Publié dans Des choses et d'autres

Faire mal

Ce matin-là, malgré une nuit interrompue par les soins de mon rejeton, c’est le cœur léger et insouciant que je déposais ce dernier à la crèche. Il faisait beau, les oiseaux chantaient, l’ascenseur fonctionnait (si si ça compte !).

Ce matin-là, donc, tandis que j’affublais de sur-chaussures roses bonbon mes jolies ballerines, je croisais le regard soutenu d’un petit garçon manifestement de la section des grands sur la personne de mon Plumeau encore assis dans sa poussette.

C’est à ce moment-là, que le garçon déclara ceci : « A ce bébé, je lui ai fait mal« .

Sa génitrice et moi restèrent interloquées.

« Ah bon ? » fis-je. (je dois préciser que j’ai rassemblé tout mon calme pour lancer cette question sur un ton le plus badin possible)

La génitrice sans même jeter un œil sur moi ou mon fils, expliqua que d’abord mon Plumeau n’était pas un bébé mais « un moyen » et qu’il ne fallait pas taper puis s’extirpa derechef de l’entrée. (pétasse)

Toujours sous le choc de cette déclaration, je détache néanmoins mon fils de sa poussette et nous nous dirigeons vers sa section. Ce faisant, nous recroisons l’enfant et sa mère occupés à feuilleter un livre qui a beaucoup de succès auprès des enfants tout simplement grâce à un stylo magique qui s’il est posé sur une puce vous lit le mot correspondant.

Je lance alors un « Ah ben, ils l’aiment tous ce livre. » espérant peut-être recroiser les yeux de la mère et lui signifier que bon c’est peut-être pas grave et que l’agression que son fils a eu sur le mien n’est sûrement qu’anecdotique voire exagérée. Je n’obtiendrai aucune remarque. Seulement de l’ignorance pure et simple. (pétasse bis)

Et puis, je n’ai pu m’empêcher de tourner et retourner dans ma tête cette phrase « A ce bébé je lui ai fait mal« . Une phrase parfaitement construite. Le passé a été employé avec maestria par un petit bout de chou de 2 ans.

« Je lui ai fait mal« 

Mal comment ? Tu l’as poussé ? Tu l’as tapé ? Tu l’as mordu ?

Était-ce volontaire ? Ou était-ce involontaire ?

Exprimais-tu un regret ? Énonçais-tu simplement un fait parce que ta mémoire avait percuté en croisant le visage du Plumeau ? Pourquoi est-ce que je ne peux m’empêcher de penser que tu éprouvais plutôt une satisfaction au fait que tu aies fait mal puisque tu as prononcé cette phrase sur le ton de celui qui a accompli quelque chose ?

Je ne saurai sûrement jamais ce qui s’est passé.

Je préfère croire que c’est arrivé ponctuellement sans volonté agressive et que tu as été réprimandé par une puéricultrice qui t’as expliqué ceci « Regardes, tu lui as fait mal, c’est interdit de pousser/taper/mordre » et que tu aies réalisé que, oui toi, petit garçonnet, tu pouvais faire mal et constater que les pleurs de mon fils en étaient la conséquence.

Je préfère croire ça et repousser mes vieux démons. Ceux qui me rappellent que j’ai été une gamine souffre-douleur durant quasiment toute ma scolarité. Ceux qui me murmurent que mon fils pourrait être un souffre-douleur à son tour parce qu’il a écopé de mes gènes.

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Auteur :

Grande blogueuse devant l’Éternel. Tombée dans WordPress quand elle était pet... Non quand elle a appris que ça ne serait pas du coton pour procréer. On était en 2008... Depuis, elle a eu un Plumeau grâce à une FIV IMSI. Depuis, elle continue d'écrire ici sa vie de maman et d'apprentie écrivaine.

19 commentaires sur « Faire mal »

  1. Ah purée l’envie de taper que tu as dû avoir (heu enfin moi je l’aurais eu je suis une folle furieuse) ! Tu n’as pas envie d’aller voir une puer pour lui demander quand même ou du moins l’informer sur ce que l’enfant a dit pour qu’elle soit vigilante ?

      1. Oh la la chapeau parce que moi je suis une sacré rancunière ! Après si ton plumeau ne dit jamais rien et que l’autre ne redit jamais ça mais continue ça peut durer longtemps (oui je vois toujours le pire je sais).
        En dehors du fait d’accuser, juste le faire remarquer à la puer. ça peut te rassurer aussi parce que tu vas tourner ça dans ta tête combien de temps ?

      2. Je ne connais pas le prénom du petit garçon qui n’est pas dans la même section que le Plumeau (ce qui n’aide pas à l’identification). Et même si je le connaissais je ne suis pas sûre que les puer se rappellent de cet événement. Je vais évoquer quand même la petite phrase ce soir et voir si elles réagissent ou si elles se rappellent d’un truc mais je reste septique.

      3. Je suis sûr que d’en parler ça va te rassurer. Sinon tu vas ressasser sans arrêt.

  2. Un peu flippant comme histoire… Je n’aurais pas du tout aimé ! Surtout la réaction de sa mère à lui qui n’a pas cherché à en savoir plus…

    1. oui c’est surtout la mère en fait qui est naze. A sa place j’aurais demandé quand et comment et puis bien sûr j’aurais fait la leçon.

  3. wahou …. comment je la vivrai mal cette petite phrase ….il serait peut être utile d’en parler avec les puer … je comprends que ça résonne en toi, d’autant que nous sommes censées être là pour les protéger nos loulous ! je vous embrasse fort

  4. Ennuyeux cette histoire. En tant qu’enfant hypersensible et émotive, je suis très vigilante envers les enfants calmes en classe. Je déteste les égocentriques qui accaparent l’attention , oui même (et surtout) en maternelle et les mères du même acabit. Les « moi, je… ». Bref, avec un peu de chance tu trouveras du personnel sensible à ce sujet. N’imagine pas que ces parents là font illusion. Les mères qui paradent énervent beaucouuuuup de monde. Courage 🙂 !

    1. J’espère que ce n’est qu’anecdotique. J’ai interrogée une puéricultrice, elle n’a pas souvenir d’un grand qui aurait fait du mal à Plumeau

      1. Tant mieux, je ne doute pas que tu observes ce grand lors des accueils/sorties. Le personnel aussi :-). Passe une bonne soirée

  5. Quelle pétasse !
    J’espère que c’était anecdotique et que cela n’est pas habituel. Je pense que les puéricultrices t’en auraient parlé si c’était récurrent.

    1. J’ai évoqué la scène de ce matin à une puéricultrice. Pour elle, ça ne lui dit rien. Elle m’a quand même dit que les grands avaient beaucoup d’imagination.

  6. gloups…après avec les gosses c’est pas facile de resituer… en tout cas la façon dont il dit ça, ça ressemble beaucoup à un gamin à qui on a dit « tu as fais du mal au bébé tu sais, fais attention avec la balle/le livre/.. » et il le répète…en tout cas si tu as confiance dans les puer’ et que ça ne leur dit rien c’est que ce n’était pas violent.

  7. même s’il s’agit pour toi de ton petit garçon sans défense qui est à la crèche et non d’un garçon subissant du harcèlement scolaire, cette vidéo peut te faire écho.

    les enfants sont violents entre eux, et ce n’est pas la première fois que ton coeur de maman aura mal… ton enfant peut souffrir davantage selon ta réaction, ou se sentir assez fort pour se défendre (sans taper ofcourse) si tu lui montres qu’il en est capable.
    il se peut aussi que ce soit ton enfant qui fasse mal un jour, et tu constateras que l’on oublie toujours plus vite dans ce sens là…

  8. Bon alors, si je peux essayer de te rassurer :
    1 – tu ne sauras jamais la vérité effectivement donc inutile de te focaliser là-dessus, tu aurais très bien pu ne jamais croiser cet enfant et n’être donc jamais confrontée à LA « phrase ».
    2 – oui, tu réagis en fonction de ton passé et comment te dire… ça n’est pas une bonne idée (mais j’avoue, pas facile à mettre en place).
    3 – oui, les enfants ont de l’imagination, beaucoooooooup d’imagination. Au début de l’année, une des Poites m’a dit 2 ou 3 fois que sa maîtresse donnait des fessées (pas à elle, aux autres). Bon, ben non, hein, la maîtresse n’a jamais filé de fessées à personne.
    Donc, on se méfie, on prend de la distance, on respire très fort, on arrête de projeter ses soucis d’adultes sur son Nenfant à nous qu’on a (on pète un coup aussi, ça fait jamais de mal :)) et hop, ça repart !!!
    Bisous !

    1. Figures toi que j’avais pris de la distance et le lendemain soir, quelle ne fut pas ma surprise de récupérer un Plumeau en pleurs. Juste avant j’avais surpris un « grand » qui lui avait arraché un jouet. Au moment de consoler mon fils je surprend le grand réitérer son forfait sur une petite… Je te rassure je n’ai pas atomisé le gosse, j’ai tenté la pédagogie « il faut prêter les jouets ». Rien à faire (l’autorité et moi…). Une puéricultrice est intervenu en le grondant.

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