Publié dans Le Casino (la série)

Série le Casino : épisode 12

Enio Piazza, les manches de sa dernière chemise à la mode prudemment retroussées sur ses gros avant-bras, pique d’un bon coup de fourchette ses pasta à la sauce bolognaise. Une fois les spaghettis correctement enroulés, Enio porte avidement sa fourchette à la bouche faisant tomber au passage pas mal de sauce bolognaise sur son énorme serviette à carreaux rouges et blanches qui recouvre son abdomen rebondi.
« Mah ! Sergio ! Ramènes un peu dé parmesan ! lance-t-il, d’une voix  enrouée et postillonnant des petits morceaux de spaguettis. Mangare, fils, il faut devenir aussi fort que ton papa… Aller ! Manges, je te dis ! devant la moue boudeuse d’un de ses fils pourtant déjà bien en chair, il perd patience et se met à hurler sur le pauvre enfant. Mamma mia ! Ce gosse ! Il veut rien bouffer. Manges ! Quand ton père te dit de manger, tu manges ! »
N’y tenant plus, l’enfant se met à pleurer à chaudes larmes, tentant vainement d’étouffer ses sanglots.
« Mah, je comprend pas, dès qu’on lui parle, il se met à chialer ce gosse ! Mah ! t’es qu’oune fillette. » siffle, méprisant, Enio à l’encontre de son fils cadet.
Sous les regards noirs de sa femme qui s’est levé de table pour aller consoler le garçonnet, il mime l’indifférence.
« Alors ce parmesan, Sergio, il arrive ? » jappe Enio, crachant presque des morceaux de spaghettis.
Le cuisiner répondant au prénom de Sergio, pâle et couvert de sueur, se précipite à la table pour apporter le fromage préféré du « patron ».
Enio, satisfait, oubliant complètement le drame familiale qu’il a lui même provoqué, saupoudre abondamment la montagne de spaghettis.
Un autre homme entra doucement dans la cuisine où la famille Piazza prend habituellement ses repas dans un silence tendu ponctué de ci de là par la grosse voix enroué du patron.
L’homme, jeune, quelques balafres discrètes au visage (séquelles laissées par une  vilaine acné juvénile), se racle la gorge pour annoncer sa présence.
« Oui ! Quoi ! s’impatiente, Enio, ennuyé d’être encore dérangé pendant son repas.
– Euh…Patron, y a un monsieur Hargne qui veut vous voir.
– Mah ! il attendra ! tempête Enio.
– il propose beaucoup d’argent. se risque le mafioso balafré qui aurait visiblement préféré être ailleurs.
– combien ?
– son employeur dispose de plus d’un million de rouges. »
Le patron, éberlué, laisse tomber lourdement sa fourchette qui retentit sur l’assiette.
« Mah ! bene. Fais-le entrer. dit-il, en agitant sa main et en s’essuyant la bouche. Femme, fais sortir les bambini de table : on discute business. » ordonne-t-il.
La femme se lève, malgré son repas à peine entamé, et attrape sa progéniture.
« Mais euh… Mama, j’ai faim ! » rouspète le plus grand des garçons, tout aussi grassouillet que son père.
Une fois la marmaille et la femme hors de la pièce. Le jeune homme ouvre la porte et lance un :
« Tu peux entrer. »
Mon monsieur Hargne à moi, le visage fermé et méprisant comme à son habitude, rentre d’un pas assuré dans la pièce.
Enio, méfiant, la moue boudeuse, le détaille des pieds à la tête.
Soudain, il éclate d’un rire gras et sans s’adresser au Mr Hargne se détourne vers le cuisinier Sergio et lance un « T’as vu. Ils sont toujours aussi laids ! Ah ! Ah ! Ah ! »
Le cuisinier, visiblement ennuyé d’être pris à parti par son patron, n’ose pas rire franchement et affiche un sourire poli.
Aussi soudainement, le patron coupe net à la détente et s’adresse cette fois directement à mon gnome.
« Bon ! avanti ! Accouches le nain ! C’est quoi ton offre pour que je sois obligé d’interrompre mes pasta ? » lance le patron avec un air de défi.
Sans un mot, mon employé s’avance vers la table et dépose devant l’assiette de spaghettis une photo.
Enio, méfiant, la ramasse avec ses gros doigts luisants et s’exclame :
« Mah ! Là, je le ferai presque gratuitement pour celle-là ! Ah ! Ah ! Ah ! Mais, bon… Puisque ton patron a toi, il est prêt à y mettre le prix. AH! AH ! AH ! Je veux bien accepter de la liquider avec ses conditions. lance-t-il, à la cantonade, provoquant cette fois l’hilarité générale.
– ma patronne souhaite que cela soit fait proprement. explique Mr Hargne
– Proprement ? Elle croit que la Famille travaille salement ? Mah, qui c’est ta patronne ? Elle se prend pour qui ? s’étouffe, Enio, en rage.
– Mme Looseuse. Je serais à votre place, j’accepterais son offre et ses conditions vu le montant de son portefeuille. » explique calmement Mr Hargne, en  lui montrant un petit calepin.
Enio jette d’abord un oeil méfiant au calepin tendu par les petits bras de Mr Hargne.
La fourchette tombe à nouveau bruyamment sur l’assiette.
« Ok, ok… Qu’est-ce qu’elle veut ? On doit la nettoyer comment, alors ?
– discrétion. On ne doit pas remonter vers elle, vu qu’elle est la commanditaire. Cela doit paraître comme un accident.
– Mah ! Ok. On sait faire ça dans la maison. » dit-il rassurant.
La grosse main d’Enio saisit la main minuscule du Mr Hargne afin de sceller l’accord.
« C’est un plaisir de faire affaire avec toi ». tonne-t-il, joyeux.
Au même instant, très loin de l’établissement Piazza, dans l’immense salle de jeux, ma main fait glisser un jeton sur le tapis vert…

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Auteur :

Grande blogueuse devant l’Éternel. Tombée dans WordPress quand elle était pet... Non quand elle a appris que ça ne serait pas du coton pour procréer. On était en 2008... Depuis, elle a eu un Plumeau grâce à une FIV IMSI. Depuis, elle continue d'écrire ici sa vie de maman et d'apprentie écrivaine.

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