! Les méchants sont ceux qui font ça gratos! Ceci étant je suis d’accord avec toi. C’est quoi cette idée de demander à plumeau de faire des bisous à n’importe qui ! Ça doit rester un geste d’intimité avec certaines personnes!

  5. Comme Bounty, je suis une bisounours 🙂 Et je me dis que Dieu merci ton plumeau est un bisounours à 20 mois !!!! Il aura tout le temps d’apprendre que le monde n’est pas si joli joli… Et je suis sûre que les bsounours sont en général plus heureux que les autres (mais j’ai pas dit qu’ils devaient se faire marcher sur les pieds non plus, hein !)
    Pour le bisou, c’est peut-être pas très cool pour ton Plumeau mais je me dis surtout que c’est pas cool pour la petite fille qui n’a rien demandé. Ca arrive rarement mais quand on vient faire des bisous non sollicités à mon Chouchou ça me hérisse ! (il n’y a que moi, sa mère, qui ai le droit de faire ça ! C’est mon privilège en contrepartie des nuits pourries et de la cicatrice de césarienne 😉 )

    1. C’est clair que c’est énervement cette injonction à faire des bisous. Je sais que le George fait ça pour s’amuser mais bon c’est moyen je trouve.

  6. Continue à être toi, point. Méchante (je trouve pas que tu sois « méchante » mais bon) ou pas méchante. C’est ce que tu es toi qui construit le Plumeau, et à ce que je vois, vous êtes complémentaires avec Georges, c’est plutot parfait.

  7. Marrant ce post. Tellement mon quotidien. Je pense que selon l’âge de l’enfant ma réaction aurait varié. Ceux qui m’irritent ce sont souvent les parents 😉 ! Quant aux bisous, vaste débat. Je déteste les parents qui disent à mes élèves de m’embrasser, je décline poliment. Quant à mes enfants, ils ne sont pas bisous du tout, seul mon fils est très câlin. Je pense que tout est relatif et culturel. Ma mère est très attachée à la politesse, mon père beaucoup moins. Ton Plumeau fera le tri. Cela dit je pense que la politesse et le savoir vivre distinguent beaucoup les gens (et la culture générale). Quant à ta méchanceté..pff..tu ne l’as pas agressé la première. Je plains sa mère 😉

  8. Je suis méchante tout comme toi ! D’ailleurs au boulot mais collègues en rient, ils disent qu’il faut se méfier de ma petite gueule d’ange parce qu’en fait je suis la plus méchante. Moi je trouve que c’est un compliment, je sais être cassante quand je dois me défendre ! Bien joue avec ce papa insupportable. Bises.

  9. En ce moment je me rends compte que je passe mon temps à dire à notre fils de 18 mois « attention, regarde où tu marches » alors que clairement il regarde devant lui mais pas le gamin de 3 ou 5 ans qui arrive en faisant n’importe quoi.
    Je fais semblant de parler à mon fils mais c’est bien l’autre que j’aimerais secouer. J’aimerais aussi que les parents fassent à ma place la police avec leurs enfants. Mais ça n’arrive que rarement.
    Je déteste avoir à éduquer (oui, ça ne se dit pas, je suis méchante moi aussi) les enfants des autres. Faire la police au square, sermonner, etc… des gamins qui ont un comportement incompatible avec la vie en société. Ca me gave. Et j’ai toujours peur de me prendre un reproche des parents donc je le fais dans le calme et quand ça me gave trop on se casse.
    Mais ça ne me rend pas optimiste pour la suite.

  10. Ca me fait penser au we dernier ou je me suis mise à hurler sur un mec qui jetait des cailloux sur un ours au zoo.
    Pour que son gosse voit mieux le loup.
    Je crois qu’au delà de la méchanceté c’est l’éduction qui manque…

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