Publié dans Le Casino (la série)

Série le Casino : épisode 20

“Arrêtez donc de tricher Mr Goutdurisque, c’est agaçant à la fin ! lance-je, à voix basse, pour ne pas nous faire repérer par le croupier.
— Mais je ne triche pas ! me lance-t-il à voix haute, oubliant complètement de prendre des précautions.
— Je vous demande pardon ? Il y a un problème monsieur ? interroge, le croupier, agacé par tant de tapages.
— Euh… non ! répond mon ami, venant enfin de se rendre compte de sa bévue. Absolument pas ! Je reste concentré sur la partie OATS qui va se jouer !
— Bien !  dit le croupier en regardant de manière soupçonneuse le petit morceau de papier situé entre nous deux. J’aimerai un peu plus de silence en attendant la venue de DNLP.” conclut-il glacial à notre encontre.

Il est vrai que jouer au jeu du morpion en pleine partie OATS relève d’un vrai manque de savoir-vivre même si le suspense du jeu n’y est plus.
Je me retrouve soudain confrontée à un mélange de culpabilité et d’excitation sur cette transgression.

“Bon, alors ? Je ne vais pas attendre la saint glin-glin ! Vous jouez ou pas ?
— Rhoooo, Mr Goutdurisque, vous êtes infernal aujourd’hui ! Oui, voilà, voilà, je joue !”

Je prends un crayon à la dérobé et j’esquisse une croix dans une case.

C’est le moment précis où DNLP fait son apparition avec toute sa cour. Enfin presque l’intégralité de sa cour : il manque Mme Pimbêche, enterrée depuis 10 jours déjà.

“De quelle partie s’agit-il au juste ? s’enquit-elle, lasse.
— Hum… Partie OATS avec Mme Looseuse. répond un de ses attachés.
— ENCORE ! Mais elle va s’acharner combien de temps, celle-là ?! s’exclame-t-elle, irritée, les yeux visiblement bouffies par la fatigue et le chagrin. elle m’apostrophe, au comble de l’impatiente. Espèce de pauvre folle ! Je croyais que je vous avais bien fait comprendre que ce n’était plus la peine d’espérer. Vous me faîtes perdre mon temps ! hurle-t-elle au bord de l’apoplexie.
— 2% c’est 2% et puis si j’ai envie de jouer, je joue ! Les règles de ce casino ne sont-elles pas de se rendre quand même à la partie tant que l’un des deux adversaires souhaite continuer ?
— En effet, madame, vous devez respecter la volonté de votre adversaire — même si je partage votre avis quant à la pertinence d’une telle persévérance. explique, doctement, le croupier.

DNLP s’assoit brutalement en soufflant bruyamment. Des murmures de réprobation parcourent sa cour d’admirateurs.

— Alors, qu’on en finisse ! Je n’ai pas que ça à faire ! tempête-t-elle.

C’est pile le moment que choisi Mr Goutdurisque pour me lancer d’un air triomphant un :
« Je vous ai battue ! Regardez, Mme Looseuse, vous êtes faîte comme un rat ! » en me désignant le petit morceau de papier hachuré par mes croix et par ses cercles.

Oh non… pense-je, abattue. C’était pas le moment là…

— QUOI ? C’est un comble ! Je n’accepterai pas qu’on me traite de la sorte. Le motif de cette partie est déjà très discutable, mais en plus, mon adversaire joue au …elle s’interrompt, outrée.
— Morpion ! lance mon ami.
— C’EST UN COMBLE ! hurle de rage, DNLP
— Monsieur, Madame, je vous demande expressément d’arrêter ça tout de suite, ne serait-ce que par pure respect envers votre adversaire ! lance le croupier d’une voix sans appel.

Honteux, Mr Goutdurisque et moi-même, reprenons nos crayons et rangeons la feuille de papier dans une poche.

— Parfait ! Je vous remercie. soupire le croupier avec une lassitude extrême. Mesdames, faîtes vos mises.

DNLP jette de mauvaise grâce une plaquette verte sur le tapis.

— Madame, je ne n’accepte pas non plus ce mouvement d’humeur. lance le croupier à son encontre.

J’avance mon petit jeton espoir sur le tapis.

— C’est vraiment ridicule ! pouffe, à la fois narquoise et irritée, DNLP.

Le croupier lance un regard glacial à DNLP.

« Rien ne va plus ! » s’exclame-t-il afin que l’ensemble des badauds soient témoins de la partie en cours.
Il attrape le dé 100 et le lance.

C’est à ce moment précis qu’un scène surréaliste se joue.
Avant que le dé 100 ne retombe, DNLP se lève brusquement. Tout le monde reste ébahi par ce coup d’éclat.

« Madame, je vous prie de bien vouloir vous rasseoir. ordonne le croupier d’un ton impérieux.
— Je me fiche du résultat comme mon adversaire d’ailleurs, raille-t-elle en me désignant de son index à l’ongle couleur carmin. Je lui ferai parvenir son cadeau mensuel comme d’habitude ! conclut-elle, narquoise. Oh, et puis, tant qu’il n’y aura pas de PMA, je refuserai de jouer cette partie. C’est ridicule !
— Mais vous êtes sourde ou quoi ? Je vous ai expliqué, à l’instant, que selon les règles du Casino, vous êtes dans l’obligation de jouer ! tempête le croupier, hors de lui.
— J’ai autre chose à faire de mon temps que de participer à ce genre de partie de dés, je suis en plein deuil, je vous signale ! s’étrangle DNLP, ravalant difficilement ses larmes. Elle le fait exprès ! C’est clair ! hurle-t-elle en me désignant.
— Et vous, vous ne le faîtes pas exprès de m’empêcher d’avoir un enfant ! lance-je à mon tour.
— Oui, c’est vrai ça ! persifle Mr Goutdurisque, ravi de cette animation.
— ÇA SUFFIT !!!! hurle la croupier, cramoisi par la colère et l’agacement extrême.
— Vous êtes une ratée de la procréation ! lance hystérique DNLP à mon encontre. Vous feriez mieux de vous y faire. Si vous n’avez pas d’enfant, c’est que vous le méritez ! crie-t-elle
— Ah bon ! Et les enfants qui naissent dans des familles de dingues même pas capables de s’occuper d’eux mêmes et qui se retrouvent de ce fait à l’assistance sociale ? Ces gens-là, ils le méritent ? Bravo ! fais-je, narquoise. Ça, c’est de la justice ! persifle-je, tout en applaudissant DNLP, puis j’ajoute, cette fois, hors de moi. Ne dîtes pas n’importe quoi ! Tout le monde le sait que je le mérite. Je le mérite plus que la plupart des personnes fertiles que vous encenser tant !
— LA FEEERRRMME ! hurle le croupier, il attrape un combiné de téléphone. Allô, sécurité ? Je ne maîtrise plus. Venez faire le ménage ! » lance-t-il, accablé, au bord de la crise de nerf.

Rapidement, une armée de sbires en tenue noire arrivent à notre table. Mr Goutdurisque et moi-même sommes ceinturés sans ménagement puis dirigés vers la sortie de la salle de jeu.

J’ai eu le temps de voir que DNLP et sa cour ont subit le même sort.

Plus tard, une fois remis de nos émotions et assis dans nos fauteuils clubs, Mr goutdurisque me lance d’un air taquin.

« Mais quand même ! Vous devriez reconnaître que j’ai gagné !
— Quoi ? Gagner quoi ?
— Et bien la partie de morpion ! » s’emporte-t-il.

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Auteur :

Grande blogueuse devant l’Éternel. Tombée dans WordPress quand elle était pet... Non quand elle a appris que ça ne serait pas du coton pour procréer. On était en 2008... Depuis, elle a eu un Plumeau grâce à une FIV IMSI. Depuis, elle continue d'écrire ici sa vie de maman et d'apprentie écrivaine.

4 commentaires sur « Série le Casino : épisode 20 »

  1. Ben en fait personne n’a regardé c’était trop le bordel ! Mais bon pas grave, le cadeau mensuel finira par arriver…
    Et puis qu’est-ce que je lui ai mis à cette Truie !

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