Publié dans Des choses et d'autres

Nouvelle flash 1 : direction Poissy

L’intime conviction de Marcus depuis toujours c’était qu’il n’avait jamais été désiré par sa mère. Pour tuer le temps, il tapotait en rythme la vitre du RER A, casque vissé sur les oreilles.

La musique assourdissante l’aidait à s’enfermer dans sa bulle. Le RER A c’était devenu son domicile.

L’école en avait fini avec lui depuis longtemps, et c’était réciproque.

Marcus n’avait pas de projet professionnel, et n’en voyait pas l’utilité. Sa vie se résumait à être dans le mouvement, voir les gens monter puis redescendre, et surtout faire semblant de faire parti des autres.

Elle avait eu la délicatesse de taire l’indicible. Mais il en avait la certitude. Sa mère n’avait jamais voulu de lui. Elle avait dû faire avec, alors, comme elle, il avait décidé de faire pareil de sa propre existence. Il ferait avec…

Sans but dans la vie, sans désir aucun ou si peu, juste être présent mais sans prendre trop de place.

C’est devenu sa vraie nature : ne pas prendre de place dans la vie des autres. Sa mère avait pu refaire sa vie très vite après sa naissance, et avait eu d’autres enfants après lui. Il avait appris à ne rien lui exiger en terme d’affection. Aussi loin que remontent ses souvenirs, il n’avait jamais crié, ni haussé la voix, jamais chanté, encore moins pleuré. Il s’était toujours arrangé pour ne pas tomber malade ou si peu. Il avait acquis le don d’être là tout en donnant l’impression qu’il n’y était pas. Il était transparent.

Marcus, l’homme invisible, l’homme inaudible, l’homme non perceptible.

Il avait besoin de très peu : la musique pour laisser ses pensées vagabonder, le brimbalement du RER A direction Poissy, et une barre chocolatée.

Il ne voulait pas se risquer à l’inconfort de faire la manche auprès des autres usagers et devoir hausser la voix pour se faire entendre et quémander une pièce ou un ticket restaurant.

De toute façon, il n’en avait pas besoin : sa mère lui donnait de quoi tromper la faim (la barre chocolatée) et quelque fois un peu de monnaie.

Tous les matins, Marcus et sa mère quittaient leur domicile. Elle prenait soin de bien refermer la porte à double tour, faisait le trajet avec lui en silence jusqu’à la gare RER puis s’assurer qu’il allait bien emprunter le RER A direction Poissy tandis qu’elle prendrait la direction opposée.

Elle ne lui demandait rien, n’exigeait rien, et ne voulait rien savoir de sa vie. Le tout était qu’il ne soit pas présent dans l’appartement en son absence.

Il s’arrangeait toujours pour rentrer en dernier, une fois que tout le monde était couché. De rares fois, sa mère était encore assise sur le canapé. Il était toujours accueilli par son silence. Seule la lumière blafarde du téléviseur trahissait sa présence.

Dans le salon, sur la petite table en mélaminé usée par le temps, la barre chocolatée et les quelques pièces avaient déjà été posées pour une nouvelle journée dans le RER A. Direction Poissy.

 

 

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La VMC double flux

Puisque notre maison dispose d’une VMC double flux, et que c’est quand même pas très courant, c’est l’occasion pour moi de vous montrer comment marche la nôtre.

Cette dernière fonctionne depuis début mars, a été arrêtée le temps des travaux pendant un bon mois de fin mars à début mai afin d’éviter que la poussière n’encrasse les gros tuyaux puis remise en service par la promotrice qui passait par là suite à de nouvelles mesures d’étanchéité notamment…

Pour rappel :

  • la vidéo de comment une VMC double flux fonctionne.
  • une photo des gros tuyaux où on peut voir qu’ils vont partout : ici

Enfin, je vous montre une photo de la Bête et du panneau de monitorage.

La Bête (VMC double flux)
IMG_6580
En mode manuel (on a jamais fait l’automatique) et à vitesse 2. quand c’est comme ça, tout roule…

Elle dispose de 3 vitesses. Nous oscillons entre la vitesse 1 (faible) et la vitesse 2 (moyenne).

Nous avons eu une fois le bouton filter qui s’est allumé en rouge au niveau du panneau de monitorage.

J’ai donc ouvert la Bête ((oui j’ai décidé que la VMC s’appellerait la Bête) et regardé les filtres. Ils étaient dégueux (déjà). Le 1er filtre (malgré nos précautions) étaient remplis de poussière et de pollen. Cela laisse présager de ce que nous respirons sans cette machine. Le second pour les micro-particules était noir.

Oui… Noir ! Là aussi c’est très révélateur.

J’ai donc aspiré le 1er qui est revenu comme neuf et le second, malgré l’aspiration, est resté noir (forcément les micro particules de pollution restent coincées dans les mailles).

Après avoir replacé les filtres et relancé la Bête, le bouton filter fut de nouveau éteint… Mais quelques jours plus tard, rebelote.

On a donc essayé un autre truc : passer de vitesse 1 à 2. Et depuis tout roule.

Une fois, on est repassé à 1, mais rien n’y fait au bout de quelques heures, la Bête demande à être passée à 2, et même nous, on se sent mieux à cette vitesse.

Dormir à vitesse 1 avec un George calorifique, c’était trop dur. A vitesse 2, j’ai senti l’air frais sortir de la bouche d’aération et ce fut une bénédiction.

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Le RAF d’avant les vacances (bien méritées)

Nous sommes revenus dans l’appartement alto-séquanais pour terminer de nettoyer/vider/reboucher les trous et même enlever le sticker arbre de la chambre d’enfant du Plumeau choisi 6 ans plus tôt avec amour, et cela sans pleurer ni même avoir le cœur serré, même si c’est quand même …

Bref…
Mais j’ai quand même sauvé les lettres de son prénom qui étaient collées sur sa porte !

On a expérimenté une petite fuite d’eau lors de l’utilisation du lave-vaisselle. Impossible à atteindre pour revisser l’alimentation en eau puisque la plinthe des meubles cuisine semble bien compliqué à sortir. Enfin, nous nous y risquerons pas par peur de la casser durant la manœuvre et c’est au cuisiniste qui a intégré le lave-vaisselle d’intervenir.
Mais bien sûr, ce dernier nous balade si bien que nous allons partir et revenir de vacances en étant sûrs de devoir se coltiner la vaisselle à la main (enfin moi en l’occurrence) pour éviter un autre dégât des eaux.

Le George ne ronfle plus depuis qu’on a emménagé. La qualité de l’air semble y être pour beaucoup.

J’ai emprunté à plusieurs reprises le chemin du domicile à la gare. Je mets plus de temps qu’avant le déménagement mais c’est surtout dû au passage à l’horaire d’été.

Le Plumeau poursuit ses vacances et ne manifeste pas le manque de ses parents. Bien entendu, à chaque appel de mes parents, j’ai droit à des remarques sur au choix la personnalité du Plumeau/notre incapacité d’éducation/la fatigue.

Et parce qu’ils sont fatigués d’avoir gardé notre progéniture, nous avons été invités à ne pas prolonger leur agonie et à passer nos vacances ailleurs que chez eux. Donc, c’était pas prévu, mais dès que le Plumeau est récupéré, nous louons un AirBnb à 1h de chez eux…

Ensuite, et bien, ils partiront voir mon frère, mon oncle, ma grand-mère, des amis, mon autre oncle. Bien que épuisés, ils feront le tour de la France mais sans passer par la Région Parisienne (alors que y serons, alors que nous aurons de quoi les loger). Bref, ils verront tout le monde sauf nous.

Quand je vois que partout ailleurs les petits-enfants sont gardés entre 15 jours et 1 mois par des grands-parents sans problème, je me dis que je n’ai pas tiré le gros lot soit du gamin/soit de mes parents.

Pas sûre que Plumeau reparte chez ses grands-parents l’été prochain. C’est même certain…

Voilà c’est avec ces pensées plus amères que douces que nous partirons de très bonne heure pour s’enquiller 9h de route en pleine canicule.

Publié dans A propos de nulliparité

C’est dans l’ordre des choses

Se marier, avoir une maison, et puis un enfant (puis deux…)
Vous connaissez la musique…

Quand on a rencontré nos voisins de droite, eux aussi fraichement propriétaires avec le même constructeur (et donc la maison quasi identique) chez le notaire, forts sympathiques au demeurant et sans enfant, je m’étais bêtement dit que ça leur serait compliqué (surtout à elle) d’entendre notre progéniture jouer dans le jardin.
Non mais pourquoi je m’imaginais qu’ils étaient forcément en PMA ?
Que s’est-il passé dans mon cerveau pour croire un seul instant qu’ils puissent être en galère eux aussi?

Ah oui, le tag #1couplesur6…

Donc là, présentement, nous avons 4 couples fraichement installés :

  • 2 avec marmots (la 1ère maison ils en ont 2, et nous le Plumeau),
  • 1 autre couple à gauche (sans enfant encore)
  • et ceux-là à droite (sans enfant)…

Et puis il y a eu ce soir, où pendant que le George arrosait, elle s’est arrêtée, l’a salué et papoté avec.
Je suis sortie avec un rafraîchissement et papoté aussi. Je n’ai pas remarqué son gros ventre de suite, caché par la clôture.
Et puis, elle a ce geste qui ne trompe pas : la fameuse caresse de la gestante, celle que je n’ai jamais fait (non moi j’ai joué avec les bosses).

Aucun doute, elle est enceinte.

Installés en février (les premiers avant tout le monde), enceinte de 6 mois environ ce qui laisse deviner une conception dès l’arrivée dans les lieux…
Difficile de ne pas réaliser que cela n’a pas été parfaitement planifié et exécuté.

Bref, je pense que pour eux l’acronyme PMA leur est même complètement étranger.

Jalouse après tout ce temps ?
Non. Mais clairement encore étonnée par tant de facilité et ne toujours pas intégrer que ce que j’ai vécu n’est PAS la norme.
Mes voisins de droite suivent à la lettre l’ordre des choses : mariage, maison, enfant. C’est même notre ancien voisin qui le dit. C’est même ce que tout le monde dit.

L’ordre des choses

Et pendant, ce temps, moi, je me dis que le couple sur 6 c’est encore et toujours nous…

(Dans mon délire, je m’étais imaginée prendre le thé avec elle et évoquer PMA/traitements et les difficultés qui vont avec etc.)

Je suis pathétique…

Je suis à gifler parfois…

Publié dans Des choses et d'autres

Retour sur le GD

Je profite de ce post pour vous remercier de vos gentils commentaires sur les posts précédents. J’ai décidé d’être plus assidue sur ce blog et d’écrire à nouveau puisque le boulot comment dire…

Il aura fallu bien 2 camions et 1 voiture pour tout emporter de notre ancienne vie alto-séquanaise vers notre nouveau lieu de vie.

Il aura fallu pas moins de 7 bonhommes (et bonne femme : moi en l’occurrence).

Et il aura fallu 2 jours, car le lendemain, avec le George nous sommes revenus dans notre appartement pour récupérer les petits affaires qui étaient passées à travers les trous de la raquette, se séparer de meubles et d’électroménager partis pour une seconde vie (voire une troisième) et jeter le reste.

Les chambres bien que vides m’ont parue si petites que je me suis demandée comment nous avions pu dormir dedans pendant si longtemps. C’est affolant comme en quelques heures on s’habitue vite aux volumes d’un nouveau logement.

Tout s’est déroulé facilement, les planètes semblaient alignées puisque même la circulation du périphérique avait décidé d’être fluide et il faisait beau sans être caniculaire.

Comme nous étions nombreux, les meubles ont été rapidement livrés et placés aux bons endroits et vers 17h il était temps de penser au réconfort : barbecue, apéro puis feux d’artifices puisque c’était le 13 juillet (bien que sur ce coup-là, nous n’étions pour rien 😉 ).

séjour
séjour en cours de démontage
Chambre parentale
La cambre du Plumeau. Seul le sticker va me manquer
camion
L’un des deux camions tentant une manœuvre périlleuse puisque la place qui nous avait été réservée avait été prise par quelqu’un (cf photo suivante)
D’où mon mot pour expliquer la vie au/à la malotru(e) qui s’est empressé(e) d’arracher la feuille MAIS sans pour autant déguerpir…
Maison : la chambre 3 qui sert de zone de dépôt et de tri
Maison : chambre du Plumeau. Tiens, elle aussi sert de dépôt et de tri 😉
Maison : La chambre parentale
Maison : une partie du séjour
BARBECUE !! Et oui, tous les hommes ont voulu mettre leur grain de sel (l’homme et son attirance immodérée pour le feu)
En parlant de feu, nous avons eu droit aux feux d’artifices visibles depuis le haut de notre butte (elle sert à quelque chose enfin !)

 

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Jour J (GD)

Je viens ici très rapidement puisque c’est le grand jour.
La veille nous nous sommes non seulement séparés du lave-vaisselle, mais le couple a également embarqué des meubles du Plumeau que nous ne voulions pas garder et notre petit dressing d’appoint.

On a donc tout démonté avec eux vers 22h et des brouettes… Le tout avec leur utilitaire et notre camion de déménagement garés en double file, mais que voulez-vous, personne ne respecte les panneaux de la Mairie. Nous avions réservé deux places. En vain !

Un pré-déménagement avant le Grand déménagement en somme.

Voilà, maintenant je vous laisse pour un bon café sur le canapé et ça sera le seul moment de calme et de contemplation de la journée.

Publié dans Des choses et d'autres

J-3 du grand déménagement (GD)

Aujourd’hui c’était déjà un peu une dernière pour tout…

La dernière fois que j’emprunte le RER C et le tram…

La dernière fois que le Plumeau emprunte le chemin du centre aéré.

Ce soir, pour lui, c’est le vrai départ en vacances.

ça sent la fin d’une vie pour une autre, et avec, un soupçon de nostalgie déjà mêlée d’inquiétude que je tente de noyer vainement en cherchant frénétiquement sur Internet quel cartable acheter pour un CP qui soit ergonomique, léger et qui plaise au gosse… Comme si c’était LA priorité !

Inquiétude et tristesse plus franchement exprimé par le môme. Le CP dans une nouvelle école ça commence à le travailler…

L’homme a enfin réussi à récupérer les 2mètres de plinthes manquantes au bout de  2 mois et demi de lutte avec le fournisseur puis UPS (UPS, tu n’es vraiment pas aidant du tout).