Publié dans Des choses et d'autres

Plus complète…

Après avoir lu l’émouvant billet de MonPetitTrésor, j’ai été un brin remuée dans le sens où, contrairement à Ange, je ne me suis pas sentie changée par la maternité.

Je ne me suis pas sentie « plus complète« . Je ne me suis pas sentie « plus femme« . Pas sentie « plus adulte » non plus à vrai dire…

Je n’ai pas sentie que la présence du Plumeau m’ait apportée quelque chose qui manquait chez moi depuis longtemps. Et pourtant, cet enfant manquait, j’ai souffert de son absence pendant de longues années. Et je suis heureuse qu’il soit là. C’est un peu comme s’il avait toujours été là et que quelque chose (OATS, DNLP…) s’échinait à empêché notre rencontre et notre vie commune.

Alors ? Qu’est-ce qui cloche chez moi ?

Est-ce normal ?

Pourquoi est-ce que je me sens toujours vulnérable ? Toujours « petite fille » ? Toujours incomplète en somme ?

Oui, je suis restée celle qui est percluse de doutes, d’hésitations, d’auto-dénigrements même.

Oui, j’ai l’impression qu’on me regarde toujours comme une pauvre petite fille qui ne sait pas se débrouiller, s’organiser, réaliser… A qui, il faut tout expliquer et lentement sinon j’en perds en chemin…

En tout cas, chez moi, la maternité a fait ressurgir ces sentiments négatifs de manière plus forte. Sûrement parce qu’elle me renvoie à ma propre enfance qui matériellement fut confortable certes… mais qui ne fut pas une sinécure pour moi.

J’ai été longtemps le vilain petit canard. En famille, en classe.

Jamais considérée.

Peu écoutée.

Quelques fois même malmenée (voire maltraitée en classe notamment). ça  a laissé des traces. Une insécurité affective permanente.

Et, tout ça, ça ne s’efface pas d’un coup de baguette magique. Ou d’un coup d’un + sur un bâtonnet. Ni d’un coup de « Poussez fort Madame ! » (bien que dans mon expérience de parturiente, il n’y eut jamais d’injonction à pousser)(bref).

Je dirais même que ça s’est renforcé. Je ne compte plus les fois où je me suis sentie démunie (c’est le bon mot, si souvent évoqué par ailleurs et notamment chez Adelles) face à ce petit bout de chou et où ça m’a systématiquement renvoyée à mon sentiment d’incapacité chronique teinté de tous mes échecs passés.

Une bonne à rien.

Voilà, en tout cas, pour les PMEttes encore sur le quai, de quoi répliquer quand on vous sortira « Non mais un enfant c’est essentiel. Une femme sans enfant c’est pas une vraie femme. » ou tout ce qui relève du même acabit…

Ce sentiment de complétude à l’issue de la maternité n’est pas automatique.

Il me reste du chemin pour devenir celle que je dois être.

L’écriture (peut-être que j’ai lâchement abandonnée) m’aiderait sûrement à me réaliser. A me sentir un peu plus fière de moi.

Faudrait s’y remettre. Bord**…

A suivre…

 

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Auteur :

Grande blogueuse devant l’Éternel. Tombée dans WordPress quand elle était pet... Non quand elle a appris que ça ne serait pas du coton pour procréer. On était en 2008... Depuis, elle a eu un Plumeau grâce à une FIV IMSI. Depuis, elle continue d'écrire ici sa vie de maman et d'apprentie écrivaine.

18 commentaires sur « Plus complète… »

  1. Quoi que tu sois aujourd’hui ou ce que tu as été hier, tu restes toi plumette. Et il n’y a pas de règles ou de norme. Chacune à son vécu. Ne culpabilise de rien. Avance avec tes atouts et tes tares ! On en a toutes ! L’écriture pourra t’aider. Un psy peur être aussi
    Il paraît qu’un enfant nous renvoie à notre propre enfance. Ton petit bout va sûrement t’aider à accepter et aimer la petite fille que tu étais e qui fais partie de toi. J’ai confiance. BBisous

    1. En tout cas ton bonheur tout neuf fait plaisir à lire.
      Comme j’ai lu que tu avais des envies d’indépendance en prenant le bus avec ta yoyo, on pourrait se retrouver avec nos petits trésors sur Paris pour un chocolat chaud un de ces 4 😉
      Qu’en penses-tu ?

  2. Nan mais faut arrêter de lire dans mes pensées et d’écrire mes posts à ma place !!
    Pour être sérieuse on a eu un parcours assez similaire, à part la partie maternité qui a été plus facile à obtenir chez moi mais qui ne m’a pas fait grandir non plus.
    Du lycée et du collège je n’en garde absolument aucun bon souvenir, j’étais le mouton noir, celle qu’il ne faut pas toucher dans devoir se désinfecter la main ensuite, celle qui a toujours manqué de confiance en soi et qui n’a jamais et de petit copain jusqu’à la fac, copain qui est depuis presque 6 ans mari et père de nos deux enfants

    Je ne crois pas que quelque-chose en particulier fasse grandir mais plus une accumulation de choses

    Bon courage

  3. Un enfant n’efface pas les blessures, il vous apprend seulement avec le temps à les dépasser. disons plutot qu’il vous apporte d’autres problemes à resoudre, d’autres priorités, d’autres soucis. pour nos enfants on finit par s’affranchie de beaucoups de choses. je vais te dire moi je le ressens depuis peu cet amour complice et incommensurable. aujourd’hui je suis prete à tt braver pour elle. je crois q j’aime plus le stade enfant q le stade bb qui ne m’a rien apporté si ce n’est une fatugue mentale horrible. laisse toi du temps.

  4. Rassure toi, je me suis dis la même chose en lisant le post du p’tit trésor. Moi non plus je ne me sens pas changée et je vais te dire tant mieux. J’avais peur de changer, de ne plus être moi, de perdre mon insouciance, mon âme de bordélique et jusqu’à mes incertitudes. Je n’ai pas plus confiance en moi sauf que si quelqu’un me dit un truc par rapport à l’éducation de mes jujus je mords méchamment même si je sens qu’il y a un fond de vrai parce que comme toi j’ai souffert de ne jamais faire les choses bien alors aujourd’hui je ne me laisse plus faire. La seule chose que j’espérais changer c’est mes peurs sur ma vie, mes angoisses et mes anxiétés. Raté elles sont toujours là et au fond tant mieux parce qu’elles sont aussi une partie de moi. Non, pour moi en tout cas, la maternité n’était pas une fin en soi non plus.

    1. C’est cool que t’aies eu la même réaction en lisant ce post. Comme quoi on est toutes différentes. Comme toi, je morfle face aux critiques parce que j’arrive toujours à y voir un fond de vrai. Biz

  5. Coucou, être maman ça comporte plein d’étapes.
    Pour moi le côté prise de conscience que je suis une femme, responsable d’un enfant, a vraiment commencé quand ma fille a eu environ 2 ans je pense. Elle a commencé à socialiser, à avoir ses copines, tu as des relations avec les autres parents et à ce moment-là tu es comme obligée de te mettre un coup de pied aux fesses et de t’obliger à mûrir. Avec sa rentrée à l’école, ça s’est encore accentué. Tu dois te montrer forte, car pour ton enfant tu représentes tout. Tu dois le défendre, faire en sorte qu’il soit préparé à affronter les autres.
    J’ai trouvé que tout ça permettait de tourner vraiment une page sur le passé et de s’affirmer une fois pour toutes. J’avais déjà fait un long travail sur moi pour m’aider à m’accepter donc je pense que ça a été une sorte de dernière étape. Je ne pense pas que mon cas puisse s’appliquer à toutes forcément, mais c’est important d’avoir en tête qu’être maman ce n’est pas un bouleversement du jour au lendemain, plutôt un chemin qui te fait mûrir étape par étape.
    Bisous (tu peux être fière de toi, c’est quoi ces doutes????)

    1. Ben justement, en parlant de doutes en voici un. Vu que je n’ai jamais su me défendre, j’ai peur de ne pas savoir le défendre quand il le faudra. A moins que je sois transcendée version guerrière/louve au moment critique.

      1. J’étais comme ça aussi, mais je te garantis que ça va venir. Tu n’as plus le choix quand ton enfant commence à socialiser, tu dois faire face et il n’y a plus de place au doute. Surtout en sa présence. Il faut y aller et s’affirmer. Je me sens d’ailleurs plus vulnérable sans ma fille, comme si je redevenais (un tout petit peu) celle d’avant. Mais avec elle je ne m’autorise pas à être « faible ». On est des super mamans YES YES YES. Bisous

  6. Et bien moi non plus je n’ai pas eu ce sentiment.je ne me sens ni plus complète ni différente ni plus mature ni même « maman ». Parfois je le regarde et je pleure, je ne crois toujours pas que ce bébé c’est moi, c’est nous qui l’avons fait et il a presque 11 mois maintenant ! J’ai l’impression qu’il a toujours été là. Et quand on me demande « Alors ça change la vie, hein? » je ne sais jamais quoi répondre ! Et j’ai dû entendre cette question une centaine de fois (avec celle à quand le 2ème?). Bref tout ça pour dire que je te comprends complètement, t’es pas toute seule et ça me rassure de ne pas l’être non plus.

    1. Rhaaaa ! « Un enfant ça change la vie, hein ? » oui c’est vrai en partie, t’as moins de temps libre on va dire mais toi, tu reste inchangée !

  7. Merci pour la citation !
    Je crois que je pourrais écrire un livre en 6 tomes sur ce sujet…
    Dans mon cas, la maternité n’en finit pas de me changer et c’est la sensation que j’ai eu à te lire, attends et tu verras, la maternité n’a pas fini de faire du chemin en toi.
    Dans mon cas donc disais-je, la maternité me replonge indéniablement dans mon enfance mais il me semble sans me paralyser totalement. J’ai à cœur de faire différent sur certains points et sur d’autres, je réalise que c’est pas très grave et je laisse couler, quitte à refaire comme mes parents.
    Peut-être les 3-4 ans de thérapie m’ont aidée à ne plus honnir cette enfance/adolescence et à accepter celle que je suis devenue après les avoir vécues.
    Et puis j’ai à cœur de toujours me souvenir qu’elles sont elles et pas des copié-collé de moi plus jeune (mais ça, Poite n°2 sait me le rappeler très régulièrement :-)) !
    Bisous, t’es la meilleure pour lui, ça c’est une évidence !

    1. Donc je suis en phase de mutation 😉
      J’ai vu une psy mais pas aussi longtemps que toi et ducoup, je pense que mon enfance/adolescence ingrates n’ont pas été digérées.
      Bref. Faudra bien le faire pour pouvoir être mère. Biz

  8. A la maternité, quand on a posé Ernest toute chaude et gluante sur moi, j’ai attendu… Que quelque chose en moi, de me sentir enfin fâââme, complète et tout et tout. De voir la lumière, quoi. Huit mois plus tard, j’attend toujours. Faut dire que je ne me sentais pas incomplète avant (ça aide). Mais, oui, je me suis sentie démunie face à mon bébé (et encore souvent !), oui j’ai parfois l’impression d’être la pire des mères, oui, je doute (enfin, ça, c’est atavique chez moi, je ne vois pas bien pourquoi ça devrait changer) et j’ai toujours un rapport compliqué avec la féminité (en vrai, je crois que je suis une femme manquée). Quand à me sentir adulte… Hum… Je ne me sens pas valorisée par mon rôle de mère, pas dévalorisée non plus, hein, c’est juste que je suis moi avec un enfant. Mais j’étais déjà moi avant. Alors bon, non, pas de bouleversement, ni de révélation.

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