Publié dans Des choses et d'autres

Bon ben… J’ai allaité… Et l’expérience ne fut pas concluante

L’allaitement je savais que ça serait dur.
Mais j’étais loin de m’imaginer à quel point.

Le ton est donné. Ce fut un échec total. Et, je pèse chaque mot.

Les mauvaises (Leche) Leagues (jeu de mot inside, seras-tu le retrouver ?) diraient sûrement que c’était parce que j’étais partie avec un mauvais a priori sur l’allaitement.
Je rétorquerais, qu’en fait, tout a été fait, pour le favoriser cet allaitement.
Une mise au sein la plus rapide possible malgré une césarienne : Plumeau a été collé à mon nibard à une heure de vie seulement.
Malgré mes craintes, j’ai été très bien conseillée et entourée durant ma phase d’apprentissage lors de mon séjour (j’y reviendrai). Le George a été encouragé dès le début à s’impliquer pour m’aider.
Nous avons reçu moult conseils et astuces pour faire téter un Plumeau quelque peu… feignant (oui, il faut le dire). Ce dernier a été vigoureusement stimulé durant les tétées (Mossieur ayant une fâcheuse tendance à s’endormir dès qu’il était collé au téton).

Fatigué… On a dit

Donc je n’ai pas été « abandonnée ». Loin de là…

Ma production de lait n’a pas été défaillante non plus. Et pourtant, je le craignais vu ma toute petite poitrine. Je suis donc la preuve vivante qu’une poitrine hypoplasique (oui, oui, ça existe) est capable de produire suffisamment.

Bref, en quittant la maternité, j’étais plutôt confiante et décidée à continuer même si j’avais dans l’idée d’introduire un biberon de temps en temps pour passer à un allaitement mixte (ce qui était mon souhait depuis le départ afin de procurer le plaisir au George de nourrir également son enfant) une fois que les choses seraient bien installées. Je planifiais de le faire deux semaines après  mon retour à domicile (dans l’idéal).

Mais en fait, dès le départ, Plumeau avait donné le ton. Lors de la tétée d’accueil à une heure de vie donc, Plumeau préférait dormir. Nous avons décidé de le laisser faire puisqu’il semblait très fatigué par sa naissance. Il a fallu attendre 3h de plus pour commencer à s’inquiéter. Une mesure de sa glycémie a montré un taux de sucre un peu trop bas. Il a donc été vigoureusement réveillé et re-collé à mon sein. Impossible pour lui de téter face à mon petit téton difficilement préhensible pour sa bouche. La tétée d’accueil s’est soldée par l’ajout d’un embout en silicone et une sonde avec du lait maternisé.

Là, j’aurais dû comprendre, malgré la confiance inaltérable de l’équipe de puéricultrices. J’aurais dû comprendre que si dès le départ c’était une telle galère, c’est que ça ne serait pas prêt de s’arranger.

Mais « encouragée » et prise dans l’action, j’ai continué à allaiter durant tout mon séjour. Ayant toujours une puéricultrice disponible pour m’aider à la mise au sein, j’ai continué jusqu’à la montée de lait. Un puériculteur (ben oui, c’était un homme) m’a même prêtée un embout siliconé magique. J’ajoute que se faire tâter les nibards par un homme relève quand même d’une bonne volonté de ma persévérance… Ce dernier a manipulé le Plumeau pour le réveiller d’une telle façon que j’avais l’impression qu’il le préparait pour le prochain vol spatial…

« Il faut le stimuler votre bébé »…

Ça, il a été stimulé le Plumeau ! Tout le monde s’y est mit. Des fois, même, il y avait pas moins de trois personnes en même temps pour le faire : moi, George et une puéricultrice. Ma belle-mère, un de mes beaux-frères ont même mis la main à la pâte.

Ma persévérance, je vous disais… J’ai totalement nié ma pudeur. (En même temps, en étant passée par la case PMA… M’enfin bon, j’avais pas trop envie de montrer mes nibards à ma belle-famille. Mais passons !)

Au bout de 24h, après une légère perte de poids du Plumeau somme toute très normale à ce stade, ma mère et ma belle-mère conjointement ont commencé à exprimer beaucoup de réserve sur l’efficacité de l’allaitement. Pas parce qu’il avait maigri mais parce que c’était anormalement laborieux.

Ma mère : « Je crois que Plumeau est comme toi. Téter au sein, ça le gonfle… Si tu arrives tant mieux mais bon… »

Ma belle-mère : « Il n’y arrive pas. Faut leur demander un biberon sinon il va maigrir ! »

Les deux ont été déboutées par moi et le George.

On a persévéré donc. On était persuadés que ça finirait par payer. On s’était dit qu’il finirait par se remettre de sa naissance et que dès qu’il retrouverait un peu de vigueur, ça roulerait tout seul.

Tu parles…

La veille de mon départ, un Plumeau ayant repris un peu de poids (100g), c’était toujours la croix et la bannière pour la mise au sein (et c’est peu de le dire !). Un Plumeau qui hurle, s’agite, détourne sa tête face au téton, me griffe le téton au passage, me file des coups aux seins gonflés (toujours en pleine montée de lait bien sûr, sinon ce n’est pas drôle) et des coups de pieds dans la cicatrice de la césarienne (tant qu’à faire, hein !)…

Autant vous dire que malgré le peau à peau, mon infinie patience, j’ai commencé à douter de la véracité du lien mère-enfant exceptionnel promis par l’allaitement (la chose soit disant la plus naturelle au monde, ça dépend pour qui, hein !). Déjà je ne vois pas comment il peut y avoir un quelconque lien puisque le visage du bébé est collé face au sein. Comment peut-il y avoir un échange de regards ? Mais bon, passons sur cette parenthèse…

Donc, je reviens sur l’épisode de la veille de mon retour à la maison. J’ai fini par appeler, bien décidée à demander un biberon salvateur. Le seul moment où je me suis découragée. Comment ne pas se décourager lorsqu’une envie de jeter le bébé dans son petit landau m’a étreinte ?

J’ai eu peur. Il fallait arrêter les conneries. Il fallait un biberon tout de suite.

En entrant dans ma chambre, la puéricultrice m’a retrouvée en pleurs, le Plumeau hurlant dans mes bras.

« Et eeuuuh… (snif)… Je pourrais pas avoir un biberon là (re-snif) ? Non parce que là… (re-re-snif) ça fonctionne pas quoi… (gros snif) »

Habituée à la détresse de toute jeune mère débutante en allaitement, elle a été adorable, m’a réconfortée, s’est adressé au Plumeau, m’a encouragée à continuer parce que « c’est très dur l’allaitement mais c’est tellement bien une fois mis en place ».

Ok, bon, je continue. Surtout qu’elle et moi, on a finit par trouver LA position qui m’a permis une mise au sein rapide (2 minutes de lutte au lieu de 20 minutes, ça compte hein !). LA position me conférant enfin un peu d’autonomie. J’étais donc capable de le mettre au sein toute seule comme une grande (sans appeler au secours avec la sonnette magique). Il s’agissait de la position allongée.

Bref, j’ai continué.

J’ai continué, une fois revenue, chez nous. Une tétée toutes les 4h environ, en plus, aidée par le George (exemplaire le George, il faut le souligner).

Tout semblait rouler donc.

J’avais pris rdv à la PMI de ma ville pour la pesée du Plumeau. Les infirmières puéricultrices ont trouvé dommage que je ne maîtrise qu’une seule position et étaient décidées à m’aider à trouver la voie pour les autres (ne serait-ce que celle assise sur un canapé par exemple… C’est mieux pour regarder la télé). La pesée a révélé que le Plumeau, loin d’avoir repris son poids de naissance, avait fondu !

Et là, ce fut le drame. Je l’ai très mal pris. Grosse crise de larmes. Mon Plumeau était en train de s’affamer en silence, et je ne l’avais même pas vu.

Ma crise de larmes a duré deux jours (et deux nuits). Baby blues ?

Bref, décision a été prise d’introduire l’allaitement mixte plus tôt que prévu. Histoire d’assurer une bonne alimentation en quantité et de quand même maintenir l’allaitement pour le sacro-saint lien mère-enfant (enfin, je ne le voyais toujours pas ce fameux lien exceptionnel mais j’étais encore confiante, me suis dis que ça viendrait plus tard).

En toute hâte, nous nous sommes rendus en pharmacie où on acheté un biberon Dodi*-MA* et du lait Gall*. Dès le premier biberon, le Plumeau s’est jeté dessus et a ingurgité les 60 ml. Je lui ai proposé en dessert mon sein droit  qu’il a pris aussi.

Ce fut la dernière tétée.

Au cours de la nuit qui a suivi, impossible de le remettre au sein. On a continué au biberon. Mes seins se sont remis à me faire très mal. Forcément…

D’allaitement mixte, je me suis retrouvée à un sevrage brutal. Imposé par le Plumeau. C’est vrai que c’est quand même plus facile le biberon que le sein.

L’infirmière puéricultrice de la PMI est venue me rendre visite, a constaté le sevrage brutal, a tenté (vainement) de m’aider à placer le Plumeau au sein, confiante dans le fait que c’était toujours possible, à ce stade, de remettre en place l’allaitement, et…  a échoué bien entendu.

Bref, j’en ai été quitte pour vider mes seins sans stimuler la production de lait.

[Se traire soi-même, c’est sympa, je vous le recommande…]

Je me sens solidaire de la vache laitière

Ah, et puis le fameux médoc pour stopper la montée de lait, vous pouvez l’oublier, hein ! J’ai été voir mon généraliste. Ce dernier s’est montré très réservé sur la prescription du-dit médicament. Médoc ayant de tels effets secondaires (cardiaques, tensions, psychiatriques même il parait), que le généraliste a refusé direct de me le prescrire.

« Faut bander tes seins ! et bon courage ! » qu’il me dit…

Ouais, sauf que l’infirmière m’a dit de ne surtout pas le faire.

« Faut manger du persil… » qu’elle m’a dit.

« Ah et puis, faut appliquer une feuille de chou vert sur vos seins »

De mieux en mieux…

Vais aller chez mon maraicher du coup, hein !

En être réduite à des remèdes de grands-mères pour stopper l’allaitement … Au 21ème siècle…

Et Moulinex, ça ne libère pas les seins ? NAN ?

Bref. J’ai allaité… Et ça n’a pas marché.

Et tant qu’à enfoncer encore plus le clou… J’ose même déclarer que l’allaitement a mis à mal mes premiers moments avec le Plumeau. C’est sûrement pour ça que j’ai pleuré non stop durant deux jours et deux nuits (le baby blues il a bon dos…).

Avouez que c’est quand même ballot de se crisper dès qu’on vous prenez votre enfant dans vos bras, fruit d’une longue lutte PMEsque, parce qu’il faut l’allaiter…

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Auteur :

Grande blogueuse devant l’Éternel. Tombée dans WordPress quand elle était pet... Non quand elle a appris que ça ne serait pas du coton pour procréer. On était en 2008... Depuis, elle a eu un Plumeau grâce à une FIV IMSI. Depuis, elle continue d'écrire ici sa vie de maman et d'apprentie écrivaine.