Publié dans A propos de nulliparité

Féminité et souvenirs d’enfance #3

J’ai 10 ans et des poussières.

Je suis dans la cour de récréation. Il n’y a pas grand monde car la plupart des élèves sont partis. On est en fin de journée.

En face de moi, il y a un garçon de ma classe sur qui je suis en train de me moquer ouvertement.

D’habitude c’est l’inverse, c’est toujours de moi qu’on se moque mais là, j’innove. Je le traite de gros et de chinetoque. La garçon est asiatique et un peu enrobé.

C’est con un gosse des fois et ce jour-là, je l’ai été. La défense du garçon ne s’est pas faite attendre trop longtemps. Une réponse de garçon : un violent coup de pied.

Suffisamment violent pour me couper le souffle et me faire tomber à genoux sur le sol. Le garçon est parti en me disant que ça m’apprendrait.

J’ai mis un moment à me relever. Mes mains étaient encore collés à mon entrejambe. Si j’avais été un garçon, ce coup de pied aurait été possiblement préoccupant. Mais heureusement, j’étais une fille (je vous rassure, je le suis toujours !).

Mais comme j’avais très très mal, mes parents m’ont quand même amenée très vite chez le médecin. J’avais une ecchymose rougeâtre énorme sur le pubis. Ce dernier avait gonflé, ainsi que l’aine et la moitié de mon sexe. Un sexe déformé tellement le gonflement était intense (tu vois, Loosequeen, j’ai pas vécu d’hyperstimulation, mais l’intimité déformée et gonflée, je connais).

vahiné c’est gonflé !

Le médecin a dit « Ah ! C’est ennuyeux quand même. C’est très très mal placé« . Cette phrase m’a fait flippée. A 10 ans et des poussières, j’ai commencé à me demander si ce coup de pied n’aurait pas une incidence fâcheuse pour plus tard. Est-ce que je pourrais toujours faire des enfants ?

Il aura fallu une bonne semaine pour que je dégonfle. Mon énorme bleu passera par toutes les couleurs de l’arc en ciel : rougeâtre, violacé, noirâtre, bleuâtre, verdâtre, jaune…

Je serai surtout taraudée par cette question lancinante : est-ce que je vais pouvoir avoir des enfants ?

L’angoisse atteindra son apogée lorsque un mois plus tard dans le miroir de la salle de bain, je découvre que mon pubis est beaucoup plus saillant qu’avant le coup de pied. Je vois cette nouveauté comme une confirmation que le coup de pied va avoir des conséquences désastreuses sur ma fertilité. Je cours en pleurant dans la chambre de mes parents et je leur montre le renflement que fait mon pubis.

Mes deux parents restent perplexes mais pas alarmistes non plus. Effectivement, ils constatent que le pubis est un peu plus proéminent. Point barre. Ils me rappellent que si ça avait dû être un problème pour faire un bébé, le médecin m’aurait envoyé faire des radios ou à l’hôpital. S’il ne l’a pas fait c’est que c’est bon.

Je suis moyennement rassurée et je continue à pleurer longtemps sur cette nouvelle monstruosité. En effet, je suis bien punie.

Beaucoup plus tard, alors que je suis en fac de médecine je découvre dans un livre que lors de la puberté, chez la jeune fille, l’os pubien devient plus proéminent.

Ce qui m’était arrivée était donc normal et faisait parti du processus de mon évolution de petite fille à femme. Le hic ! C’est que c’était tombé en même temps que ce coup de pied violent… Et puis mes parents ne se l’expliquaient pas vu qu’ils ne sont pas médecins. Je les soupçonne même de s’être inquiétés par rapport au coup de pied mais de n’en avoir rien dit.

Bref. si j’avais pu parler à cette gamine de 10 ans à se reluquer l’énoooorrrrme pubis dans le miroir. Je lui aurait certifiée qu’elle n’avait pas d’inquiétude à se faire. Elle aurait des enfants.

Mouais… Enfin, je vais pas lui dire non plus qu’elle se marierait avec OATS-man.

Ce qui est sûre c’est que j’ai certainement l’os pubien le plus costaud qu’il soit.

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Auteur :

Grande blogueuse devant l’Éternel. Tombée dans WordPress quand elle était pet... Non quand elle a appris que ça ne serait pas du coton pour procréer. On était en 2008... Depuis, elle a eu un Plumeau grâce à une FIV IMSI. Depuis, elle continue d'écrire ici sa vie de maman et d'apprentie écrivaine.

4 commentaires sur « Féminité et souvenirs d’enfance #3 »

  1. Une fois à 10 ans, j’ai voulu mettre un coup de pied dans le genou à un garçon avec qui je me disputais. Mais ce con a bougé et mon pied est allé direct dans ses bourliches. Peut-être qu’aujourd’hui, il est en PMA à cause de moi. Purée, je m’en veux.

  2. Quand tu parles avec des nanas, c’est fou le nombre qui est persuadée depuis longtemps qu’elle peut pas avoir d’enfant ou aura des difficultés. J’ai moi même ce sentiment depuis longtemps et ça s’est avéré vrai. Est ce que c’est une prémonition ou une crainte qu’ont toutes les filles? En tout cas, c’est bien dommage que tu n’aies pas pu être rassurée à l’époque 🙂

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