Publié dans Des choses et d'autres

Un bonheur simple qui rentre dans l’ordre des choses…

En guérit-on un jour de ces pincements au cœur quand on voit une toute jeune maman présenter son nouveau-né à une connaissance, le sourire aux lèvres et la félicité qui irradie son visage ?

Et pourtant, alors que j’assistais à cette scène de loin, j’étais en train de promener mon petit miracle dans sa poussette…

Et malgré ça, je n’ai pas pu m’empêcher de ressentir ce pincement au cœur devenu si familier durant ces années.

Avais-je cette même sérénité sur mon visage lorsqu’on est venu voir « la merveille » peu de temps après sa naissance ?

Est-ce que je dégageais cette même félicité ?

En fait, bizarrement, je ne m’en souviens pas et, en même temps, il n’y  avait pas de miroir pour me renvoyer mon image à ce moment-là je dois dire.

Parce que le fond du problème, c’est qu’en regardant cette jeune maman toute fraîche, je ne me suis pas reconnue. De même quand, enceinte, je tombais (et tombe encore) sur une femme enceinte, je voyais toujours une barrière entre elles et moi. Il suffisait de voir leur visage pour deviner que « ça allait de soi », que « ça avait été facile » et « que tout irait bien ».

Un bonheur simple qui rentre dans l’ordre des choses.

Depuis la naissance du Plumeau, il faut le dire, ceux sont les jeunes mamans dans lesquelles je ne me reconnais pas. Celles qui montrent avec fierté leur nouveau-né, comme celle debout sur ce carré de verdure, un dimanche matin et qui était accompagnée de son mari et de ses deux autres enfants…

Un bonheur simple qui rentre dans l’ordre des choses. C’est précisément ce que j’ai lu sur son visage.

Je crois que je ne guérirais jamais d’avoir dû faire le deuil du « C’est dans l’ordre des choses » et depuis des années. Oui, par la force des choses, j’ai dû me passer de ce bonheur simple et qui va de soi.

Et j’avais oublié…

J’avais oublié que cela aurait pu être si facile, si simple.

Alors, quand je l’ai vue, ELLE, si fière avec son nourrisson de quelques jours, je l’ai enviée. Le petit pincement au cœur.

J’ai cherché pendant quelques secondes et j’ai compris que ce n’était pas son bébé tout neuf puisque j’avais le mien qui dormait paisiblement dans son cosy à quelques centimètres de moi. Ni même sa « grande » famille de trois enfants puisque j’ai toujours voulu avoir un seul enfant.

Non, j’ai envié sa félicité, ce bonheur facile.

Je savais déjà en écoutant les PMEttes ayant quitté le quai et/ou en lisant leur blog qu’on ne guérissait jamais. Même avec son/ses miracle(s) dans nos bras. Mais je n’avais pas encore pris la mesure de ce qu’elles affirmaient jusqu’à ce que mes yeux tombent sur cette scène.

P.S. : Micheline, ce billet t’es dédiée. Ton commentaire m’a fait repensée à cette scène 😉

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Auteur :

Grande blogueuse devant l’Éternel. Tombée dans WordPress quand elle était pet... Non quand elle a appris que ça ne serait pas du coton pour procréer. On était en 2008... Depuis, elle a eu un Plumeau grâce à une FIV IMSI. Depuis, elle continue d'écrire ici sa vie de maman et d'apprentie écrivaine.

13 commentaires sur « Un bonheur simple qui rentre dans l’ordre des choses… »

  1. J’espère que ça nous donne aussi un sentiment de bonheur bien mérité, avec ce pincement au coeur… J’espère au moins que ce long parcours permet de mieux relativiser, de mieux réaliser cette chance… Je me sens toujours un peu en colère de tant galérer, j’aurais tant aimé penser que ça passerait, mais ton témoignage montre que non, et moi même, je crois que je n’y arriverais pas non plus…

  2. En tout cas ce long parcours permets de relativiser sur pas mal de choses. Je n’ai plus de colère mais en voyant cette femme j’étais un peu triste d’avoir dû tant galérer pour un truc tout simple. Mais ce qui est sûre c’est qu’avec un bébé on n’arrête de ressasser sur nos galères, ça c’est promis juré ! Non parce qu’il arrive toujours à trouver le moyen de t’arracher à tes pensées tristes ou amères 😉

  3. Je te comprends. De mon côté, j’en ai fini avec les pincements au coeur en voyant des femmes enceintes. Je suis « une » femme enceinte. Et avec ce beau temps, manteau ouvert pour la première fois, j’ai réalisé que je pouvais en faire souffrir plus d’une et ça m’a gênée. En même temps je suis si heureuse, j’en ai tellement rêvé et j’ai tant attendu. Par contre, j’ai beaucoup beaucoup de mal avec les mères, pas de nourrissons mais de jeunes enfants. Je ne me sens pas de la même planète. J’ai le sentiment d’être à part. Pas anormale, mais pas pareille… Très bizarre. oui, la pma laisse des traces, mais la grossesse a, chez moi, effacé beaucoup de traces. En surface sûrement puisque je ressens ce genre de choses bizarres, mais ça me permet déjà de savourer le moment présent. Profite bien du plumeau ! (on nous ressasse tellement que « ÇA PASSE SI VITE »… bisous

    1. T’as pas finie de te sentir outsider alors…
      non parce que j’ai eu de gros moments de solitudes à la PMI et en crèche lors de l’adaptation du petit trésor. J’avais qu’une hâte me barrer mais je ne pouvais pas sinon j’étais une mauvaise mère !
      Et le George qui me dit « Mais je ne peux pas le faire l’adaptation parce que toutes ces femmes… C’est un endroit féminin, c’est plus fait pour toi ! »
      Oui mais non…

  4. Ça m’attriste de dire ça mais…..ton article me rassure.
    Il me rassure car je pensais vraiment que le fait (c’est super concret pourtant) d’être enfin enceinte me ferait basculer dans le tout bonheur…. Et je me rends à l’évidence chaque jour, je ne r

    1. (Je termine mon commentaire parti à l’arrache): je ne parviens pas à être heureuse, légère comme ces futures mamans que je croise. Persuadée d’un drame à venir, persuadée que j’ai eu déjà trop de chance jusqu’à là bref….. Pmette for ever. Ces cicatrices restent, ouvertes au début mais tjrs visibles même sur la durée….

      1. Effectivement je n’ai pas pu/su avoir de grossesse sereine. Je n’ai jamais fait de natation à la piscine avec mon gros ventre (peur d’un choc), pas osé danser à un mariage (j’avais encore des pertes de sang à cause du décollement), j’ai cru à des contractions après avoir nagé à la mer (douleurs ligamentaires) donc j’ai limité mes déplacements dans l’eau (moi qui adore l’eau), je n’ai pas fait de yoga prénatal (c’était mon rêve) par peur de déclencher un truc. Bref, je n’ai pas profité comme je l’ai voulu comme je l’ai idéalisé mais… j’ai su relativiser car tout ce qui comptait c’était d’avoir un bébé en bonne santé et quand j’ai enfin pu relativiser c’était la fin de la grossesse et du coup c’est là que j’en ai profité : faire un peu de shopping, des petites balades, restaurants dans la mesure de ma condition physique lol

  5. Bizarement je ne trouve pas cela etonant ou triste. C’est comme ca. C’est votre histoire et elle est diiferente de ce « ordre des choses qui viennent d’elles memes ». Reste à reussir à vivre de facon apaisée et sereine avec. Là c’est loin d’etre simple. Bref, je pense pas qu’on publi les epreuves et combats de vie, on les apprivoise et on essaye de se reinserer dans la « norme » (la majorité) tout en ayant son histoire. Rebref, je m’y attend. Bises

  6. Mon miracle est encore dans mon ventre et pourtant j’ai déjà aussi fait l’expérience du pincement au cœur pour 99% des grossesses que j’ai appris depuis (oui certaines me font vraiment plaisir lorsqu’il s’agit de personnes très proches ou de pmettes).
    Toujours ce petit goût amer dans la bouche de ne pas avoir réussi ce qui est comme tu le dis « dans l’ordre des choses ».

  7. Ça me rassure un peu ce billet. J’ai avoué il y a peu à mon homme que j’étais jalouse de sa cousine qui venait d’accoucher… Son bonheur « surfait » m’énerve… je sais pas tout paraît tellement facile pour elle… en plus, elle a choisi un prénom presque identique à celui que je vais donner à ma fille… Enfin bref… elle m’énerve… et je sens bien qu’il n’y a rien d’objectif dans ce que je ressens… juste ce côté bisounours qui m’exaspère… elle a eu une grossesse de reve, et un accouchement pareil et j’ai l’impression qu’elle me le balance à la tête en permanence. .. pfff (merci ça fait du bien d’en parler^^)

    1. Rhaaa ! Je comprend ton énervement et bien sur elle t’a quasi piqué le prénom que t’avais choisi bien avant qu’elle se décide a lancer le projet bébé ! Bref tu t’en fous. Donnes le prénom que t’as choisi

  8. très beau poste Plume, je m’y reconnais à 100% . Oui meme avec nos bonheurs avec nous, la blessure restera, il y aura toujours une petite pointe au coeur face à celles pour qui tout était « facile » : la conception, la grossesse, l’accouchement … Mais le bonheur reste quand même, il faut juste apprendre à vivre avec, comme un deuil qui se guérit doucement …

  9. Oui Plume, je me retrouve tout à fait dans ton commentaire. Je pense que ça s’atténue quand même un peu avec les années, quand ton bébé devient un enfant. Là tu es comme tout le monde, et tout le monde galère avec son petit monstre 😉 donc tu oublies. Et PMA= grossesse= bébé. Même pour reprendre un traitement bb2 au départ c’est plus facile. Mais quand les mois passent et que tu galères à fond, que des fois tu n’arrives plus à t’occuper de ton petit tellement tu es fatiguée, là oui la plaie est bien présente à nouveau. Bisous

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