Publié dans A propos d'écriture

Ecrire le mot FIN

Je me suis rendue compte dernièrement que j’avais du mal à finir mes écrits. En fait c’est un peu comme dans la vraie vie en PMA. Je n’en vois pas la fin. Je stagne.

Pour mon Bordel, la fin reste à écrire mais ça ne vient pas.
Pas grave je ne me décourage pas et j’attaque la nouvelle pour le concours de polars. Même que mon idée est super bonne et super chiadée (je dis ça en toute modestie) sauf que…
Sauf que, là aussi, les deux dernières pages ont nécessité trois fois plus de temps que les huit premières pages et que la fin qui a été écrite je la trouve juste nulle à chier (là aussi, je dis ça en toute modestie).

S’en est suivie une pause assez longue qui tombait bien puisqu’il fallait faire la rentrée PMA et taffesque.

Bref ! J’ai encore jusqu’au 31 octobre pour la nouvelle polar mais bon… Je patine, je patine comme dans la vraie vie en fait : ma vie pleine de contre-temps…(d’ailleurs un autre contretemps vient se rajouter à la liste…)
Et pourtant, une fin est plus facile à écrire pour une nouvelle que pour un roman. Il faut produire un effet de surprise notamment pour un polar.
Pour les romans, tout est possible : ça va de la fin « happy end » genre distribution de prix pour les personnages méritants (la veuve retrouve un mari, l’orphelin est héritier d’un oncle d’Amérique etc.) à la fin tragique ou jusqu’à une fin dite « ouverte » (on laisse le lecteur se démerder avec une fin qui n’en ait pas une ! A lui d’imaginer ce que les personnages vont devenir : hyper tendance !).

Pour ma nouvelle polar du concours, j’ai imaginé une fin toppissime : la dernière phrase ou le dernier paragraphe va faire réaliser au lecteur qu’il est complètement passé à côté d’un truc capital (exemple typique : le meurtrier c’était pas Simon qui a toujours paru louche mais Luc à qui on donnait le bon dieu sans confession).

La fin typique d’un polar et quand c’est une Nouvelle, en général, le must c’est d’arriver à faire comprendre au lecteur à la toute fin. Presque au dernier mot. Et là, le lecteur, il se dit qu’il s’est bien fait avoir par le narrateur mais il adore ça et c’est pour ça qu’il aime lire les polars (doit être un peu maso). Le lecteur a même envie de relire l’histoire pour voir si dans certains passages il aurait pu deviner que c’était Luc le salaud et non Simon…

Vous suivez ?

Donc, moi je rêve d’une fin comme ça et comme l’intrigue est particulièrement chiadée, cette fin génialissime est censée pousser le lecteur à tout relire (en même temps c’est que 10 pages hein ?) et là il va en appréciait tout le sel.

Une Nouvelle « à double lecture » : d’abord la lecture en 2D (si je puis me permettre cette analogie), puis l’info capitale révélée qu’à la toute fin et du coup ça pousse le lecteur à relire avec les lunettes 3D…

Cool, me direz-vous (enfin peut-être pas…) sauf que ma fin n’est pas claire, presque tombée comme ça sans aucune saveur… Même pas sûr à la première lecture qu’un lecteur lambda saisira la révélation ultime et même s’il comprend il va me balancer un « BOF ! » et m’enverra balader avec mes 10 pages. Et il aura bien raison…

Voilà, je sèche…

Hier au soir (parce que j’étais tellement déprimée que j’avais décidée de faire la grève de la faim mais heureusement Ninou m’en a dissuadée…) je m’étais couchée et j’ai re-feuilletée l’essai de David Lodge (L’Art de la Fiction). Le gars, il donne plein de conseils pour écrire, avec des effets de style et des mécanismes pour amener le lecteur à avoir telle ou telle impression. J’ai donc relu le passage intitulé « la fin » justement pour savoir comment écrire la fin. Là, j’ai appris qu’effectivement c’était une des plus grosses difficultés que rencontrait un écrivain débutant. Ok, normal, dont acte ! Après divers exemples, tout ça, ça m’aide pas beaucoup pour finir la Nouvelle.

Quant au Bordel, idem, faut m’y remettre. La fin est dans ma tête mais la moyen de le transcrire va être très compliqué.

Toujours pour en revenir à la fin, je ne peux m’empêcher d’y voir cette mini-série du Casino calquée sur ma vie PMAesque qui n’en finit jamais au risque de faire s’essouffler la série. On en a tous vu des séries super géniales (comme Ally Mac Beal par exemple) qui se sont bien essoufflées dans les dernières saisons et qui finissent avec des fins précipitées genre « distributions de prix » (mariage etc.). La fin c’est juste essentiel.

Savoir finir ! Donner le point final qui apporte toute la beauté à quelque chose…

Mais pour la mini-série Casino, j’y peux rien… J’ai pourtant envie de le mettre ce point final. Si l’embryon avait tenu, il y aurait eu une belle fin et plein de rebondissements pendant toute le grossesse. Or, ce fut juste un retour à la case départ, pas très folichon…

Une mini-série à l’image de la vie réelle… Sans rebondissement ou s’il y en a un, celui-là met un sacré coup d’arrêt (c’est juste suicidaire pour un scénariste de faire ça !).

Bref, j’ai envie d’écrire le mot FIN quelque part…

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Auteur :

Grande blogueuse devant l’Éternel. Tombée dans WordPress quand elle était pet... Non quand elle a appris que ça ne serait pas du coton pour procréer. On était en 2008... Depuis, elle a eu un Plumeau grâce à une FIV IMSI. Depuis, elle continue d'écrire ici sa vie de maman et d'apprentie écrivaine.

17 commentaires sur « Ecrire le mot FIN »

  1. Tes posts, tu les mènes de A à Z avec une maestria d’enfer. Ta nouvelle, je suis sûre que ce sera pareil.
    A la fois intéressée et morte de rire à la lecture du post précédent, avec les commentaires !

  2. la fin d’un polar, ça doit être encore plus dur à pondre que pour une nouvelle plus classique. Mais je suis sûrr que tu vas y arriver. Tu mettras le mot fin partout où tu en a envie (et avec aussi des happy-ends). Biz

  3. ne pas pouvoir écrire la fin, c’est une reelle frustartion que je comprends bien.
    As-tu fais lire ta nouvelle?
    peux-tu faire lire la fin de ta nouvelle à une amie? avoir un avis extérieur?

    il te reste un mois pour terminer.
    peut-etre que te détacher, prendre du recul, pour y revenir … pour finir.
    laisse-toi un peu de temps.

    haaaaaa! les aléas d’une vie d écrivain 😉

    bon courage.
    bizzz

      1. j’aime pas non plus le « nullipare » … je dirais « une femme à part » … à part entière, à parts égales, à part grâce à ses talents d’écrivain!!

  4. Y’a un côté tragique dans le mot FIN. En même temps, pour positiver, chaque fin est le début d’une autre !!! J’aurais plein de choses à dire sur ça et en même temps, je ne crois pas que ce soit le moment et le lieu. Mais ça « m’interpelle » comme on dit !

    1. Et pourtant c’est bien ce que je suis même si je conviens que le mot est moche ( il y a nulle dedans et j’ai franchement pas besoin de ça !). Sinon toi et moi nous sommes primigestes !
      Gageons qu’un jour on sera aussi primipares. C’est moche aussi mais on s’en foutra royalement.

  5. J’arrive sur le « débat » nullipare :
    Ben, nullipare, c’est scientifique… moi ça me dérange bcp moins que « stérile », qui me foutrait une claque si je l’entendais à mon propos (le hasard ou la chance d’avoir un entourage précautionneux m’a évité pour l’instant cette douleur-là…).
    « Stérile » c’est très violent, ça renvoie à une image de désert, de mort.
    « Infertile » c’est dur aussi je trouve : il y a « in » devant, qui nous classe une marche en dessous des fertiles, on a un truc en moins, on est moins bien que les autres, finalement…
    Par contre nullipare, je trouve ça neutre.
    « Nul », ça veut dire « zéro ». Je répète souvent à mes élèves que je suis nulle en finlandais, et que je le vis très bien… par contre en japonais je sais dire « sayonara », donc je ne suis pas nulle, bien que minable. « Nul », c’est soit très blessant quand ce n’est pas vrai (un exemple, au hasard : « je suis nul en math », que j’interdis à mes élèves de prononcer dès qu’ils savent que 1 + 1 = 2), soit indifférent quand c’est vrai (bé oui, je suis nulle en finlandais, ainsi qu’en laponien : qui va me le reprocher?). Techniquement, je suis nullipare et je le vis bien…

    Ce qui n’exclut pas que je rêve de devenir primipare, bien évidemment.
    Voire bissipare, mais je ne sais pas si ça existe.

    FIN de la digression, bisou !

    1. Héhé ! Faudrait faire un article là-dessus.
      C’est cool que tu vives bien le fait d’être dans la case nullipare. Il y a nulligeste aussi : aucune grossesse. Tu vois, ils veulent toujours mettre le mot nulle dedans.
      Sinon, c’est sûr tu seras un jour primipare et même multipare !
      bissipare ça existe pas ni trissipare d’ailleurs.
      En gros, quand t’as réussi à pondre deux gosses t’es direct dans la case multipare.
      J’imagine que quand t’as des jumeaux pour un première grossesse, ça fait de toi une primigeste multipare.
      Bon, ok, j’arrête les digressions moi aussi.

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