Publié dans A propos de nulliparité

Je me demande aussi (encore et toujours)

Aujourd’hui, j’ai été inspirée.

[Parce que depuis quelques temps, je le suis moins pour venir ici.]

Je me demande combien d’autres cheveux blancs je vais encore découvrir sur mon crâne (la semaine dernière, j’en ai découvert trois en moins d’une minute et j’ai eu envie de mourir).

Du coup, je me demande quand je vais découvrir le premier poil pubien blanc…

Pour moi, le poil pubien blanc est considéré comme le summum de la vieillardise et c’est difficilement compatible avec la procréation. En gros, ça sent la fin des haricots. Et ne me demandez pas pourquoi je pense que c’est le poil pubien blanc qui marque le seuil et non le cheveu blanc ?

Je me demande si, un jour, j’aurai un enfant. Quand ? Comment ?

Tous les jours. En me rasant devant ma glace en me brossant les dents…

Je me demande, dans le cas où j’aurais jamais d’enfant, si j’arriverais à re-aimer Noël et mon anniversaire.

Je me demande si je ne suis pas en train de me fourvoyer à faire des IAC, alors que j’arrive à 38 ans et que ma fertilité est déclinante, alors que mon George a toujours une bonne proportion d’atypie dans son sperme de ses couilles toutes neuves.

Je me demande si j’aurais la force physique de refaire une cinquième FIV (putain cinq !).

La réponse est oui : j’ai jamais eu d’effets secondaires désagréables.

Je me demande si j’aurais l’envie de refaire une cinquième FIV.

La réponse est non.

Je me demande si un jour, on arrivera enfin à partir en voyage de noces aux States et si ça sera pour cet été. Et en même temps, si ce rêve-là se réalise, ça voudra dire que l’autre (celui d’être en cloque) ne se sera pas réalisé.

Je me demande si un jour je me regarderais dans un glace et que j’y verrai un gros bide.

Je me demande si un jour je sentirais bouger un fœtus à l’intérieur et quel effet ça ferait.

Je me demande si un jour j’accoucherais.

Je me demande si j’arriverais à avoir assez d’endurance pour supporter des nuits en pointillée parce qu’un nourrisson pleurera. Je me demande si j’aurais eu bien plus de cette endurance si j’avais pu avoir un enfant plus jeune.

Du coup, je me demande si je ne regretterai pas « d’avoir fait comme tout le monde » quand le lardon bramera à 5h47 du matin un dimanche et que je ne repenserais pas avec nostalgie à nos levers très tardifs avant de partir faire notre footing en amoureux.

Je me demande si le fait d’avoir un lardon ne va pas entraîner une séparation entre le George et moi.

Moins de temps pour nous deux, grand bouleversement dans notre existence pépère de nullipares… tout ça.

Je me demande si j’aurais assez de patience pour élever un enfant maintenant que je sens que la jauge « patience » est à sec. Maintenant que je me sens « usée ».

Je me demande qu’est-ce que ça me ferait d’annoncer à tout le monde que j’attends un heureux événement. Je me demande si ma famille (et belle-famille) ne va pas croire à une farce si on fait l’annonce un jour.

Je me demande qu’est-ce que ça me ferait de me promener avec une poussette.

Je me demande si, un jour, j’aurais l’outrecuidance de lancer d’un ton sec à une jeune femme « Oui, mais tu vois, toi, tu ne peux pas comprendre, tu n’as pas d’enfant ».

Que je sois foudroyée sur place si un jour je devais prononcer cette phrase…

Je me demande si dans le prochain album photo du prochain quinquennat de la vie du couple Plume et George , il y aura un mouflet dedans.

Je me demande…

Je me demande…

Je me demande…

P.S. : t’as raison, ce genre de post, c’est du pain bénit pour l’inspiration 😉

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Auteur :

Grande blogueuse devant l’Éternel. Tombée dans WordPress quand elle était pet... Non quand elle a appris que ça ne serait pas du coton pour procréer. On était en 2008... Depuis, elle a eu un Plumeau grâce à une FIV IMSI. Depuis, elle continue d'écrire ici sa vie de maman et d'apprentie écrivaine.

34 commentaires sur « Je me demande aussi (encore et toujours) »

  1. Je pense qu’à part vivre au jour le jour il n’y a pas grand chose à faire… Si seulement la vie était prévisible

    Je te souhaite de tout coeur de trouver l’envie de retenter une FIV (en espérant que ça marche avant aussi), je te souhaite de porter un futur bébé 9 mois, de sursauter à ses mouvements imprévisibles et parfois pointus, je te souhaite de porter dans très bras ce fruit de votre amour, et de te réveiller la nuit pour partager avec ce petit être des moments de complicité

    Des bisous et des pensées pour toi en cette période difficile !

      1. Je suis désolée de cette nouvelle et j’espère que l’opération se fera dans de bonnes conditions et qu’elle fera du mini un petit garçon en pleine santé. C’est étonnant que ce trou n’aies pas été vu avant. Bises

  2. Comme je te souhaite tout cela… Et même dans les pires tourments, même à 5h on ne regrette pas… J’ai vu ton commentaire ce matin et je crois qu on y crois toujours pour les autres et jamais pour soi même

  3. Je me sens moins seule en te lisant, avec toutes mes questions… Parfois le désir d’enfant est si grand que j’ai infiniment peur d’être déçue… Mais je dis ça et 3 min plus tard, je me dis « noooon, pas possible, c’est mon rêve le plus cher »… Mais qui sait… C’est la démarche PMA qui fait que ton saut inconscient vers la maternité devient pleinement conscient (vu toutes les démarches), et forcément, tu flippes beaucoup avant…

  4. Bon ben j’ai pleins de trucs à te répondre:
    -Tu n’aura qu’à pas annoncer la bonne nouvelle à ta famille et belle-famille. Laisse les te poser la question quand ils verront que t’as pris du bide et que c’est louche …
    -Moi je crois que plus on vieillit plus on est patient.
    -Je crois que même les gens qui ont des gosses et qui vieillissent , aiment de moins en moins fêter leur anniversaire. Avec ou sans gosse les gens aiment pas vieillir
    -Je crois que t’as pas envie de faire la 5ème fIV, mais personne n’a envie de faire une FIV de plus. Mais tu la fera quand même, comme moi je ferait quand même ma prochaine FIV, parce que même si on en a pas envie, on a pas le choix. Et qu’il vaut mieux ça que d’avoir des regrets plus tard….
    -Je crois si IAC3 se termine mal, tu dois aussitôt organiser ton voyage de noces, bordel! Et je te l’ai déjà dit. Et tu partira au printemps prochain nom d’une pipe. Et après tu fait la suite de la PMA que tu aura à faire!
    -Je crois que tu sera une maman merveilleuse.

    Gros bisous

    1. FIV5 je veux pas la faire. Tu sais comme moi que ça foire toujours à un moment ou à un autre. Et quand on parle de foirade c’est pas de test négatif à la PDS, c’est se retrouver sans réelle chance.
      Je me rend compte que je me mets trop la pression sur cette IAC3. Un peu comme pour le cycle précédent le départ du protocole en fait. J’ai envie d’être « une connasse miraculée » dixit sur un blog de PMEtte qui appelle les nanas qui passent au travers de la vraie PMA car elles tombent enceinte juste avant la FIV..
      Gros bisous ma Rose

  5. Petite plume, l’âge n’a jamais été un pb pour moi jusqu’à ce que je sois confrontée à l’infertilite … Avoir 40 ans n’est pas un pb en soi… quand on a déjà des enfants … le jour où tu seras enfin maman, tu seras heureuse tout simplement… et je pense que toutes ces questions n’auront plus lieu… alors vivement 🙂

  6. trop de demandes moi je dis. La vraie question, l’unique n’est-elle pas : Que veux-je vraiment ? (ou en langage courant : p’tain mais k’est ke j’veux ?). Que veux-tu ma plumette ? Moi, ma réponse est clair, un bébé, tout le reste n’est que blabla et diversion. Je n’ai pas du tout envie d’écarter de nouveau les jambes à tout bout de champs (autre que sexuel) mais quand je vois une petite frimousse dans la rue, mon coeur fond, mon coeur saigne et là je sais que c’est ça. Ton rêve à toi, c’est quoi ?

    1. Ben justement, en ce moment, je ne vois que les mauvais côtés de la maternité et pourtant il y a cette douleur sourde lancinante à chaque fois que je vois une gestante ou à chaque fois que je sens qu’elles se pointent (les règles).

  7. J’en ai les larmes aux yeux. Toutes ces questions, je me les pose en boucle chaque jour que Dieu (s’il existe…) fait… vivement que l’on nous libère de toutes ces interrogations aliénantes ; on va y arriver, j’en suis sûre. Courage…

  8. Je te propose un petit exercice (que je ferais bien de faire moi-même): imagine-toi à 80 ans, et raconte-toi la vie que tu as eue – et écoute ce que ressens cette Plume de 80 ans et comment elle se revoit peu avant sa quarantaine: quel conseil elle voudrait te donner?
    Et après fais-toi confiance. C’est ta vie, et tu en feras ce que tu peux en faire de mieux, en fonction des cartes qui te sont distribuées.
    Bises belle Plume

  9. Chez moi les premiers cheveux blanc sont apparus discrètement il y à bientôt 15 ans, j’ai commencé à faire des mèches pour camoufler un peu a l’été 2011, et en avril dernier à l’attente du verdict du tec je me trouvais tellement affreuse que je ne me voyais pas supporter un nouveau résultat négatif avec autant de cheveux blancs, donc 3 jours avant j’ai fait une couleur chez la coiffeuse, la première de ma vie. Attention sans ammoniac hein. Et le test à été positif. Et quand j’ai appris qu’il y avait des vrais jumeaux, j’ai eu peur que ce soit a cause des produits… Quelle patate.

  10. ton billet est tellement émouvant…
    c’est tellement sain de se demander comment ça va se passer le jour où le + est là et de ne pas se dire que ça sera tout rose et tout bonbon… mais je suis sure que si ça doit venir (Ce que je te souhaite tellement, si tu savais !!!!) tu ne regretterai rien et tu serais juste PARFAITE (bon d’accord, avec quelques petits défauts… mais on s’en fout 😉
    Et perso, même avec ma bébé, j’aime plus Noël… la PMA a détruit ça…

  11. Moi je te souhaite une bébé et je suis certaine que tu deviendras une chieuse qui parle que de son bébé et que même tu diras aux autres « tu peux pas comprendre », je te le souhaite!!

  12. Moi j’ai passé plein de temps, hyper concentrée devant un petit tas de marc de café à essayer de deviner l’avenir. J’ai aussi payé quelques voyantes (mais ça puait à plein nez l’arnaque). Et j’ai jamais réussi à deviner la réponse.

    Moi je l’ai pas faite cette 5ème FIV, et moi non plus j’avais pas tellement d’effets secondaires désagréables (le « bon » coté d’être une petite (ré)pondeuse) mais j’ai la nausée rien que d’y penser.

    1. Oui en fait ces « non chances » te traumatisent. Alors que je ne me plains pas de me lever aux aurores pour PDS et Echo pour lancer IAC 3. Je sais que la il y aura qualité ovocytaire. Faut pas le faire chier mon corps ! Bisous

  13. Punaise Plume, je ressens tout pareil que toi, ca fait presque peur. Par contre vous et le ninou êtes encore jeunes, ok ?

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