Publié dans Le Casino (la série)

Série le Casino : Episode 29

Cet épisode est le plus long que j’ai rédigé, alors préparez-vous à de la lecture !!

Je profite de ce 29° épisode pour le dédier à quelques PMEttes qui ont eu des récents revers de fortune :

  • Snow qui a eu un négatif à sa quatrième FIV,
  • Luciole pour son œuf clair et qui se débat avec une FC récalcitrante alors allez la soutenir !!
  • Madame Faithfull pour sa seconde FIV négative,
  • mes trois guest stars (Fabienne qui a connu aussi une FIV négative, BleudOrage pour sa TEC négative et Karine qui ne cesse de voir passer les trains),
  • Et bien sûr aux autres PMEttes qui connaissent des moments difficiles.

On l’aura cette grosse teupu de DNLP, les filles !! On l’aura !


6h00.

“Vous me suivez, s’il vous plaît ! lance d’un ton autoritaire un maître d’hôtel à l’ensemble des serveurs endimanchés encore pas bien réveillés en cette heure très matinale.
— Il faudra dresser plusieurs tables ici… et là. Il y a une cinquantaine d’invités. Attention ! Triés sur le volet. C’est tout le gratin du Casino, que vous avez là. Concernant les produits, il y a du café, thé, jus de fruits, mignardises que le chef est en train de finir. Dans 5 minutes, ça sera prêt et faudra pas traîner ! Vous me suivez !” enchaîne-t-il avant d’ouvrir une porte-fenêtre et d’inviter la quinzaine de serveurs à sortir dans le jardin attenant à la salle des ventes.

Parmi ces derniers, l’une d’entre eux semble — pour un œil attentif — particulièrement alerte. Une nouvelle que le maître d’hôtel a reçue hier dans l’après-midi. Fabienne, c’est son nom. Un très bon CV mais bien qu’il eut détecté quelques lacunes à l’entretien, vu l’importance de cet événement, et le peu de candidatures reçues, il n’a pas fait le difficile : Fabienne fera l’affaire.

Tandis qu’ils sont tous sortis dans le magnifique jardin encore endormi par la fraîcheur de la nuit. Le maître d’hôtel reconnaît un autre “bleu” du service. Un asiatique, qui ne semble pas plus serveur que lui est commissaire-priseur. Là, aussi, le maître d’hôtel n’a pas cherché plus loin. L’asiatique — dont il a oublié le nom — fera également l’affaire.
Deux paires de bras supplémentaires, ça ne se refuse pas par les temps qui courent.

“Bon ! reprend-t-il à voix haute pour réveiller les autres. Ici sera servi le brunch et la collation. Les produits : œufs brouillés, caviar, divers tartelettes salées, thé, café, champagne. Je veux des verres alignées et étincelants ! Pas comme la dernière fois où j’ai vu des traces de doigts ! Avec un beau soleil, ça ne pardonne pas les traces de doigts sur les verres. Pour la collation, vous servirez des petits sandwichs, d’autres mignardises sucrées et toujours du champagne. Je veux de la rigueur, de l’organisation, de la réactivité ! Compris ?”

L’équipe est rapidement divisée en deux. Une première s’occupera du dressage dans la salle des ventes. L’autre, composée entre autres de l’asiatique et de Fabienne, effectuera le dressage à l’extérieur. Cette dernière, ne se précipite pas sur les tables. D’abord observatrice, elle regarde les autres s’affairer et fait mine de disposer des piles de petites assiettes et couverts en argent. Son attention est ailleurs. Elle jette plusieurs coups d’œil, à la dérobé de ses nouveaux collègues, sur le jardin et en particulier sur un bosquet à l’écart des massifs de fleurs. Ce jardin, elle le connaît bien. Ce bosquet d’orties aussi. Elle l’a repéré depuis longtemps et c’est aujourd’hui qu’elle va passer à l’action. Elle profite de l’inattention des autres serveurs pour s’éclipser rapidement vers celui-ci. Elle aurait dû prévoir un sécateur. Mais la chance est avec elle. Elle aperçoit un jardinier qui vient de finir la taille d’un arbuste en buis.

Ah non ! une jardinière avec des yeux bleus magnifiques.

Cette dernière vient de poser son petit sécateur et s’est éloignée pour couper quelques mauvaises herbes dans un des massifs remplis de rosiers. C’est le moment où jamais. Fabienne se précipite vers le sécateur oublié, s’en empare prestement et le cache dans une poche de son tablier. Un des serveurs s’est aperçu de son absence. Elle a encore le temps pour couper les orties.

Iris BleudOrage n’aime pas être observée. Elle en est sûre car des picotements caractéristiques au niveau de sa nuque sont apparus. Cela arrive à chaque fois qu’une attention particulière est portée à sa personne. Un vrai système d’alerte. Particulièrement utile et acéré aujourd’hui. Car aujourd’hui, elle va passer à l’action. Tout le gratin du Casino, DNLP et sa cour seront là. L’occasion est trop belle. Elle s’est retournée et a aperçu une jeune serveuse qui ne devrait pas être là mais en train de dresser les tables avec les autres. Celle-ci a fait mine de regarder ailleurs quand Iris s’est retournée. Elle en est certaine.

Les serveurs sont bizarres aujourd’hui !

Il y à peine quelques minutes, c’est le serveur asiatique qu’elle a surpris, peu de temps avant, en train de s’approcher d’un peu trop près de la ruche du Casino.

Ah ! Encore des herbes folles dans ce massif de rosiers. Le maître d’hôtel va l’engueuler s’il voit ça. Vite, un rapide coup de ciseaux et il n’y paraîtra plus.

Des gouttes de rosées perlent encore sur les pétales des fleurs odorantes. Iris aime particulièrement ses fleurs et son jardin au lever du jour. Ce n’est pas vraiment “ses” fleurs, ni “son” jardin puisqu’elle n’est qu’employée mais elle y a mis tellement d’attention et d’amour qu’elle a finit par se l’approprier ce jardin du Casino. Après la coupe des herbes, elle revient vers l’arbuste.

Tiens ? Le sécateur a disparu. Elle était pourtant certaine de l’y avoir laissé au pied du buis.

****

10h00.

Elle aurait bien aimé apercevoir cette pauvre Mme Looseuse à cette vente aux enchères, mais celle-ci s’était débinée.  Au lieu de ça, elle voyait ce gros lard de Mr Goutdurisque toujours affecté de son éternel attitude obséquieuse.

Encore un raté celui-là ! Pas étonnant à ce que ces deux-là fassent la paire ! pouffe intérieurement DNLP.

Elle avance vers une table remplie de pâtisseries pour se sustenter.
Son oreille est attirée par la voix grave et altière de Mme Orgueilleuse, en pleine discussion avec Mme Rabat-Joie.
“Le dernier succès de DNLP sur une concurrente est retentissant !
— Oh oui, c’est vrai. C’est en première page du Journal ! s’exclame, ravie, Mme Rabat-Joie de sa voix de crécelle.
— Celle-là, elle ne s’y risquera plus !
— N’en soyez pas si sûre, chère amie. Je ne voudrais pas rabattre votre enthousiasme mais elle compte remiser ! Elle a un plan B. Enfin … suspend-t-elle sa phrase pour donner plus d’effet à sa déclaration. C’est ce que j’ai entendu dire ! murmure-t-elle sur un ton mystérieux.
— Oh ! Encore lui ! Je ne le supporte pas ! s’exclame Dame Orgueilleuse en désignant d’un doigt méprisant la silhouette rebondie de Mr Goutdurisque.
— N’est-ce pas lui qui accompagne Mme Looseuse ?
— Oui c’est lui, ma chère. D’ailleurs, où est-elle ? demande-t-elle en scrutant de ses yeux globuleux l’ensemble des invités. Avec un sourire mauvais aux lèvres, elle ajoute d’un ton moqueur. Elle n’est pas là ! Pour celle-là, c’est fini, elle a perdu la guerre…
— Effectivement, ma très chère amie. Je me permets de me joindre à vous. l’interrompt DNLP, triomphante.
— Oooh, très chère ! Quelle joie de vous voir ! Et quel succès ! Grandiose !
— Merci, merci. répond, DNLP sur un ton de fausse modestie. C’était un peu gagné d’avance…
— Oh non, il ne faut pas sous-estimer votre victoire. renchérit Mme Rabat-Joie. Cette dernière FIV aurait pu être la bonne. Il y a toujours une chance !
— Moi, je la sous-estime ! s’exclame d’une voix claire une jeune femme élancée aux cheveux châtains. Car vous êtes une tricheuse.
— Quoi ?? Mais pour qui vous prenez-vous Mme Surlequai ? Comment osez-vous m’accuser ? lance à la cantonade, DNLP de sa voix suraigüe.
— Mais, je confirme votre tricherie chronique ! lance d’un ton de défi Mr Goutdurisque. Je l’ai vu et expérimenté.

Sans prêter plus d’attention à ce dernier, DNLP fait face à Mme Surlequai et lui décoche un regard noir.
— Ne me cherchez pas ! Vous risquerez de le regretter. siffle-t-elle, d’un ton menaçant, à son encontre
— Vous ne me faîtes pas peur ! répond d’un ton très tranquille la jeune femme.
— AAAAHH ! C’EST GLACÉ ! hurle DNLP.
— Tout comme votre cœur ! répond Mme Surlequai, sourire sardonique aux lèvres. A l’insu de tout le monde, elle avait saisi de sa main droite la bouteille de champagne dans le seau à glaces se trouvant à proximité et renversé son contenu dans le dos de DNLP. L’intégralité de l’eau glacée et de la glace pilée s’était répandu sur la table, le dos et la robe de DNLP, ainsi que sur le sol. Oups ! Je suis maladroite !” termine Mme Surlequai, d’un ton amusé.

Mr Goutdurisque, qui avait assisté à cette scène dantesque, était à la fois abasourdi et admiratif  par le sang froid de cette femme.

Le maître d’hôtel, outré par temps de tapage, interroge cette dernière.
“Madame, avez-vous sciemment renversé le contenu de ce seau ?
— Absolument pas ! Je suis témoin. s’indigne Mr Goutdurisque prenant la défense de la jeune femme.
L’incident est clos. La vente aux enchères peut commencer au grand soulagement du maître d’hôtel qui ne se voyait pas perturber tout son planning pour un seau à glaces renversé.
Les hurlements de rage de DNLP accompagnés des cris de protestations des femmes de sa cour ne semblent pas perturber plus que ça cette étonnante Dame Surlequai.

****

11h00.

“Tous ces objets sont d’une laideur ! lance, Mr Goutdurisque, d’un air dégoûté.
— je ne vous le fais pas dire ! répond Mme Surlequai sans se départir de son étonnant flegme.
— Et maintenant le troisième objet. annonce le commissaire priseur. Une horloge ayant appartenu à un richissime client du Casino. Mise à prix : 3000 plaquettes chance. C’est parti. 3010 à droite ! 3010, 3010, 3010, 3010, 3020 ! La dame au chapeau bleu. 3020, 3020, 3020, 3020, 3020, 3020…
— Magnifique ? il se fout de nous ce type ! s’indigne à voix basse Mr Goutdurisque. C’est trop chargé, c’est moche, c’est d’un goût affreux. C’EST HIDEUX !
Sourire de Mme Surlequai en guise d’assentiment.
— 3500 ! le Monsieur en noir. 3500, 3500, 3500, 3500, 3500 … Personne ne surenchérit ? 3500 une fois ! 3500 deux fois ! Adjugé ! Le monsieur repart avec la magnifique horloge à 3500.
Un léger brouhaha se répand dans la salle des ventes tandis que DNLP, séchée et changée, fait son entrée en se faufilant parmi les tabourets et s’assoit entre Mme Rabat-Joie et Mme Orgueilleuse.
— Et maintenant, mesdames et messieurs, un énigmatique calendrier lunaire encore tout poussiéreux. On pourrait jurer, à le voir, qu’il a été volé d’une bibliothèque d’une sorcière. Vous pouvez y voir des inscriptions étranges sur ces pages. enchaîne le commissaire-priseur en prenant une voix d’outre-tombe et en roulant ses yeux pour donner plus d’effet à sa présentation. Mise à prix : 1000 plaquettes chance… Oui ! 1100 pour le Monsieur à lunettes. 1200 pour la dame en vert. 1200, 1200, 1200…
Mr Goutdurisque s’aperçoit que la dame en vert n’est autre que DNLP.
Alors comme ça, elle s’intéresse à ce calendrier poussiéreux de sorcière ? pense-t-il, amusé.
Et bien, je vais lui ravir ce qu’elle convoite !!
Mr Goutdurisque agite frénétiquement sa main.
— Oui, le gr… humhum… Le Monsieur au noeud papillon propose 1500, lui. 1500, 1500, 1500 Oh 2000 par la dame en vert ! Non, 2500 de la part du Monsieur au noeud ! 3000 de la dame en vert ! Quel duel ! 3500 du Monsieur ! 4000 de la dame ! 5000 du Monsieur !!! 5000 une fois. 5000 deux fois… Adjugé ! Le Monsieur au noeud papillon va repartir avec ce calendrier lunaire.
DNLP jette un regard furibond envers Mr Goutdurisque.
— héhéhé, je lui ai ravi ce qu’elle voulait à cette vieille peau ! HAHAHA.
Regards mi-ébahis mi-courroucés de l’assistance, sourire complice de Mme Surlequai.

****

13h00

Sans se départir de son sourire, Fabienne se faufile d’un convive à un autre avec plusieurs plateaux remplis de tartelettes salées, petits sandwichs et autres toasts. Jusqu’à présent personne n’a remarqué le précaire équilibre de ces derniers sur ses bras qui pourrait trahir son manque d’expérience. L’autre “bleu” — l’asiatique — semble aussi peu doué pour le portage des plateaux. Devant le maître d’hôtel, il en a d’ailleurs laissé tomber un encore rempli  de flûtes de champagne sur les genoux d’une invitée. Mis à part ce faux pas, l’asiatique présente des gestes très précis dans sa manière de servir les boissons et une amabilité sans pareil. Mais Fabienne n’est pas née de la dernière pluie. Comme elle, il n’a jamais été serveur de sa vie. Durant un bref instant, les deux “bleus” s’observent à la dérobé d’un air soupçonneux. Il semble qu’il ait vu qu’elle aussi n’avait que peu d’expérience dans le métier.

Pas le temps de traîner, il faut passer à l’action. Fabienne s’éclipse et se dirige vers le bosquet d’orties. D’un geste rapide et sûr, elle coupe quelques branches et cache le tout dans la poche avant de son tablier de service.

“C’est incroyable quand même ! Cet obèse m’a raflé le calendrier ! C’est un comble ! tempête nerveusement DNLP. Ne trouvez-vous pas cela scandaleux ?
— C’est même inqualifiable. Depuis quand ce Mr Goutdurisque a-t-il une telle fortune en chance ? On sait bien que la chance n’a jamais été son fort.
Éclats de rire de la cour de DNLP.
— C’est vrai ce que vous soulevez là, Mme Rabat-Joie. surenchérit Mme Orgueilleuse. Il n’aurait même pas dû pouvoir s’offrir la petite cuillère en argent proposée tout à l’heure !
De nouveaux éclats de rire moqueurs fusent dans le petit groupe.
— des canapés ? propose du ton le plus affable possible Fabienne envers DNLP.
— Rhooo, ne voyez-vous pas que nous sommes en pleine discussion ! s’énerve cette dernière envers la serveuse.
— Puisque vous le prenez comme ça, je vais vous servir autre chose, moi.
Sans crier garde, Fabienne projette le plateau rempli d’apéritifs sur la tête de DNLP puis brandit à la vitesse de l’éclair ses branches d’orties.
Elle lui fouette alors le visage de toute ses forces et à plusieurs reprise avec les branches des plantes urticantes avant même que l’une des femmes du petit groupe n’ait le moindre réflexe pour l’en empêcher.
— Tiens ! Prends ça, espèce de saleté ! ça t’apprendra à nous faire souffrir. assène Fabienne tout en continuant à gifler DNLP.
Très rapidement, plusieurs serveurs, rejoints par plusieurs agents de la sécurité la désarment et l’entraînent hors du jardin tandis que DNLP pousse des hurlements perçants ponctués par des gémissements de douleurs. Son visage est méconnaissable : ses joues, son menton et son front sont couverts de pustules dues à l’action des plantes urticantes. Une des pustules rouges est si gonflée qu’elle lui déforme son nez. DNLP est rapidement prise en charge par des agents de sécurité pour lui prodiguer les premiers soins — bien qu’il n’y ait plus grand chose à faire…

Mr Goutdurisque a lui aussi assisté, médusé, à cette scène et jette un œil à la serveuse qui s’en est pris à DNLP.
A n’en pas douter une autre victime de cette femme redoutable.
Elle l’avait bien mérité cette attaque : qui sème le vent récolte la tempête ! se dit-il amusé.

Iris BleudOrage observe la nuée de convives et de serveurs autour des tables copieusement dressées. Son corps en alerte, elle scrute la silhouette de DNLP. Comme cette dernière est petite, cela ne sera pas chose aisée de l’identifier parmi la foule. Tout d’un coup, son regard est attiré par un mouvement hors de la zone des tables. Au niveau de la ruche du Casino.

Encore ce serveur asiatique !

Ce dernier pulvérise un produit sur les abeilles voletant nerveusement autour.

Mais que fait-il ? se demande Iris, intriguée.

Son attention est soudain attirée par des hurlements suraiguës. S’ensuit une grande agitation au niveau d’une table se trouvant près des jonquilles — qui font sa fierté.
Iris s’approche pour voir ce qu’il en est.
A sa plus grande surprise, elle aperçoit des agents ceinturant sans ménagement la serveuse qu’elle avait surpris tout à l’heure en train de l’observer. Cette dernière, rouge de colère, brandit encore des branches d’orties dans sa main droite et vocifère des insultes à DNLP.
“Tiens ! Prends ça, espèce de saleté ! ça t’apprendra à nous faire souffrir.” lance-t-elle avant d’être emportée par les agents. Son regard croise celui d’Iris.
Les deux femmes se dévisagent avec une acuité soudain décuplée. Iris comprend instantanément qu’elle a affaire à une consœur de galère, de même Fabienne. Un très bref regard — quelques fractions de secondes — et les deux femmes se sont sentis très proches. Puis plus rien : la serveuse est entraînée de force hors du jardin.

La volonté d’Iris s’en trouve exacerbée. Il faut qu’elle passe à l’action tout de suite. DNLP n’étant plus disponible, elle devra se rabattre sur une de ces horribles femmes de sa cour.
Elle scrute les visages de ces dernières afin de faire son choix sur sa future victime.

“Aïe !! AH ! AH ! Au secours une guêpe m’a piquée ! hurle Mme Orgueilleuse.
— Mais non, c’est une abeille. persifle Mme Rabat-joie, hilare.
— Mais c’est douloureux ! tempête Mme Orgueilleuse.
— Vous n’allez pas en faire toute une histoire, Madame… Aïe ! Ouch ! Je viens de me faire piquer moi aussi. Saleté de bestiole !
Mme Rabat-Joie écrase l’abeille qui errait sur la table avec son gros pouce.
Comme un signal, une nuée d’abeilles fond sur le petit groupe puis rapidement sur l’ensemble des convives provoquant une panique sans nom.
L’ensemble des invités se met à pousser des cris d’épouvante et à courir en tout sens.
Iris BleudOrage profite du chaos engendré par les abeilles et fond sur Mme Rabat-Joie avec le râteau dans les mains.
“Eh la moche ! Prends-toi ça de ma part et des autres filles. lance d’une voix glaciale Iris avant d’asséner un grand coup de râteau dans les jambes de sa victime.
— Au secours ! hurle cette dernière avant de tomber à la renverse. On m’attaque !
Mais son appel désespéré est couvert par les hurlements des convives et leurs courses désordonnées afin d’échapper aux piqûres des insectes. Plusieurs tables se sont renversées et celles encore debout servent de protection dérisoire aux quelques uns qui s’y sont glissés par dessous.
— N’oublies pas de dire à DNLP qu’il faut qu’elle arrête de nous empêcher d’avoir nos bébés. Sinon, toi et les autres vous allez avoir de sérieux problèmes. termine la jardinière d’un ton sans appel avant de lui donner un autre coup dans les jambes. Tu m’as comprise ?
Mme Rabat-joie, après avoir poussé un cri de douleur, hoche frénétiquement de la tête afin de faire cesser son martyr.
Iris quitte sa victime en lui jetant un dernier regard de profond mépris puis disparaît. Se faisant, elle croise une dame élancée (Mme Surlequai) qui lui sourit d’un air complice.

****

14h00

Tout en grimaçant de douleur, Mr Goutdurisque pose délicatement sur l’oedème de son poignet un coton imbibé de vinaigre.
Le calme était revenu aussi rapidement et mystérieusement que l’irruption agressive des abeilles.
D’autres convives étaient revenus dans le jardin. Celui-ci est rempli d’échos plaintifs et de gémissements douloureux.
Certains agents, sous une combinaison de protection, tentant de percer le mystère des abeilles restent interdits et interrogatifs devant la ruche, ne sachant que penser.
Les serveurs vont et viennent pour servir aux quelques invités toujours présents le reste des canapés ayant survécu au chaos.

Mr Goutdurisque tout occupé à soigner sa blessure ne voit pas arriver un serveur vers lui.
Mr Goutdurisque ? s’enquit ce dernier avec un fort accent chinois.
— Oui, moi-même.
Le serveur lui tend une petite assiette en argent où est déposée une lettre.
— Avec les regrets de maître Li Wong pour cette piqûre. enchaîne-t-il.
— Comment ça ? Je ne comprends pas !”
Sans prendre la peine de lui répondre, le serveur disparaît rapidement avec un petit sourire laissant Mr Goutdurisque interloqué.
Ce dernier ouvre la note où s’inscrivent en toutes lettres : “Avec les amitiés de Maître Li Wong”.

Un hurlement perçant retentit dans la jardin.
“Oh mon Dieu ! Oh Seigneur ! C’est atroce ! AU SECOURS ! AU MEURTRE !” cri à tue-tête Mme Rabat-Joie.

Des agents de sécurité — encore dans leur combinaison — accourent vers cette dernière en proie à une crise de larmes incontrôlable et debout à côté du large chapeau de Mme Orgueilleuse toujours assise sur le siège en rotin.
L’un d’eux tout en interrogeant Mme Rabat-Joie frôle involontairement Mme Orgueilleuse. Celle-ci s’écroule sur le côté. Le Chapeau tombe à ses pieds et découvre un visage blafard avec un bouche béante aux lèvres bleuies et des yeux grands ouverts. Une petite piqûre est très distinctement visible sur son cou.
“Bon sang…” murmure d’une voix blanche l’un des agents de sécurité.

Juste à côté de cette scène macabre, une abeille court tranquillement sur une tartelette aux fraises…

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Auteur :

Grande blogueuse devant l’Éternel. Tombée dans WordPress quand elle était pet... Non quand elle a appris que ça ne serait pas du coton pour procréer. On était en 2008... Depuis, elle a eu un Plumeau grâce à une FIV IMSI. Depuis, elle continue d'écrire ici sa vie de maman et d'apprentie écrivaine.

12 commentaires sur « Série le Casino : Episode 29 »

    1. De rien ma jolie.
      T’as raison, mets-toi au vert, ton organisme en a bien besoin et qui sait nous feras-tu un joli positif en te reposant sans y penser.
      Biz

  1. Oh punaise c’était trop bon! j’ai vécu en direct ma raclée de DNLP et de mdame-rabat-joie 😉 J’ai senti la rage me monter dans les maiuns au fur et à mesure de l’épisode!! Rhooo en plus avec des copines de linchage, c’est bon ça!!
    merci pour ce nouvel épisode!!
    on retrouve un max de tonus après ça!!
    ps : hummm, j’vais déguster tranquillement la tartelette aux fraises , sans chasser l’abeille!

  2. Hé hé hé, s’en prend plein la gueule la grognasse !!! Bien fait !!! Zont raison les copines de pas se laisser faire.
    (En plus ça va peut-être distraire cette chèèère dame, qui pourrait oublier de regarder du côté des essayeuses quelques jours, tu crois pas ?)
    Tu es notre porte parole à toutes, un grand merci !
    Bisou

  3. Super, espérons qu’après tout ça elle va enfin nous foutre la paix cette DNLP ! En tout cas merci, c’est trés agréable d’être l’héroïne d’un jour, surtout que tu as mis dans ton récit deux rêves qui me semblent inatteignables : faire la peau à DNLP…et être élancée! Bisous

    1. Ben quoi t’es élancée parce que t’es grande déjà : j’aimerais avoir ta taille. Aussi as-tu déjà atteint le 1° rêve…
      Contente de t’avoir fait plaisir.
      Biz

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