Publié dans A propos de nulliparité

Concilier FIV ICSI et travail

Suite au dernier billet, j’ai donc assisté à une réunion d’information de mon centre de PMA qui s’est révélée fort utile, notamment, concernant le protocole de traitement hormonal pour une FIV, qui se trouve être identique, que ce soit pour une FIV ICSI (spermatozoïde directement introduit dans l’ovocyte) ou pour une FIV classique (ovocyte et spermatozoïde mis en contact dans un milieu de culture).

Le centre PMA préfère un protocole long (sur 2 cycles) à un protocole court (14 jours) afin de bloquer l’ovulation classique (naturelle qui ne donne qu’un seul ovocyte) du premier cycle et faire maturer plusieurs follicules en même temps pour que, lors de l’ovulation (déclenchée cette fois) du second cycle, il y ait plusieurs ovocytes  au lieu d’un seul (forcément c’est le but !).

Ce traitement comprend donc deux phases :

  • une phase de freination (pour bloquer l’ovulation naturelle)
  • une phase de stimulation (pour faire mûrir plusieurs follicules)

Ensuite, il y aura déclenchement de l’ovulation par piqûre et 35 heures après c’est l’hospitalisation et ponction des ovocytes (l’idéal étant un nombre de 8 à 12) sous anesthésie générale (anesthésie qui ne dure que 10 minutes). Le même jour, Ninou devra déposer ses petits hittistes au centre.

Mes ovocytes et ses hittistes seront mis en contact via la méthode ICSI.

Reste à faire pousser les embryons, si le biologiste arrive à créer une fécondation. Si embryons, il y a, il faudra voir comment ils évoluent.

On nous a expliqué que naturellement au bout de trois jours, 50% des embryons meurent !

D’où la nécessité d’avoir un bon stock d’ovocytes à la base…

Le transfert des embryons, s’il en restent, se fait normalement au bout de ces trois jours mais le médecin nous a parlé d’une nouvelle technique eSET qui fait pousser les embryons plus longtemps (donc ne restent que ceux qui ont passé la barrière des trois jours 😉 ) et autre avantage non négligeable…On ne vous en transfère qu’un seul ! Là aussi, ça dépend de la qualité de vos petites bêtes. Tout cela est mesurée avec des critères bien précis.

Bref, je parlerais de tout ça un peu plus tard…Justement après mon rendez-vous avec le biologiste.

Revenons au sujet qui fâche : concilier boulot et FIV ICSI.

En effet, tout cela c’est bien joli en théorie mais comment gérer vos piqûres quotidiennes de decapeptyl (pour la freination) qui sont sous-cutanées, certes, mais qu’il faut savoir faire d’où la nécessité d’une infirmière (du moins, dans un premier temps) puis les piqûres d’hormones de stimulation puis la piqûre de déclenchement d’ovulation qui ne tombera pas forcément le soir à 18h (ça peut être à 15h…) et enfin l’arrêt de travail nécessaire pour l’hospitalisation et la ponction…

Soyons francs ! Parler de votre problème d’infertilité au travail à des gens qui n’ont jamais connu ce problème, c’est suicidaire !

Je m’explique, sinon je vais passer pour la méchante misanthrope de service.

Vos bienveillants collègues et supérieurs seront tout à fait prompts à vous écouter déblatérer sur vos malheurs et quand vous évoquerez le traitement, la FIV et les implications au travail (arrêts, coups de pompe dus au décapeptyl voir le VIDAL). Ils vous soutiendront MAIS derrière votre dos ça sera autre chose !

D’abord, ça va jasez sec et franchement, vous n’avez pas forcément besoin de ça. L’infertilité ça reste quand même un sujet tabou quoi qu’on en dise. D’ailleurs ma belle-famille n’est pas au courant et vu leur état d’esprit, je préfère que ça reste caché.

Ensuite, leur soutien moral va rapidement fondre au soleil lorsque vous en serez au troisième voire quatrième gros retard dû à la énième échographie de vos charmantes ovaires (qui ressembleront plus  à des pastèques qu’à autre chose). Les échographies sont nécessaires pour évaluer d’une part le nombre des ovocytes potentiels et d’autre part pour prévenir tout hyperstimulation ovarienne (qui si prise trop tard, peut-être dangereuse).

Je vois d’ici les commentaires : « Oui, elle nous fait chier avec sa FIV, c’est pas le jour, il y a une séance, qu’est-ce qu’on va faire… » etc. etc .

Et vous voilà revenue au bureau, fatiguée et épuisée (forcément) et vos collègues vous feront en guise de soutien une gueule de trois kilomètres…

Changeons de tactique… Prenons le MENSONGE, un bon, un crédible : une pathologie chronique ou pas, pas grave mais nécessitant une hospitalisation de quelques heures donc un arrêt de travail de trois jours (voire plus).

Au choix, vous avez au menu :

  • problème thyroïdien affectant votre poids (ça colle avec les ovaires pastèques), votre humeur, votre tonus (ça colle avec décapeptyl qui va sérieusement entamer le tonus et l’humeur) suivi d’une hospitalisation d’une journée pour biopsie de la thyroïde (bon après, il faut cacher le cou, car ça va faire bizarre qu’il n’y ait pas de petite cicatrice)
  • appendicite suivie d’une appendicectomie (hospitalisation de quelques jours donc arrêt de travail d’une semaine) : les problèmes intestinaux préalables à une appendicite vont coller avec votre bide élargi et vos douleurs ovariennes (officiellement intestinales bien sûr…)
  • collopathie fonctionnelle invalidante puis cœlioscopie (hospitalisation d’une journée et arrêt de travail de trois jours minimum) : ça colle aussi avec les ovaires pastèques qui se transformeront en intestins douloureux ;-), les coups de pompes dus aux ovaires douloureuses pourront être attribués aux fortes douleurs intestinales qui décidément ne vous lâchent pas…

J’opte quant à moi pour le troisième choix. Libre à vous d’inventer une pathologie crédible (n’hésitez pas à la faire connaître !) ou de prendre dans mon menu 😉

Reprenons la même scène : troisième gros retard dû à une troisième échographie + prise de sang + piqûre etc. Arrivée au boulot vers 11h30…

Votre action : envoi d’un SMS au chef : « Désolée, encore malade : mes intestins me jouent encore des tours ! Je vais essayer de palier au problème et j’arrive dès que possible. »

Réaction du chef + collègues dévoués : « La pauvre, elle a décidément pas de bol. Va falloir qu’elle se fasse soigner sérieusement !

– Mais, tu ne sais pas, elle doit passer une cœlioscopie dans quelques jours. J’espère que ce n’est pas grave ! ».

Et voilà, comment vous obtenez une protection efficace !

Et là, pas de scrupules car personne n’en aura pour vous donc n’hésitez pas à MENTIR ! Mais faîtes-le intelligemment.

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Auteur :

Grande blogueuse devant l’Éternel. Tombée dans WordPress quand elle était pet... Non quand elle a appris que ça ne serait pas du coton pour procréer. On était en 2008... Depuis, elle a eu un Plumeau grâce à une FIV IMSI. Depuis, elle continue d'écrire ici sa vie de maman et d'apprentie écrivaine.

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