Publié dans Le Casino (la série)

Série le Casino : épisode 18

Malgré la centaine de personnes venues assister à la cérémonie, le calme règne dans la grande salle de réception du Casino. Jouxtant à cette salle, se trouve une autre pièce, plus petite, où repose le cercueil de feu Mme Pimbêche entouré de bouquets de fleurs déposés ça et là.
La lumière rasante de cette pâle matinée d’hiver éclaire le cercueil — désormais refermé — et abandonné : les convives, après avoir rempli le livre d’or déposé sur le petit tréteau, se sont pressés vers les banquets de la grande salle afin de deviser sur cet incroyable événement tout en s’empiffrant des petits fours.
L’enterrement a été annoncé la veille dans la dernière publication du journal du Casino.

Bien entendu, l’étrange circonstance dans laquelle Mme Pimbêche a trouvé la mort est devenu le sujet phare des journalistes depuis plusieurs jours.
Ces derniers ont annoncé son meurtre avec une délectation à peine voilée. L’inspecteur Traquecrime a été interviewé et même le médecin légiste ce qui a donné lieu in fine à la publication de tout le rapport médico-légale dont tous les détails ont comblé l’esprit morbide des lecteurs.
Quelques personnes proches de la défunte ont également été interviewées dont DNLP qui s’est dit “véritablement choquée et peinée et qui souhaite que toute la lumière soit faite sur ce crime odieux”.
Les hypothèses concernant le mobile ont été aussi largement évoquées et la biographie de Mme Pimbêche — courte et sans intérêt, il faut bien le dire — a fait l’objet d’une publication dans la dépêche de la veille.
Outre les journalistes, les habitants du Casino se sont également passionnés pour l’affaire : il est vrai que Mme Pimbêche était un personnage d’importance.
Les paris sur l’identité des nettoyeurs et/ou du(des) commanditaire(s) se sont multipliés avec des sommes — en jetons espoirs — grimpant en flèche. Cela atteignit un paroxysme tel que la sécurité du Casino a même dû gérer plusieurs émeutes pour contenir les parieurs ces deux derniers jours.

“Cette petite tartelette aux anchois est un délice, ma chère, vous devriez en prendre une avant que ces vautours ne s’en emparent ! me conseille Mr Goutdurisque juste avant d’en engloutir une.
— Cela fait beaucoup de monde, pour quelqu’un qui n’était que très peu appréciée. remarque-je.
— Effectivement, il y a peut-être même son (ou ses) assassin(s) parmi eux. me glisse-t-il, en me faisant un clin d’oeil sachant que je suis la seule à saisir le cynisme extrême de son propos.
— Oh ! comme vous y aller ! fais-je, narquoise.
— Mais quand même ! Sa mort a permit de faire les choux gras de ce journal immonde ! C’est honteux, vous ne trouvez pas ? Le commanditaire du crime devrait à l’avenir demander à ce que les prochains nettoyages passent pour un accident ! dit-il malicieusement à mon encontre. Car, franchement, je n’apprécie que très peu ces pseudo-journalistes !
— Ne reste plus qu’à leur passer commande. lance-je, sur un ton badin. Cela ne devrait pas être trop…
— Et qu’avez-vous contre ces “pseudo-journalistes” ? demande, courroucée, une dame avec un verre à la main et se tenant juste derrière Mr Goutdurisque .
— Ce torchon ne rend compte que des derniers potins du Casino au lieu de fournir de véritables informations ! Et là, avec ce meurtre, on ressens bien de la part des journalistes — si on peut les dénommer comme tel — cette excitation mal placée et assez dérangeante pour moi. Il s’agit d’un meurtre tout de même ! répond Mr Goutdurisque, énervé d’être pris à parti pour son opinion.
— Êtes-vous en train de suggérer que je ne suis pas une vraie professionnelle ? s’étrangle la dame, visiblement très remontée.

Oulà ! ça commence à se compliquer !

— Il s’agit là de diffamation, Monsieur ! Je pourrais vous attaquer pour cela ! menace-t-elle.
— Tout doux, madame, il me semble que dans ce Casino, la liberté d’expression est permise, à moins que les règles aient changé… fais-je, volant au secours de mon ami.
— Je n’accepterai pas d’être traitée de colporteuse de potins ! hurle la bonne femme, au bord de l’apoplexie.
— Mais c’est pourtant ce que vous faîtes, madame et je n’ai jamais employé le terme de colporteuse de potins c’est vous qui…”

Mr Goutdurisque n’aura pas le temps de finir sa phrase. Un hurlement strident retentit et glace d’horreur la centaine de convives de la salle de réception.

Un attroupement se forme rapidement vers la pièce où repose le cercueil.
Des murmures à la fois indignés et paniqués traversent l’immense salle de réception.
Mr Goutdurisque et moi-même réussissons à nous faufiler parmi les curieux vers la porte de la petite salle.
En jetant un oeil à travers la forêt de têtes, nous découvrons très rapidement ce qui a provoqué le cri.

Le cercueil, fort heureusement refermé, a été redressé à la verticale pendant que tout le monde se goinfrait. Le crime est revendiqué et signé. La mafia.

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Auteur :

Grande blogueuse devant l’Éternel. Tombée dans WordPress quand elle était pet... Non quand elle a appris que ça ne serait pas du coton pour procréer. On était en 2008... Depuis, elle a eu un Plumeau grâce à une FIV IMSI. Depuis, elle continue d'écrire ici sa vie de maman et d'apprentie écrivaine.

2 commentaires sur « Série le Casino : épisode 18 »

  1. Je viens (enfin) de voir le nouveau look de ton blog. trop d’la balle.

    Sinon DNLP « choquée et peinée », J’A-DO-RE!

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