Publié dans Des choses et d'autres

Nostalgique de sa grossesse… ou pas !

Depuis que je suis la blogosphère PMA, j’ai lu que les PMEttes ayant eu leur(s) enfant(s) étaient généralement assez nostalgiques de leur grossesse.

De mon côté, j’ai beau me remémorer et regarder les photos d’avant sa naissance, je ne ressens rien qui ressemble à de la nostalgie. Et pourtant, je suis une grande nostalgique devant l’Éternel…

Du coup, je me suis interrogée.

Est-ce que c’est trop tôt ? (Me semble pourtant que ça fait une éternité)

Est-ce dû au fait que je ne veuille pas de second enfant ? (J’ai pourtant lu quelque part des billets où la nostalgie de cet état-là était bien présente même s’il n’y avait plus le souhait de faire un autre enfant…)

Bref, pourquoi ne suis-je pas nostalgique DU truc que j’ai TELLEMENT rêvé que j’en désespérais il n’y a encore pas si longtemps ?

Il y a bien un début d’explication dans le fait que je n’ai pas eu LA grossesse idéale sublimée et fantasmée. A la place, j’ai eu une grossesse avec un beau décollement au premier trimestre. C’est vrai…

Oui, c’est vrai, je n’ai pas pu faire ce que j’aurais voulu faire : de la natation, du yoga prénatal, marcher longuement (enfin, surtout au début !). Il fallait faire attention…

Oui, c’est vrai, je n’ai pas connu la sérénité et la légèreté.

Oui, c’est vrai, j’ai trouvé pénible d’avoir constamment des douleurs ligamentaires, de me sentir très vulnérable/fragile/cassée comme une vieille machine.

Mais je n’ai pas eu non plus de grossesse difficile au point d’avoir dû être alitée et hospitalisée tout le long.

J’ai donc remis au placard ma grossesse sublimée et fantasmée pour la troquer contre une grossesse réelle. Point. J’ai grandement relativisé.

Et pourtant, quand je les regarde ces photos ou ces vidéos de mon ventre déformé par ces bosses de Plumeau, je ne ressens pas de nostalgie. Je n’ai pas envie de revivre ça.

La seule explication valable c’est que mon Plumeau dehors est tellement plus intéressant que mon Plumeau dedans…

Peut-être aussi, que je me sens plus rassurée et soulagée qu’il soit dehors. Parce qu’il faut bien se l’avouer : j’avais la responsabilité de tout faire pour l’amener à la viabilité.

Oui, je crois bien que c’est ce sentiment de lourdeur écrasante qui m’envahissait quand je repense à cette responsabilité-là avec une bonne part que je ne pouvais pas contrôler. Qu’aurais-je pu faire de plus que rester au repos quand il y avait des contractions ? Qu’aurais-je pu faire de plus si la tension s’était mise à dangereusement monter ? En cas de cholestase gravidique ?

Là, c’est différent. Je n’ai pas moins de responsabilité du fait qu’il soit sorti de mon utérus mais j’ai l’impression d’avoir plus le contrôle des choses parce que mon corps n’y est plus impliqué. Je ne sais pas si c’est bien clair ce que j’écris mais tanpis…

L’essentiel c’est que vous ne vous méprenez pas sur mes impressions quant à ma grossesse. Je ne l’ai pas détestée. Je sais très bien la chance que j’ai eu de la vivre. Je ne voudrais pas passer pour une ingrate de ma bonne fortune mais je voulais juste exprimer mon ressenti.

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Auteur :

Grande blogueuse devant l’Éternel. Tombée dans WordPress quand elle était pet... Non quand elle a appris que ça ne serait pas du coton pour procréer. On était en 2008... Depuis, elle a eu un Plumeau grâce à une FIV IMSI. Depuis, elle continue d'écrire ici sa vie de maman et d'apprentie écrivaine.

9 commentaires sur « Nostalgique de sa grossesse… ou pas ! »

  1. Je crois que chaque femme ayant connu une grossesse comprendra parfaitement ton ressenti. Plus encore si elle est passée par une période plus ou moins grande de PMA.
    Je ne suis pas nostalgique de la grossesse non plus. Certains jours, de manière totalement fantasmatique, je m’interroge sur « comment c’est de vivre une grossesse normale ? » et puis, voilà, ça passe, parce que je ne veux pas revivre ça et cette responsabilité écrasante de faire grandir quelqu’un en soi. D’autres le vivent mieux, tant mieux, qu’elles repeuplent la planète à elles toutes seules !

  2. Pour ma part mon premier est arrivé tellement vite que je n’ai pas mesuré toute l’ampleur de cette grossesse. Je n’ai pas eu une grossesse problématique juste tension trop haute sur la fin qui s’est terminé sur un déclenchement à 2/3 semaines du terme.
    Ma seconde grossesse (pas deuxième car pas de troisième) a été désirée 2 ans, avec mini passage AMP, j’ai donc pris plis conscience des choses, même si je savais que mes parents avant vécu cette même attente pour mon frère.

    Cette grossesse a été bizarre car a 6 mois j’ai appris la malformation cardiaque de mon premier. Cela a été difficile à vivre, entre l’inquiétude pour lui et l’inquiétude qu’elle aussi pourrait avoir un problème du genre. Outre l’inquiétude il y avait aussi la culpabilité, c’est de la faute s’il a ce problème.
    Aujourd’hui nous approchons du premier anniversaire de son opération, il va très bien.

    La grossesse me rend tout de même  »nostalgique » dans son côté exclusif. C’est MOI qui portais ce bébé, il était tout à moi. Abritent ambiguë sur la fin ou j’avais envie que ça se finisse (fin de grossesse les pieds dans la neige à me trainer misérablement jusqu’à l’école) et l’envie de garder ce bébé pour moi.

    Des fois je me dis oh oui un autre bébé, c’est si mignon, en plus une amie attend des jumeaux et j’en suis un peu jalouse, mais je n’ai pas envie de revivre l’attente de la grossesse, les nausées, la fatigue, les douleurs, les brûlures d’estomac, l’incapacité de se soigner correctement quand on est malade, l’allaitement exclusif qui fait que je suis  »obligée » d’être h24 au service de bébé dans pouvoir déléguer, les réveils nocturnes pour changer la couche sale et nourrir bébé, devoir à nouveau tout rependre à zéro niveau éducation etc !

    Mais la magie de la grossesse me manque quand même… Les mouvements de bébé, les échographies ou on entre aperçoit des pieds, des fesses, un nez, un pouce dans la bouche, les doppler ou on entend le petit coeur battre la dedans, les projections sur le futur sexe, la quête du prénom !

    Et regarder ceux qui sont déjà avec nous grandir, évoluer, apprendre et nous énerver !!!

    1. Effectivement ta seconde grossesse a été entachée par ce gros souci de santé de ton petit bonhomme. Mais heureusement il va bien maintenant ! 🙂

  3. Alors moi qui suis en pleine grossesse je peux le crier haut et fort et je l’assume : JE N’AIME PAS ETRE ENCEINTE !
    Attention, comme toi je rectifie : j’aime savoir que je porte la vie, j’aime attendre un enfant, je suis heureuse et comblée d’avoir la chance de pouvoir vivre ça, mais concrètement, physiquement, je n’aime pas, c’est tout.
    Donc je n’ai pas du tout été nostalgique de ma grossesse après mon accouchement, pourtant j’ai eu une grossesse qui s’est plutôt bien passée malgré, comme toi, des désagréments bien présents, des douleurs, des lourdeurs, des contractions, un décollement à la fin, un déclenchement, bref pas la grossesse idéale mais pas non plus la grossesse alitée…

    Chaque femme le vit différemment, il n’y a pas de règle. On n’est pas obligée d’adorer être enceinte même quand on est passé par la PMA. Ca n’empêche pas d’être consciente de la valeur de cette grossesse.
    Moi je suis super super heureuse d’avoir la chance de pouvoir avoir deux enfants. Mais je sais d’avance qu’après l’accouchement je me dirai « ouf, plus jamais de grossesse »… 😉

  4. Tu as mis des mots très exacts sur ce que je ressens, et pour aller dans le sens de tes arguments, je n’ai pas renoncé à une 2eme grossesse, comme quoi ça ne vient pas de là … Moi aussi, à la naissance de choupette, j’ai pu « partagé » la responsabilité. Pourtant tout pareil, ma grossesse n’a pas été critique ou trop pénible, mais je ne cours pas après pour la revivre. et je m’étonne aussi de voir d’autres femmes, passées ou non par la PMA, en être nostalgiques …Comme quoi, rien à voir, et c’est juste qu’on est toutes différentes !
    Des bisous et encore merci de mettre en mot si bien nos émotions 🙂

  5. Je te comprends parfaitement.

    J’ai eu une grossesse parfaite, aucunes nausées, douleurs, activité physique jusqu’au bout mais je vivais avec une angoisse de faire une fausse couche puis de ne plus le sentir bouger; Beaucoup de mes copines ne comprenaient pas ce « poids de responsabilité » d’être un incubateur. La naissance a été une libération et comme tu le dis il est bien intéressant sorti le bébé :!

    Je veux un 2ème enfant donc je devrais être enceinte à nouveau, mais je ne suis pas nostalgique.

  6. Ton message ne me choque pas. Je n’ai pas aimé être enceinte. Je n’ai pas aimé le fait de ne rien pouvoir faire. Je n’ai pas ressenti cet épanouissement dont tant de femmes parlent. Je n’ai pas souhaité avoir cette exclusivité avec mes bébés. Comme toi, je trouve mes filles bien plus intéressantes dehors que dedans! Et comme toi, je ne souhaite pas revivre ces moments. Je n’ai pas de nostalgie de ma grossesse. Et j’assume le fait de ne pas avoir aimé être enceinte. J’ai aimé attendre mes filles et savoir qu’elles étaient là, mais je n’ai pas aimé tout ce qui tournait autour de la grossesse. Et je crois que nous sommes nombreuses dans ce cas. On l’a tellement fantasmé qu’on s’est fait des films sur cet état…

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