Publié dans A propos d'écriture, Le bordel

cinquième extrait

Un dernier extrait du bordel avant que je ne revienne des vacances.

Voici un petit dialogue entre Régine (la tenancière du bordel) et l’inspecteur Alphonse Verdet qui connaît bien la maison.

La Petite secoua la tête en affectant une mine désolée.
— Ben oui, bien sûr. Tu n’sais rien. Tu fais juste le ménage. ironisa-t-il.
— Arrêtes donc d’emmerder la gosse, Alphonse ! intima la matrone qui venait juste de faire son entrée. Qu’est-ce tu veux encore ? demanda-t-elle au commissaire avant de lancer sèchement à la Petite. Aller, Files ! T’as sûrement du nettoyage à faire !
Hélène ne se fit pas prier. Elle décampa. Pas loin. Elle se précipita dans la cuisine et fit semblant de nettoyer, les oreilles aux aguets.
— J’vais pas y aller par quat’ chemins. gronda le commissaire. Tu t’fous d’ma gueule !
— J’me fous d’ta gueule ? J’me fous d’ta gueule ? T’es là à me lancer des accusations de foutage de gueule et j’sais même pas d’quoi tu causes ! s’égosilla à haute voix la maquerelle.
— Tu crois que j’lai pas vu le Rémi et ses potes faire leurs allers-retours chez toi ?
— Ben, ils consomment !
— Mon cul, oui ! Ils déposent ! Ils stockent ! Et pas des putains !
— Qu’est-ce t’insinue ? s’indigna de toute sa hauteur la Régine.
— J’insinue que tu t’fous d’ma gueule. Et pas qu’un peu ! tonna Alphonse Verdet de sa grosse voix de basse.
— Allons dans mon bureau pour en causer un peu. J’ai hâte d’savoir c’que tu m’reproches.
Des bruits de pas lourds sur le parquet. Un grincement puis un claquement de porte. Des éclats de voix étouffés. La petite glissa silencieusement de la cuisine vers la porte du bureau et colla son oreille tout contre.
— Y a que j’ai remarqué beaucoup de mouvements par chez toi, depuis que j’ai fait l’inspection à cause du salopard.
— Y a toujours du mouvement de par chez moi. C’est un bordel, j’te rappelle.
— Même aux heures creuses ? Même au p’tit matin ?
— Les envies de baise c’est comme les envies de pisser. Y pas de pause syndicale.
— Ben, alors le Rémi et ses potes, ils se tiennent une sacré forme ! Tiens, je vais aller leur demander c’qu’ils prennent pour avoir une santé pareille !
Le rire gras et tonitruant de la maquerelle éclata.
— Normal. C’est plus d’ton âge, mon Alphonse ! dit-elle avant de repartir dans son fou rire.
— MERDE ! Arrêtes de te foutre de ma gueule ! tonna le commissaire.
Les rires furent stoppés net.
— Puisque tu le prends comme ça, enchaîna-t-il, menaçant. Je vais interroger tes filles. La gosse, je laisse tomber. Tu l’as bien dressée. Elle sait des choses mais ne pipera pas mot.

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Auteur :

Grande blogueuse devant l’Éternel. Tombée dans WordPress quand elle était pet... Non quand elle a appris que ça ne serait pas du coton pour procréer. On était en 2008... Depuis, elle a eu un Plumeau grâce à une FIV IMSI. Depuis, elle continue d'écrire ici sa vie de maman et d'apprentie écrivaine.

2 commentaires sur « cinquième extrait »

    1. Merci ! Ça me fait plaisir. J’ai la chute et la fin a écrire. En ce moment, j’écris une autre nouvelle très courte pour un autre concours. C’est un concours de polars. Bises

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